‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 62 sur 130 · JEANNE D'ALBRET DANS LA VICOMTÉ ; LE PROTESTANTISME · texte numérisé non relu

JEANNE D'ALBRET DANS LA VICOMTÉ ; LE PROTESTANTISME

Progrès de l'hérésie à Limoges. — Abjuration à Saint- Yrieix. — La bourgeoisie avide de nouveautés. — Les consuls de Limoges prennent des précautions. — Premiers actes de violence exercés par les protestants ; conduite du clergé et des consuls. — Nouvelles violences des protestants.

— Us tiennent des assemblées ; précautions prises par les consuls. — La défense organisée à Limoges. — Les protestants deviennent plus hardis.

— Les consuls de Limoges aux États d'Orléans. — Le prédicant Lafontaine à Limoges. — Les lieutenants du roi dans le Limousin. — Réunion des consuls pour régler l'entrée des troupes du maréchal de Thermes. <— Les troupes en garnison à Brive. — Note sur la dépense faite pour les troupes campées à Aixe. — Les consuls appellent les maréchaux de la Basse-Marehe et de Montraorillon. — État des esprits à l'avènement de Charles IX; excitations de Jeanne d'Albret. "— Les protestants envahissent les églises. — Les protestants à Rochechouart. — Les ministres Duparc et Belchi. — Réclamations des consuls contre un nouvel impôt. — Prédication à Saint-Martial ; quelques protestants chassés de la ville. — Insulte à la religion catholique pendant une procession. — Les consuls demandent des secours à Poutbriant. — Quelques compagnies de gens d'armes arrivent à Limoges. — Érection de la vicomté en marquisat. — Ordres du roi de Navarre aux habitants. — Arrivée du comte de Ventadour; discussions entre lui et les consuls. — Mort d'Antoine de Bourbon ; les ornements des églises enlevés par les consuls. — Mesures prises par les consuls contre la cherté du blé. — Les maladies contagieuses à Limoges.

— Moyens employés pour combattre le fléau. — La ville d'Uxerche assignée aux protestants. — Jeanne d'Albret et son fils à Limoges. — Opposition des consuls à la violation de leurs privilèges. — Établissement d'une Bourse de judicature. — Jeanne d'Albret réclame les censives. — Note sur les impôts. — Institution de juges de police. — Les chefs du parti catholique à Limoges. — On pourvoit à la sûreté de la ville.

La Réforme, qui s'était d'abord montrée hardie, décidée à saper les fondements du catholicisme, offrant à tous le dangereux privilège de se faire une croyance par la lecture et la libre interprétation de l'Écriture sainte, semblait avoir fait trêve sous les deux derniers règnes, et reculé devant les persécutions exercées contre ses adeptes ; mais elle

n'en travaillait pas moins dans l'ombre contre les dogmes de l'Eglise. Sous François II , pauvre roi gouverné par une jeune et belle reine, qui avait reçu de son royal fiancé en présent de noces une magnifique coupe peinte par Court, dit Vigier, émailleur de Limoges les partisans des idées nouvelles avaient su mûrir dans l'ombre l'exécution de leurs projets. Quoique dominée par les princes de Lorraine, ces géants de la foi catholique menacée, l'hérésie, politique parce qu'elle promettait le pouvoir et la fortune à la petite noblesse, religieuse parce qu'elle déliait la conscience de toute satisfaction donnée à un culte intérieur, retrouva toute son énergie sous un roi faible, attira à elle les princes et les grands, séduisit les ignorants en leur attribuant la môme intelligence qu'aux savants, car elle leur prêchait l'égalité intellectuelle , le libre arbitre dans le choix d'une religion. Armée d'un aussi puissant levier, elle ne consentait plus à reculer devant les violences du pouvoir, les persécutions ne pouvaient que servir sa cause. Au milieu des populations limousines, où le catholicisme était si vieux d'influence, d'autorité et de bonnes œuvres, il semblait qu'elle ne devait pas trouver de partisans; mais, pressé par les provinces voisines, avec lesquelles il avait de nombreux rapports d'origine et de relations commerciales , où les disciples de Calvin étaient déjà nombreux, excité par plusieurs gentilshommes qui, plus par ambition que par conviction, se déclaraient pour les novateurs, le Limousin ouvrit ses rangs aux prédicants de la réforme.

Déjà, à Saint-Yrieix, en 1551, un des vi gui ers de la ville, moins par conviction peut-être que par désir de nouveauté, avait ouvert sa maison pour y faire la Cène, parodie du plus

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