Re£. consulaires. — Nadnud : mss
vous veux encore faire recommandation pour ce gentilhomme, présent porteur, nommé Gui de Lubersac, gentilhomme et bien né, et de bonne maison, pouvant mériter la grâce que je vous prie pour lui demander au roi catholique, qui est de nous le vouloir renvoyer dans ces troupes et secours avec grade honorable, que pour être fidèle et toute sa maison au service du roy mon fils, et de moi, je désire infiniment lui soit octroyé. Et m'assurant que vous n'épargnerez peine pour l'amour de moi, je prierai Dieu qu'il vous conserve. À Limoges, le 21 e jour de juin 1569. Votre bonne cousine, Catherine *. •
Le jour de la Fête-Dieu, le duc d'Anjou fit une visite à sa mère, au moment où l'on apprenait à Limoges l'approche de l'armée du duc des Deux-Ponts, contre lequel on avait envoyé quelques troupes, qui furent mises en déroute au gué de la Salusse, qu'un détachement, conduit par Mouy et d'Autricourt, avait franchi sur les indications fournies par un paysan *. Pendant ce temps, l'amiral, parti de Châlus, où il avait été rejoint par les troupes allemandes, s'était emparé d'Aixe. A cette nouvelle, le duc d'Anjou quitta aussitôt le Petit-Limoges, vint camper à Isle, d'où il dirigea quelques compagnies qui mirent le feu aux faubourgs qu'occupait déjà l'ennemi. Catherine de Médicis, escortée de plusieurs grands seigneurs du pays, alla visiter le reste de l'armée. A son retour, elle se rendit à l'église de Saint- Martial, se fit montrer le chef de l'apôtre, qu'elle vénéra avec l'apparence de la plus grande piété, et quitta ensuite la ville avec tout son cortège.
Pendant ce temps-là, les catholiques attaquaient si vivement la place d'Aixe, qu'ils repoussèrent les gens de l'ami-
1. (Arch. de Lubersac : original en papier.) Le château de Lubersac était alors occupé par les protestants.