Reg. consulaire. — Chron. mss
du peuple et du clergé qui se plaignaient des vengeances exercées par le connétable de Montmorency; il en avait profité pour sauvegarder ses privilèges et retenir à son profit les armes enlevées aux habitants, sans leur tenir compte de la joie qu'ils avaient manifestée à la nouvelle de la naissance de son fils Henri de Béarn, depuis Henri IV, en célébrant ce jour par des feux de joie, par la procession solennelle de toutes les châsses des saints conservées dans leurs églises (1551).
Cependant le pays crut pouvoir espérer de meilleurs jours ; la royauté, entraînée par les idées de réformes qui se manifestaient dans toutes les classes, donnait en partie satisfaction à la conscience publique. Henri H ordonna l'érection de plusieurs sièges présidiaux dans les provinces, de sorte que la justice, exercée par des magistrats plus indépendants, offrait à tous de plus sûres garanties. Le président, pour le Haut-Limousin, fut installé au milieu de la joie publique, par Massicot, conseiller au parlement de Bordeaux (1553). Cette magistrature ne tarda pas longtemps à se montrer sévère et juste contre d'odieuses passions. Un grand crime venait d'effrayer le pays. La même année, Château-Chervix fut brûlé par des malfaiteurs qui, avant d'y mettre le feu, avaient assassiné ceux qui s'y trouvaient, la femme du seigneur, sa mère, ses enfants et ses domestiques. On ne découvrit dans les décombres que le. cadavre de la mère. Les soupçons se portèrent aussitôt sur un prêtre de la paroisse de Châlusset, nommé Bernardière, qui avoua, qu'effrayé par les menaces de mort du seigneur de Châlusset, ennemi de celui de Château-Chervix, il avait commis le crime, aidé de quelques complices. Après sa condamnation, on le promena sur un tombereau dans les rues de la ville, en chemise, la tête et les pieds nus, précédé d'une large toile sur laquelle était peinte l'effigie de il. u
l'instigateur du crime, qui échappa aux recherches de la justice. On le tenailla à chaque carrefour où s'arrêtait le cortège ; on coupa son corps en quatre quartiers qui furent ensuite brûlés, ainsi que l'effigie du seigneur de Châlusset, et les cendres jetées au vent l . Un ecclésiastique italien, nommé Christophe Marsupino, vicaire général de l'évêque de Limoges, accusé de plusieurs attentats contre les mœurs, souleva aussi à la même époque une vive indignation. II se sauva en Italie, mais il fut brûlé en effigie devant la grande porte de la cathédrale *.
Ces deux événements pouvaient bien produire une grande émotion dans le domaine des idées politiques et religieuses, mais n'amoindrissaient en rien le dévouement des consuls à la chose publique. Ces magistrats s'occupaient alors de calmer les esprits en élargissant pour tous les limites de l'enseignement public, en introduisant l'ordre et Témulation dans les écoles de la ville. D'accord avec Martial Douhet, greffier civil de la sénéchaussée, Pierre du Mas, Jean Alesme, bourgeois et marchands, Pierre Bastide, Pierre Duboys de la Margninie, et Martial Joussen, ils confièrent pour un an la direction des écoles à François Veyriaud, docteur en droit, moyennant le prix de quarante livres tournois, avec la faculté de percevoir sur les élèves une rétribution fixée par les officiers du vicomte-roi : « pour bailler bonne doctrine aux escoliers, et fournir pour l'exercice desdites escoles gens ydoines, non sentants mal de foi 3 . »
Henri II, sur les réclamations des mêmes consuls, avait