‹ Histoire des vierges: les peuples et les continents disparusChapitre 2 sur 63 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

IKS CONTINiNTS IT LSS PBOPLIS DISPARUS.

Une des l^endes les plus aDcieDoes de l'Inde^ conservée dans les temples par la tradition orale et écrite, raconte qu'il y a plusieurs centaines de mille ans au moins, il existait dans l'océan Pacifique un immense continent qui fut détruit par un bouleversement géologique, et dont il faudrait retrouver les fragments dans Madagascar, Geylan, Sumatra, Java, Bornéo et les principales lies de la Polynésie.

Les hauts plateaux de Tlndoustan et de TAsie, suivant cette hypothèse, n'auraient été représentés dans ces époques reculées que par de grandes lies dépendantes du continent central.

Sans doute il serait puéril de donner à cette tradition une

réalité géographique, et de chercher à retracer leâ contours exacts de cette portion du globe disparue. Mais tout vient nous démontrer, lorsque nous étudions les souvenirs appréciables des primitives civilisations, la possibilité du fait conservé par la légende indoue.

D'après les brahmes, cette contrée était parvenue à une haute civilisation, et la presqu'île de Tlndoustan, agrandie par le déplacement des eaiix, lors du grand cataclysme, n'a fait que continuer la chaîne des primitives traditions qui avaient pris naissance en ce lieu. Ces traditions donnent le nom de Rutas aux peuples qui auraient habité cet immense continent équinoxial, de la latigue de ce^ derniers sefalt également sorti le samscrit.

Le radical samscrit ru signifie bataille. Rutas pourrait donc se traduire par les mots de guerriers^ vainqueurs, redoulables ou puissants,

La tradition indo-hellénique, conservée par la population la plus intelligente qui ait témigré des plaines de Tlnde, relate également l'existence d'un continent et d'un peuple auxquels elle donne le nom d'Atlantide et d'Atlantes et qu'elle place dans la partie tropicale nord de l'Atlantique.

Bien que la supposition d'un ancien continent dans ces parages, dont on retrouverait les vestiges dans les îles volcaniques et au*sol montueux des Açores, des Canaries et du cap Vert^ ne soit pas dénuée de vraisemblance géologique, tes Grecs, qui du reste n'obèrent jamais franchir les coloi^nes d'Hercule, effrayés qu'ils étaient par h mystérieux Océan, sont trop tard venus dans l'antiquité pour que les récits conservés ^r Platon soient autre chose qu'un écho de la légende indoue. De plus, lorsqu'on jette un regard sur une planisphère, à Taspect de ce véritable semis dites et d'îlots, qui s'en va de la Malaisie à la Polynésie, du détroit de la Sonde à l'île de Pâques, il est impossible, dans l'hypothèse de continents prédécesseurs de ceux

LES. GËNËSEâ Dfc L^HUMANITÉ. Il

que nous habitonë^ de ne pas placer là lé plus important de tous.

Une croyadôe religieuse, conrnntine à la Malaisie et ^ la Polynésie^ c'est--à-dire aux deux extrémités opposées du monde océanien, croyance sur laquelle nous aurons bientôt à donner de curieux détails, porte c que toutes ces îles ne formaient autrefois que deux immenses' contrées habitées par des hommes jaunes et des hommes noirs, toujours en guerre, et que les dieux, lassés par leurs querelles, ayant chargé l'Océan de les mettre d'accord, ce dernier avait envahi les deux continents, sans qu'il ait été possible depuis de lui faire rendre ses conquêtes. Seuls les pics de montagnes et les plateaux élevés échappèrent aux flots par la puissance des dieux, qui s'aperçurent trop tard de Terreur qu'ils avaient commise. »

Quoi qu'il en soit de ces traditions, et quel que soit le lieu oiî s'est développée une civilisation plus ancienne que celle de Rome, de la Grèce, de l'Egypte et de l'Inde, il est certain que cette civilisation a existé, et qu'il est d'un haut intérêt pour la science d'en retrouver les traces, si faibles, si fugitives qu'elles puissent être.

D'autres étudieront et pèseront les possibilités géologiques. Pour nous, nous allons réunir et comparer toutes les traditions religieuses et philologiques que nous avons pu rencontrer sur cet intéressant sujet, et qui nous paraissent se rattacher d'une manière étroite à cette civilisation antédiluvienne, dont la civilisation indoue a été l'héritière directe.

Nous descendrons ensuite de ces temps reculés aux époques historiques, en suivant la transformation des idées, beaucoup plus que la transformation des radicaux, n'en déplaise à certaine école de linguistes ; l'histoire de l'humanité et la classification ethnographique des races se feront plutôt par l'étude des traditions et des coutumes que par l'extraction souvent

Id HISTOIRE DES VIERGES.

plus arbitraire qa'on ne croirait de quelques douzaines de racines.

ÉclairoDs-nous par la philologie, mais sans exclusivisme, et surtout ne faisons pas des cerveaux humains des. moules à fabriquer des types invariables de langage .

LES GENÈSES DE L'HtFMANlTÉ. 17

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