Lettre datée de Fleix, le 26 novembre
espérait se reposer enfin de toutes ses épreuves : les mar-s chands comptaient reprendre leur commerce et ne craignaient plus d'être pillés sur les routes, les prêtres d'être insultés jusque dans les églises. Les consuls, plus prévoyants, n'ayant pas la même confiance, continuèrent de faire garder attentivement les portes et les murailles 1 . On ne tarda pas à payer bien cher ces quelques jours de trêve. Au moment où les nouveaux magistrats de la commune recevaient les comptes de leurs prédécesseurs (1581), M. d'Au- Ihefort, gouverneur, leur apprit que, malgré le traité de paix, les ennemis continuaient les hostilités sur quelques points, avaient arrêté le sieur de Saint-Basyle, et le retenaient prisonnier. On rétablit alors le corps de garde de la tour des Arènes, où chaque nuit devait veiller un des consuls, pendant que des patrouilles parcourraient la ville. La crainte des maladies contagieuses inquiétait tout le monde, et, comme le fléau faisait surtout des victimes dans les contrées avec lesquelles Limoges entretenait des relations, les consuls, sur l'ordre venu de la cour 1 , réunis aux officiers de justice et à un grand nombre de bourgeois les plus notables, défendirent « à tous les habitants de la ville, cité et faubourgs d'aller plus trafficquer ezdits lieux; et aux hosteliers de loger désormais aulcuns marchantz ou aultres estrangiers venantz desdietz lieux, ny recepvoir en leurs maisons aulcunes marchandises d'yeeulx ».
Il fallait de l'argent à Henri III, non-seulement pour résister à ses ennemis, mais aussi pour faire des noces à Joyeuse, à Lavallette, et à d'autres qui, courtisans sans conscience, abusaient de sa faiblesse. Le Limousin fut en-
1. Les consuls élus pour l'année 1581 furent : Mathieu Decordes, François Ghartaignac, Psaulmet Grégoire, Pierre Benoit, Jeau Colomb, Jacques Aubusson, Pierre Sanxon, François Lamy, Pierre Teulier, Martial du Trueilh, Etienne de la Brousse et Jean Martin.