‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 69 sur 130 · De Thou, t. IV, 1. 30, p · texte numérisé non relu

De Thou, t. IV, 1. 30, p

lçurs 44fc4rQQts. Mais comme on les fouillait aux portas de la vjlle, ils prirent le parti de se fortifier derrière trois portes de pierre qu'ils gardaient eux-mêmes dans le faubourg Manigne. Quelques-uns se rendirent au siège de Châtçauneuf en Àngoumois.

Ces tristes représailles n'allèrent pas plus loin : on semblait comprendre de part et d'autre que le Christ avait apporté au monde la paix, la charité et l'amour. Les protestants continuaient de se réunir à Aixe, sans qu'on songeât à les inquiéter, lorsque le mardi de Pâques (1563), au moment où la procession des catholiques parcourait les rues, une pierre fut lancée sur la châsse de saint Martial, du côté de la Croix-Neuve. Tous les yeux cherchèrent l'auteur de ce sacrilège : on aperçut à une croisée un bourgeois, nommé Linlou, d'autres disent Riucaud, qui avait le chapeau sur la tête. Cette irrévérence fit croire que c'était le coupable. La foule, indiguée de l'outrage fait à son apôtre, se précipita dans la maison, dévasta tout ce qui s'y trouvait, pour se venger de l'impie qui lui avait échappé. A cette nouvelle, les huguenots, qui étaient au prêche, s'apprêtaient à courir aux armes, lorsque la voix du ministre Duparc arrêta cet élan de fureur auquel, de leur côté, s'apprêtaient à résister les catholiques accourus à la maison de ville offrir leur secours aux consuls. Charles IX, informé de ce qui s'était passé pendant cette procession, ordonna des informations, « parce que autour de la présente ville se ramassoient aucuns perturbateurs, et par dehors et près de ladite ville se faisoient assembleez, pr esches et batesmes et au lires sacrements à la manière de Genève, où assistoient grand nombre de gens, dont le peuple estoit esmeu et grandement scandalisé. »

Quelque temps après, à la nouvelle que les protestants s'étaient rendus maîtres de plusieurs villes, qu'ils avaient

ET DE LA VICOMTE DE LIMOGES. lit

ravagé les églises, outragé le clergé, les catholiques, réunis en grand nombre à l'hôtel de ville, écrivirent à François de Pontbrîant, seigneur de Montréal, gouverneur et sénéchal du Limousin, l'informant qu'ils étaient menacés, le priant de venir les protéger avec tous les gentilshommes qui voudraient le suivre. En attendant, pour veiller à la sûreté de la ville, on choisit six capitaines, qui, à l'approche de la nuit, venaient s'établir aux portes, d'où ils dirigeaient des patrouilles dans tous les quartiers. Cette force militaire, improvisée à la hâte, ne tarda pas à être travaillée par des discordes. Le capitaine Colomb, qui avait son corps de garde à la vieille tour de la Monnaie, refusa un jour de céder ce poste à un autre ; mais, comme on le soupçonnait déjà de vouloir pactiser avec les protestants, le peuple le força de se retirer, et il vint avec ses hommes camper dans l'église de Saint-Étienue K

M. de Pcntbriant, ayant pris l'avis des consuls, des autres officiers, des principaux bourgeois et marchands, ordonna que les habitants montassent la garde la nuit et le jour, sous le commandement de chefs, élus par chaque canton ». Alors on distribua toutes les armes déposées dans la maison du consulat. On appela le seigneur de la Chapelle, qui arriva avec un grand nombre de gens armés, tant gentilshommes que bourgeois, et après lui les seigneurs de Molin, d'Orsène et de Leychoussier, avec plusieurs compagnies d'étrangers. Le jour, comme la nuit, deux cents hommes étaient à la garde de la seule porte par laquelle on pouvait pénétrer dans la ville. Les tours et les. murailles, tous les lieux où devaient veiller des sentinelles, furent réparés, des fossés creusés en dedans, des pièces d'artillerie placées dans les tours, deux piècçs de canv

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