‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 68 sur 130 · Lettres du conseil du roi du 11 avril · texte numérisé non relu

Lettres du conseil du roi du 11 avril

somme et sa répartition, les trois états du Haut-Limousin se réunirent à Limoges et décidèrent qu'elle serait levée sous forme de taille, mais seulement sur le tiers état f .

Les actes de violence de la part des catholiques ou des protestants coïncidaient presque toujours avec rétablissement et la répartition des impôts, soit que les dissidents considérassent ces mesures comme devant servir à les combattre, soit que les catholiques en attribuassent la cause aux entreprises de leurs ennemis contre Tordre public. Comme les prédications des ministres de Calvin avaient chaque jour pour résultat le scandale de nouvelles conversions, le clergé catholique opposait son éloquence à ces entraînements irréfléchis, et cherchait dans ses rangs quelque saint Bernard ou quelque saint Dominique qui pût lutter contre l'hérésie. Les chanoines de Saint-Ëtienne firent venir de Rhodez un prédicateur célèbre, nommé Ceré, qui prôcha dans la chaire de Saint-Martial pendant l'Avent et le Carême, sans être arrêté par les menaces des ministres protestants jaloux de ses succès. Il partit comblé de présents offerts par le clergé et par les personnes pieuses. Mais son éloquence n'avait fait que surexciter les passions : les catholiques, voyant que les protestants, conformément aux précédents édits, continuaient de s'assembler dans les faubourgs, et les soupçonnant de vouloir s'emparer de la ville, en chassèrent un grand nombre qui se retirèrent à Confolens. Après leur départ, on démolit la maison où avait lieu le prêche ; les bancs furent brûlés, ainsi que la chaire du prédicant, et la maison rasée K Cependant plusieurs protestants restèrent dans les faubourgs et continuèrent leurs cérémonies dans le jardin de l'hôpital, où les introduisait secrètement Martial Borie, un de

Page 1