‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 23 sur 130 · CC HISTOIRE DES VICOMTES · texte numérisé non relu

CC HISTOIRE DES VICOMTES

au vicomte de Limoges au prix de seize mille réaux d'or, économie que celui-ci avait su faire sur ses revenus; d'autres disent que le peuple du Limousin en avait bien fourni la plus grande partie, en remplissant les coffres de leur suzerain toutes les fois qu'il venait dans sa vicomté (1437) f .

Le moment approchait où la vieille France féodale allait chercher dans d'autres voies politiques ses glorieuses destinées. Les grands fiefs s'étaient amoindris; la royauté n'était qu'un vain titre aux yeux des barons qui s'étaient si souvent révoltés contre elle. En sortant de cette longue période marquée par de grands dévouements, comme aussi par de honteuses défaillances, la royauté s'apprêtait à abaisser ces nobles barons, qui lui avaient fait si longtemps des jours d'infortune et de honte.

Deux ans après que Jean de Bretagne se fut enrichi par l'acquisition du comté de Périgord, Charles VII se dirigeait vers Limoges, tendant les bras à Paris, où régnait encore de nom un roi étranger. Dans le cortège du prince, que suivait aussi le dauphin, enfant sournois, avide de gloire pour lui seul, on distinguait Charles, duc de Bourbon et d'Auvergne, gouverneur d'Aquitaine, le bâtard d'Orléans, à la fleur de l'âge, remarquable par sa beauté, par la douceur de son caractère et par son noble maintien ; le seigneur de Tancarville; La Fayette, maréchal de France; Charles d'Anjou, Coetivy, gouverneur de La Rochelle; parmi les seigneurs du pays, le seigneur de Latour, le seigneur de Chaumont, qui prenaient le titre de chevaliers; Jean de la Roche, le seigneur de Ayla, et le comte de la Marche pourvu du titre de chancelier du roi; parmi le haut clergé, les évôques de Toulouse, de Maguelonne, de Poitiers*, de Maille-

1. 12 mars 1437. L'original de la quittance de cette somme se trouve aux Archives de Pau. (F. de la vicomté de Limoges, S. E., n° 637.) 1. Hugues de Combare!, né dans le Limousin.

zais 1 , de Limoges *, d'Àngoulême 3 et de Tulle 4 . Le peuple salua avec joie le prince qui lui promettait de beaux jours ; la ville eut des fêtes pour célébrer les triomphes de la France; la bourgeoisie, le clergé, les artisans dont l'industrie souffrait depuis longtemps des discordes intestines et des courses des Anglais, tout contribua à la splendeur du cortège royal. Empruntons à un récit du temps, rédigé en latin, les divers incidents de ce voyage.

Charles VII, après avoir couché au Dorât, et prié dans la magnifique église collégiale du xi e siècle, élevée sur l'emplacement d'un oratoire édifié par Clovis en l'honneur de la sainte Croix et de saint Pierre, a le porte-clef du royaume des cieux, » après la bataille de Vouillé 5 , quitta cette ville, suivi assez loin par la population, qui n'oubliait pas qu'en 1404 Charles VI avait voulu a que les bourgeois, manants et habitants de cette ville jouissent des mômes privilèges, franchises et libertés » accordés à l'église et au chapitre. Le 2 mars 1438, il dîna au château de Thouron, qui n'existe plus, et dont il ne reste pas même une ruine pour souvenir du passage d'une cour brillante. Le dauphin, qui avait logé à Bellac, l'ancienne capitale de la Marche 6 , où étaient accourus, pour lui faire hommage, les bourgeois des communes de Magnac et du Dorât, ainsi que les vassaux des châtellenies de Champagnac et de Rançon, le devança et vint l'attendre au Petit-Limoges, alors appelé

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