‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 50 sur 130 · Reg. consulaires · texte numérisé non relu

Reg. consulaires

m HISTOIRE DES VICOMTES

y eut un grand désaccord entre le Haut-Limousin et le Bas- Limousin.

Les habitants du Bas-Limousin prétendaient ne devoir que le quart, ou le tiers; qu'on devait « avoir esgard à la stérilité du païs, et pouvreté d'icelluy, joinct que les habitans de la vicomté de Turenne ci-contribuables estoient éclipsés et distraicts de ladite contribution, au moyen de l'exemption et privilège à eux baillés par le roi. » De plus, ils faisaient valoir la richesse des habitants de Limoges, f l'accroissement du Haut-Limousin par suite de la réunion des trois châtellenies de Bellac, Rançon et Ghampagnac. Le Haut-Limousin arguant, au contraire, de la richesse du bas pays, de ses produits et surtout du grand prix de ses vins, demandait que l'impôt fût partagé par moitié. Une réunion de commissaires eut lieu à Limoges ; Jean de Puy de Val, doyen de l'église de Tulle, Léonard deCosnac, protonotaire du saint-siége, François du Peyrat, juge magistrat civil au siège présidial de Brive, Jean Joubert, lieutenant criminel au siège de Tulle, Pascal Verlhac, conseiller et enquesteur à Brive, Pierre Grosnier, procureur du roi à Tulle, Antoine Lestang, consul et bourgeois de la ville de Brive, Jean Treile, marchand de Tulle, Bartholomée Balagier, bourgeois d'Uzerche, représentèrent le Bas-Limousin : le Haut avait choisi pour commissaires : Martial Benoit, officiai de Limoges, Joseph de Beaune, juge magistrat criminel au siège présidial, Jean Maledent, avocat du roi, Pierre Ardent, procureur du roi, Léonard Barny, juge, François Bechameil, prévôt, Martial Essenaud, contrôleur, Joseph Ruaud, enquesteur, Pierre de Charlonia, procureur du roi de Navarre pour sa vicomté de Limoges; Martial Vertamont, François Duboys, Jean Duboys, Jacques Benoît, Jean Veyrier, Jean Pénicaille, Martial Peyteau, Martial Maillot, Jacques Ghapfort et Léonard Dubouchet, consuls.

Il fut décidé, dans cette assemblée, que le Haut-Limousin prendrait pour sa part, dans la quotité des vingt-quatre mille livres, quatorze mille deux cent cinquante livres; le Bas- Limousin, neuf mille sept cent cinquante *,

La même année eut lieu à Pâques c la grande ostension de monseigneur sainct Marcial, et comme de bonne coustume, en l'église dudict sainct. b Les consuls assistèrent à l'ouverture de la cérémonie et à celle de la clôture. Mais, en présence de la détresse générale, conséquence de tous les impôts demandés par Henri H, et contre lesquels Maledent, avocat du roi, avait osé réclamer, disant dans son langage énergique , « que le Limousin n'avait plus qu2 la peau et les os, » ils n'osèrent pas, à l'occasion des ostensions, faire célébrer les jeux ordinaires, les courses, les spectacles en plein air, comme cela avait lieu dans de meilleurs temps. Ces magistrats, dont chacun était élu pour représenter un quartier de la ville, s'occupèrent ensuite de se procurer des ressources pour soulager les pauvres ; et, selon la coutume, ils choisirent deux femmes pour chaque canton, chargées de faire la quête dans les églises et d'en verser le montant dans la caisse de la commune *. Ces ressources ne suffisant pas, ils se réunirent aux notables pour faire un appel à tous les citoyens, afin de secourir a les estrangiers et pouvres, qui faisoient plusieurs indignités en la ville, par les rues et carrefours. » La religion, continuant son œuvre, s'efforçait de secourir et de consoler les misères humaines ; la philosophie n'avait pas songé encore à la remplacer par la philanthropie. :

Au milieu de tous ces embarras et de ces souffrances,

i« Arc h. de Pau; liasse des impôts du roi. En 1552, un édit de Henri 11 avait divisé le royaume en dix-sept recettes générales. Par celui de 1558, le Limousin, quant aux finances, dépendait de la généralité de Riom.

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