‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 79 sur 130 · Merigou de Massez, capitaine de cinquante hommes d'armes · texte numérisé non relu

Merigou de Massez, capitaine de cinquante hommes d'armes

avait établi gouverneur de Limoges, après la mort du seigneur de Verteillac 4 , sortit avec quelques compagnies, et alla à Saint-Léonard pour défendre le passage de la Vienne. Mais le chef des reîtres, quoique harcelé par les catholiques qui se trouvaient sur ses flancs, parvint néanmoins h franchir la rivière, auprès de Saint-Priest-Taurion *, et arriva au bourg de Nexon, le il juin. Coligny, qui venait de s'emparer du chAteau des Cars, s'y rendit, pour conférer avec lui : « Toutefois, estanl arrivé à Nexon, l'a uroit trouvé mort, que lui seroit grandement fâcheux, mesme que la mort auroit été plus prompte et plus soudaine qu'on ne cuidoit; car bientôt après qu'il fut arrivé en la maison de maistre François Hebrard, et bu par trois fois par plein verre, un tremblement de membres l'auroit saisi, tellement que, sans le laisser, bientôt après seroit décédé (18 juin 1569) 8 . » On voit encore dans cette bourgade, sur le bord de la voie publique, un bloc de granit taillé en forme de carré long, planté verticalement, placé là comme un monument à la mémoire de l'illustre chef.

Dans le môme temps, de sinistres nouvelles arrivaient à Limoges ; l'ennemi était presque aux portes de la ville : les calvinistes campaient à Saint-Yrieix ; Saint-Junien, après un siège de quelques jours, s'était rendu au sieur de Mouy, qui exigea du chapitre et de la commune une forte ran-

1 . Hector de Pontbriant, seigneur de Verteillac, Montréal et Capdeville.

2. Un pont, de construction romaine, existait sur le Taurion à Saint- Priest. Les consuls de Limoges y avaieut fait dresser, en 1458, sii piliers de pierre, comme signe de leurs droits de justice. [Bonavenfure de St-Amable y t. III, p. 715.)

3. Nexon possède une église dont l'abside et les deux absidioles sont du XI e siècle. La nef, à trois travées, est du xv e . Sur la porte est l'écusson de la famille de Lastours, semé de (ours et de fleurs de lis. Le genre de mort de Volfang de Bavière, duc des Deux-Ponts, a donné lieu à ce distique:

Pons superavit aquas, superavere pocnla pontem ; Febre tremens periit qui tremor orbis erat.

çon. D'autres bandes étaient entrées à Rochechouart, y avaient pillé et détruit le monastère de Saint^Sauveur. Les consuls, ne comptant plus sur leurs propres forces, appelèrent à leur secours le duc d'Anjou, qui s'était mis à la poursuite de Coligny, et qui campait alors à Saint-Pardoux, près de Rasés. Le prinpe mil aussitôt ses troupes en mouvement, vint camper, la veille de la Fête-Dieu, à Couzeix, ou Petit-Limoges, où les consuls lui offrirent les clefs de la ville.

La reine-mère, arrivée quelques jours après avec les car-* dinaux de Bourbon et de Lorraine, fut reçue à la Porte- Montmaillé par Massez, qui l'accompagna jusqu'au logis du Breuil, où elle logea, attentive à tout ce qui pouvait assurer son triomphe et lui faire des partisans : «Elle appretia (goûta) le vin, et commanda que ceux qui en avoient missent des bouchons pour le vendre aux troupes de l'armée royale ! . » Pour rassurer les habitants, et pour avoir l'air de braver ses ennemis, elle ordonna que les portes de la ville restassent ouvertes le jour et la nuit, annonçant que des secours arriveraient bientôt d'Allemagne, d'Italie et de Flandre. Pour hâter l'arrivée de nouveaux renforts, elle avait écrit au cardinal de Guise la lettre suivante, dont elle chargea Qui de Lubersac, pour lequel elle demandait au roi, son fils, un grade distingué dans cette même armée : a Mon cousin, je vous envois par ce présent porteur, un discours des particularités de nos affaires. J'espère que ceste despôche vous trouvera encore assez tôt, pour pouvoir hastcr la venue de quatre mille arquebusiers, que monsieur mon fils, le roy catholique, nous a fait conduire par le jeune Ville* clerc. L'état des forces du duc des Deux-Ponts, qui s'est joint avec l'amiral, nous fait grand et pressant besoin de ces secours, comme bien le devriez voir. Mon cousin, je

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