‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 74 sur 130 · Chasselle, diminutif de chasse, bière · texte numérisé non relu

Chasselle, diminutif de chasse, bière

dans la cathédrale que quelques pauvres prêtres avec trois choristes.

Cependant le traité d'Amboise (1563) paraissait devoir rétablir la paix par les concessions faites à Gondé et à Coligny, les chefs avoués de la réforme. Quelque temps auparavant, huit jeunes gens de Mue ici an, en Périgord, venus à Limoges avec des armes, avaient été arrêtés, et quatre pendus. Les autres allaient avoir le même sort, lorsqu'ils furent sauvés par le traité de paix, au nom duquel un message de leurs compatriotes menaçait les habitante de Limoges de traiter de la même manière ceux des leurs tombés entre leurs mains. Un ministre de la religion réformée et ses adhérents, qu'on avait pris à Pierre-Buffière, durent aussi à ce traité d'avoir la vie sauve. Alors les protestants du Bas- Limousin purent célébrer leur culte à Uzerche. Un mois après, ceux de Limoges, apprenant l'arrivée de M. de Pontbriant, se rendirent près de lui, demandant qu'il leur fût donné un temple pour administrer les sacrements et exercer leur culte, qu'on leur remboursât ce qu'ils avaient payé sur le dernier emprunt fait par la ville et réparti sur eux par les consuls. Charles IX ayant fait droit à cette dernière demande, le sénéchal ordonna que la requête serait signifiée aux consuls le lendemain. Ces magistrats répondirent que le roi avait assigné, comme lieu d'exercice du culte protestant, la ville d'Uzerche, conformément à l'édit d'Amboise , portant que a le culte réformé était maintenu dans les villes où il était exercé jusqu'au 7 mars courant , mais que, dans le reste de la France, il ne pourrait être célébré, hors des maisons nobles, que dans les faubourgs d'une seule ville par bailliage ou sénéchaussée; » quant à la restitution d'une partie de la cotisation , que si les protestants l'avaient obtenue , ce n'était qu'en circonvenant le roi, et qu'en conséquence, L'emprunt ayant été remis au roi, c'était

à lui qu'ils devaient le réclamer. Cette affaire fut soumise au grand conseil. Néanmoins, les protestants obtinrent l'autorisation de former un syndical, dont ils présentèrent les membres au greffe du sénéchal. On leur toléra aussi une réunion, peu nombreuse, dans la maison d'un nommé Miotte 1 .

Ces concessions, ev facilitant l'établissement progressif de la réforme, pouvaient ramener l'ordre et la paix; mais le clergé s'en indignait, parce que, dans le même temps, le roi demandait, pour les besoins de l'État, le quart du domaine de l'Eglise*. Tous les catholiques partagèrent ce mécontentement, et leur haine se manifesta hautement contre le parti opposé. Les protestants ne montrèrent pas plus de modération; cependant ils étaient encore peu nombreux à Limoges, où le peuple restait fidèle à ses anciennes croyances, et où la bourgeoisie se méfiait des projets ultérieurs des calvinistes, dans la pensée que la vicomtesse Jeanne d'Albret, avec laquelle la ville était en procès, faisait de la nouvelle religion un instrument de sa politique.

Jeanne d'Albret, toujours attentive à ce qui pouvait favoriser son parti, vint à Limoges avec son jeune fils, Henri de Navarre, caressa les bourgeois , qui la reçurent avec empressement, espérant que l'édit d'Amboise satisferait son ambition ; elle usa de son autorité avec une certaine modération, promit sa protection aux consuls, espérant ainsi en faire des prosélytes de la réforme (mai 1564). En se déclarant contre la cour de France pour le calvinisme, elle croyait relever la fortune de sa maison tombée de son haut prestige de l'autre côté des Pyrénées, et léguer à son fils

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