Lettre du 5 avril
gens de justice, visiter les quartiers de la ville, faire le recensement des armes, de la poudre et autres munitions de guerre, et s'assurer si chacun des habitants avait assez de blé pour vivre trois ou quatre mois. Après cette inspection, de laquelle il résulta qu'il y avait dans la ville un grand nombre de pauvres, on distribua des aumônes dans l'hôpital Saint-Géraud. Ceux qui étaient valides reçurent Tordre de travailler aux fortifications, moyennant, pour chacun, deux pains de trois livres par jour, deux sous pour se procurer du vin et de la viande, et la permission de venir prendre à volonté un potage à l'aumône générale â .
Sur ces entrefaites, la guerre ayant recommencé avec acharnement dans toute la Guyenne, comme on l'apprit par le maréchal de Biron l , les consuls firent exposer au roi qu'ils avaient déjà dépensé plus de quatre mille livres pour les réparations des murailles; que la totalité des dépenses faites par eux depuis quelques années se montait à plus de quatre cent mille ; qu'ils le suppliaient de leur faire don des tailles encore établies sur eux, « remonstrant, dit la supplique, que les ennemis commectent une infinité de violences et oppressions envers vos paouvres subjeetz, preignent leurs personnes, bestial et aultres meubles et fruietz et leurs immeubles, et tous autres actes d'hostilité ; contraignent les habitans des petites villes, bourgz et bourgades, leur paier les deniers ordonnés pour les tailles et subeides ; que sous prétexte de quelques querelles particulières, il se dresse audict païs et ez envyrons de grandes assemblées, estans déjà deux ou trois mil personnes vivans sur le pouvre homme. » A ces doléances bien légitimes, le roi répondit qu'il allait envoyer dans le Limousin, en l'ab-