LES PEUPLES DE RACE MAHORTE
était possible, si ces peuplades habitant un vaste continent avaient senti le besoin de le quitter et s'étaient élevées, dans l'art nautique, au-dessus de la pirogue et de la navigation fluviale et cAtiëre, elle s'est cantonnée dans cette hypothèse, en vertu de cette infaillibilité qui lui a fait proscrire la vapeur, appeler le télégraphe un joujou, et repousser à leurs débuts presque toutes les grandes découvertes de ce siècle.
Il serait à peu près aussi logique de faire coloniser cette partie de TOcéanie par les Lapons ou les Esquimaux.
« Quel est le marin, dit M. de Bovis, lieutenant de vaisseau, qui Or navigué dix ans dans ces mers, qui voudra accepter que des pirogues, quelque perfectionnées qu'elles fussent sous le rapport nautique, aient pu franchir des distances de cinq ou six cents lieues et plus^ sans but, sans moyen de diriger leur route, autre que la course variable des vents généraux et la marche du soleil qui, selon les époques de l'année, donnent des rumbs de vent assez distants Tun de l'autre? Gomment auraient-ils pu réunir assez de vivres dans ces pirogues pour passer simplement quinze jours à la mer? Et à supposer que la force du vent les ait poussés au large et les ait à jamais éloignés de la côte, comment peut-on croire qu'une pareille éventualité les ait surpris justement munis d'une quantité de vivres et d'eau suffisante pour entreprendre un pareil voyage? »
Et nous ajouterons que pour faire peupler l'Océanie polynésienne par l'Amérique du Sud, il n'aurait pas fallu que le fait déclaré impossible par M. de Bovis n'eût lieu qu'une fois, mais bien des centaines de fois, et cela dans toutes les directions, ce qu'il serait absurde de supposer même un seul instant. Ajoutons qu'arrivés aux premières îles, les naturels de l'Amérique du Sud n'eussent guère été plus avancés, des distances
infranchissables continuant à les séparer des antres groupes de rOcéanie.
D'où viennent donc les populations de tous ces groupes d'îles et dllots parsemés dans Timmensité de l'océan Pacifique 7 Quel lieales a réunies dans le passé? L'étude des légendes cosmiques et des traditions religieuses communes à ces archipels va nous donner la clef de l'énigme.
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