‹ Histoire des viergesChapitre 42 sur 75 · LES TRIS · texte numérisé non relu

LES TRIS

Sous les ordres du Dieu supérieur Thi, conservateur des héritages, se trouvaient une foule d’esprits inférieurs, représentés par les bornes placées le long des chemins et des champs comme les Pouléars de l’Inde et les Termes des Romains.

Le culte qu’on leur rendait était tout local et variait de village à village.

Ici on leur offrait des fruits, des couronnes de fleurs, on construisait au-dessus de leur tête des abris contre les ardeurs du soleil, où venait se reposer le voyageur. Là, tous les matins, on les enduisait avec de l’huile fraîche extraite du coco, et on leur faisait comme une litière d’herbes parfumées de la montagne. Ailleurs on leur immolait des colombes, ou une espèce de petite perruche verte et rouge qui a presque entièrement disparu aujourd’hui de la Polynésie, Plus loin, on leur offrait un repas d’igname ou de taro, et de porc sauvage; et ce repas était ensuite mangé par le propriétaire des champs où ils se trouvaient, comme étant une nourriture sanctifiée.

Quelquefois lesthis étaient placés sur les bords de la mer, ou sur quelque récif entouré d’eau pour borner le droit de pêche; les offrandes qu’ils recevaient dans ce cas se composaient de coquillages, de poisson, d’arborescences, œuvre des corail-

laires, ainsi que de grandes et belles coquilles de nacre que l’on encastrait dans la pierre qui leur servait de base.

La pierre qui représentait ces esprits affectait également, suivant les villages, des formes différentes ; chacun y était trèsattaché et veillait avec un soin jaloux à ce que le voisin n’imitât pas la forme symbolique qu’il donnait lui-même à ses dieux. Chose remarquable, nous avons vu, à la Nouvelle-Zélande, de ces dieux affectant la forme du linguam indou.

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