‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 89 sur 130 · Voir la note de la page 300, du t. L · texte numérisé non relu

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châtêau, une belle église qui devait recevoir les tombeaux de ses successeurs, mais qui, pour léguer à l'avenir un nom sans tache, abandonna le nom primitif de Beaupoil, pour ne garder que celui de Saint-Aulaire 1 ; Bertrand de Livron, seigneur d'Objat*, de Vars et de la Rivière; les chevaliers de Beynac, de Boussolles, d'Allaynac, de la Villate, et tant d'autres, tous dévoués au Béarnais, venant chaque jour offrir leurs services au fier vicomte de Turenne, qui les entraînait souvent à des aventures périlleuses, dont l'une surtout avait failli lui être fatale 3 . Comme il redoutait les populations des montagnes, dont il savait rattachement au catholicisme, il y envoya de nombreux détachements qui, remontant la Corrèze et la Dordogne, s'emparèrent, dans les environs de

1. Par suite de la corruption des mœurs, cette famille comptait plusieurs enfants illégitimes, ce qui fut cause que le chef, Jean I er , aurait abandonné lo nom de Beaupoil et n'aurait gardé que celui de Saint-Aulaire. Vers 1480. Jean II, son fils, épousa. Marguerite Bourdeille, si remarquable par la blancheur de son teint qu'elle transmit à la famille de Saint-Aulaire, jusqu'alors d'un teint foncé.

2. La maison de Livron était originaire de la Champagne. En 1341, Hélie de Livron prenait le titre de seigneur d'Ayen et d'Objat. Son fils épousa en 1362 Marie de Saint-Exupéri. (Généalogie de la maison Rosier.) Le» Pompadour usèrent de tant d'exactions contre ces seigneurs qu'ils vendirent leura fiefs du Limousin et se retirèrent dans celui de Bourbonne-les-Bains qui leur appartenait.

3. Il a ainsi raconté cet événement : « Ayant passé par un bourg appelé La Salvetat, douze hommes armés de cuirasses et quinze arquebusiers à cheval se mettent sur ma piste. Les premiers qu'ils rencontrent furent quelques valets, auxquels ils donnèrent quelques coups d'épée. Regardant derrière, je vis venir cela, estant cinq de front. Un de mes pages, nommé Solignac, portoit mon espée qu'il me donna. Soudain je retourne, sans aviser qui me suivoit, et vais, choisissant celui des ennemis qui estoit le plus à leur main droite, afin de n'en rencontrer qu'un, qui fut nommé La Force, auquel je portai une estocade dans le visage. Soudain, ces cinq me mettent au milieu d'eux. Sans ra'étonner, pressant et poussant mon cheval, je me fis faire place. Alors les sieurs de la Villate et d'Aunai vinrent à moi. La Villate vint à être blessé le premier, puis Aunai. Enfin, un qui se nommoit Lo Perrier, et moi, allasmes l'un à l'autre; il rne porta un coup d'espée dans la gorge, et moy un à la teste... Mon coup me pressant fort, outre que c'estoit la première blessure que j'avois eue, je m'euquis plus tôt d'un ministre que d'un chirurgien... Continuant à estre mal, je m'en vins à Turenne. » (Mss. du duc de Bouillon.)

Tulle, de plusieurs châteaux et de quelques maisons fortifiées. Après avoir réduit cette ville presque à la famine, en interceptant ses communications avec le dehors, ses auxiliaires, résolus d'y entrer par surprise, se réunirent pour faire leurs préparatifs au bourg de Sainte-Fortunade, d'où ils envoyèrent douze des leurs qui, à la porte de la Barrière, enlevèrent deux mulets chargés de vivres.

Les habitants de Tulle songeaient à se rendre lorsque, prévenus par quelques-uns du dehors du nombre des assaillants, ils coururent aux armes, repoussèrent les ennemis, que poursuivit assez loin le jeune Lachapelle, à la tête d'une compagnie de cinquante hommes. L'intrépide chef, trop ardent à cetle poursuite, tomba dans une embuscade près de Sainte-Fortunade, au lieu nommé la Grange, où eut lieu un combat acharné. Dix-huit Tullistes y périrent, les autres se réfugièrent dans le village de Sauries, se barricadèrent dans une maison qui fut aussitôt incendiée. Deux soldats y furent brûlés; les autres, avec leur chef, se rendirent prisonniers au capitaine Vivans, qui les envoya les uns à Brive, les autres à Uzerche et à Argentat (18 juin 1577). La plupart des petites localités du Bas-Limousin étaient occupées par les protestants, les autres sans cesse menacées. Le duc de Biron entra dans Brive, y brûla plusieurs maisons (24 juin 1577). Un mois après, le capitaine Vivans y alluma un autre incendie qui dévora une partie de la maison commune, ainsi que quelques bâtiments situés derrière l'abside de l'église de Saint-Martin, dont les ornements furent pillés l . Les protestants, exaspérés contre les moines qui prêchaient contre eux, pillèrent aussi et détruisirent en partie les couvents des Jacobins, des Gordeliers, €t celui des religieuses de Sainte-Claire.

La guerre continuait avec la même activité dans le Haut-

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