‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 63 sur 130 · Cette œuvre d'art a été vendue 27, 100 francs · texte numérisé non relu

Cette œuvre d'art a été vendue 27, 100 francs

saint mystère de la religion catholique. Ces premiers essais de prosélytisme eurent peu de succès ; mais l'émotion fut grande, quand Yrieix Gentil, curé de Saint-Suipice, abjura publiquement le catholicisme et se fit ministre protestant. Quatre ans après, un autre prêtre, Guillaume du Dognon, vicaire de la Jonchère, osa aussi aposlasier. Le clergé effrayé ameuta contre lui ses paroissiens, et, malgré la sage tolérance dont usait l'évêque de Limoges, les gens du roi livrèrent au bourreau le prêtre apostat, qui refusa de se rétracter, même en présence des tourments qui l'attendaient; il fut bâillonné, conduit au. supplice et brûlé vif à Limoges, sur la place des Bancs *.

Le peuple, qui en général ne comprenait pas dans quelle voie on le poussait, eut de la pitié pour la victime, admira son courage et crut voir quelque chose de merveilleux dans chaque circonstance du supplice. Bientôt les bourgeois se mirent à réfléchir à cette religion de libre examen, dont les conséquences semblaient leur promettre l'autorité et le maniement des affaires publiques, au détriment de la noblesse et du clergé; d'autres, plus hardis ou plus curieux, se mêlaient parmi les néophytes du nouveau culte expliqué par des apôtres improvisés, ardents à la conversion de la foule ignorante. Quand la nuit était venue, ils se glissaient secrètement dans les maisons où avaient lieu les conciliabules et les prédications. On cita bieutôt dans la vicomté les noms des adeptes du peuple, de la bourgeoisie et de la noblesse qui s'étaient laissé entraîner. Quelques-uns osèrent avouer publiquement leurs doctrines et crurent pouvoir détruire les dogmes catholiques qui avaient fait la vie, les progrès de l'esprit humain à travers de plus de quinze siècles. Une

vague inquiétude se manifestait parmi les hommes sages,

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