Salade, casque de fer
2. Du camp de Saint-Germain, ce xxviij octobre 1580. Signé : d'Aumont.
3. C'est à tort qu'un écrivain du pays a fixé la prise de ce château à la date 1576. (Historique monumental de la province du Limousin,) Ce fut le château de Saint-Germain, près de Coofolens, qui fut pria à cette date*
Dans le même temps, des maladies contagieuses décimaient la population. Au moyen âge les siècles jetèrent sur l'humanité bien des misères : le peuple trembla devant les barbares du Nord, se prosterna, tout haletant de désespoir, devant la féodalité, qui ne sut pas le défendre contre les Normands ; l'Église seule le consola. Mais il fut peut-être plus malheureux pendant les luttes sanglantes de l'hérésie contre le catholicisme, parce que sa foi s'était affaiblie dans ces luttes homicides et ne lui donnait plus le même courage et les mêmes espérances. Dans le Bas-Limousin surtout, la contagion fit les plus grands ravages. Les malheureux qu'elle atteignait n'avaient pas le temps de confier leurs dernières volontés à leurs parents ou à leurs amis. Un tes- tament, reçu par un notaire d'Ussel, fait par Anne de Saint- Remy et par Michel Raynaud, son fils, habitants de la ville, nous apprend que les testateurs s'étaient retirés à l'écart, avec plusieurs autres, au-delà de la Saronne, au lieu appelé les Cabanes, et que pour recueillir leurs volontés, il fallut rester en deçà de la rivière, de peur de la contagion. Le notaire ne pouvant trouver de témoins pour signer le testament, il se contenta d'indiquer quelques personnes qui ne voulurent ni apposer leurs signatures, ni s'approcher*. . .
Malgré la prise de quelques châteaux sur les protestants, on n'élait pas rassuré à Limoges contre de nouvelles attaques : on y travaillait sans cesse à mettre les murailles en état de défense, à réparer le pont de Saint-Martial, à fortifier toutes les avenues et à établir des herses aux portes de la Boucherie et de Montmaillé; on supprimait la place de greffier des tailles pour payer ce qu'avait coûté la construction du fort Saint-Martial. Henri III ordonnait en même
1. Un autre document mentionne une dépense de vingt écus d'or, payés par les consuls d'Ussel, pour faire des fumigations dans le village du Froisse.
ET DE LA VICOMTÉ DE LIMOGES. 29a
temps au maréchal de Biron de réunir des troupes pour se saisir de quelques châteaux de Guyenne, et aux consuls de Limoges de fournir des pionniers, des chevaux, des voitures et de l'argent. Les consuls, au nom de tous leurs concitoyens, se refusèrent à cette corvée. « Fust par le consentement de tous lesdictz habitans formé opposition, attendu que le peuple estoit beaucoup foulé pour les aultres subsides, que pour estre impossible trouver lesdictz chevaulx, roulliers et charrettes, n'usant en ce païs desdictz chevaulx et charrettes. » Après la prise du château de Saint-Germain sur les protestants par le maréchal d'Aumont, un régiment de lansquenets, conduit par le sieur Hans Féderic, au nombre de quatre mille, se disposait à passer par Limoges en se rendant en Guyenne. Henri III avait expressément ordonné de les loger et de subvenir à leurs besoins ! . Les consuls, à force de supplications, obtinrent du maréchal que ces troupes, arrivées déjà jusqu'à Verneuil, prendraient une autre direction et ne laisseraient pas leurs nombreux malades dans la ville ; il ne fallut pas moins leur fournir six mille pains qu'on leur envoya à Saint-Léonard, pendant que d'autres détachements allaient passer la rivière à Aixe et à Saint-Junien.
Les traités de paix, qui trompèrent si souvent l'attente publique, n'étaient, le plus souvent, qu'un moyen dont se servaient les partis pour se refaire de leurs pertes. Aussi les consuls, en apprenant que de nouvelles négociations avaient lieu à Fleix, en Périgord, s'adressèrent-ils à M. de Villeroy, pour en connaître les dispositions. Il leur fut répondu qu'en effet le traité avait eu lieu, mais qu'il était soumis à l'agrément du roi *. La publication de ces conventions fut accueillie avec joie par la population, qui