‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 31 sur 130 · CLAMOREM PAUPERUM · texte numérisé non relu

CLAMOREM PAUPERUM

2. Cette chapelle fut achevée en 1454, d'aprè» cette, inscription : Anno milleno novies 1, i semel, ista

Régine celi facta capella fuit.

Quamque sequens ternus miranter perOcit annus, Principium prebet maius, finemque november.

En 1439 le prévôt de Saint-Junien défendit aux vicaires, sous peine d'être privés de leurs revenus, de jouer sur les places publiques et dans les carrefours, aux cartes et aux dés, pendant qu'on dirait la messe. (Mss. de Nad\dd : Arch. du grcnd séminaire.)

tailles, à suivre le roi à la guerre. Louis XI, eu effet, ayant besoin d'argent, avait déjà méconnu plus d'une fois les privilèges accordés à quelques villes par ses prédécesseurs. Louis Gaste, chevalier, un de ses officiers, envoyé dans le Limousin pour réunir le ban et l 'arrière-ban, sur le refus des consuls de fournir leur contingent, avait saisi leurs fiefs nobles. Mais, sur l'appel porté au parlement de Bordeaux, le roi ordonna à Mathias Bothin, son lieutenant dans la sénéchaussée, de remettre les consuls et les bourgeois ' en possession de leurs fiefs, et de faire respecter les privilèges de la commune.

L'église de Limoges, édifiée de la piété apparente de Louis XI, crut pouvoir obtenir aussi des concessions. Mais le moment était mai choisi; le prince ne pouvait employer ses finances qu'à créer des embarras à ses ennemis, qu'à payer toutes sortes d'intrigues, à préparer la révolte de Liège, pour laquelle il lui fallait corrompre les partisans du duc de Bourgogne. Cependant, sur les instances de l'abbé de Saint-Martial, il permit à quelques religieux de parcourir la France, pour recueillir des aumônes destinées à réparer, à entretenir l'abbaye, et à pourvoir à la nourriture des pauvres de l'hôpital. Les sénéchaux du Limousin, du Périgord, du Querci, de Guyenne, de Saintonge, de Poitou et d'Auvergne, tous les officiers royaux, les évêques et les archevêques, devaient faire appel, pour le même but, à la charité des fidèles l . La moitié de la France allait ainsi concourir à relever la fortune d'un des plus grands établissements religieux du Midi. Si l'on n'avait pu alors juger des convictions religieuses du quinzième siècle que par celles de quelques grands vassaux, qui faisaient de l'irréligion un scandaleux étalage, on aurait pu désespérer de voir repa-

Page 1