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DES FUNÉRAILLES

C’est peut-être dans les cérémonies funéraires que les populations primitives qui ont peuplé l’Océanie ont laissé les traces les plus profondes de leur origine.

Lorsqu’un homme était mort, sa dépouille n’était pas accompagnée au champ du repos par les prêtres, ni aucun des desservants des temples. C’est au ûls aîné qu’il appartenait d’ensevelir son père ou sa mère décédés, et de prononcer sur leur tombe les prières expiatoires qui devaient les laver de leurs souillures, et d’invoquer les génies familiers qui devaient accompagner leurs âmes à Tupaï, et les défendre devant le juge suprême.

C’est la coutume indoue dans toute sa pureté ; nous verrons bientôt, comme dans l’Inde, cette coutume engendrer également l’adoption en Polynésie.

Le corps du défunt était conduit nuitamment et sans bruit dans un lieu secret par le fils aîné, assisté de quelques membres seulement de sa famille, qui l’aidaient à transporter le corps et se retiraient dès qu’on était arrivé au lieu choisi pour la sépulture. Pendant trois jours le fils restait en prière sur la tombe, ne prenant de nourriture qu’une fois chaque jour après le lever du soleil.

Au bout de ce laps de temps., l’àme était parvenue à Tupaï guidée par les esprits, et le fils regagnait sa demeure.

Cette coutume de tenir secret le lieu de la sépulture a dû naître des guerres nombreuses que les peuplades d’Océanie ont soutenues autrefois entre elles, et pour éviter la profanation de la tombe des ancêtres.

Les ariis, — caste des chefs, — mettaient un soin tout particulier à ce que leur lieu de sépulture ne fût point connu. On enlevait le corps du défunt en grand secret à l’aide de quelques affidés. On allait le cacher dans la montagne dans quelque creux de rocher, et on le recouvrait du mieux que l’on pouvait, avec des quartiers de rochers que l’on garnissait de terre et de feuillage.

Ces sortes de secrets étaient religieusement gardés, protégés du reste par la superstition religieuse. En effet, tout individu qui dévoilait le lieu d’une sépulture se voyait refuser l’aide des esprits protecteurs pour se rendre à Tupaï, et l’âme du mort qui tentait d’accomplir seule ce voyage était à peu près certaine d’être enlevée dans le parcours par les mauvais génies, et conduite aux séjours infernaux.

Avant le départ du corps de la maison mortuaire, ceux des parents qui se trouvaient près du défunt commençaient à pousser des gémissements lamentables en proférant les paroles suivantes, sorte de dialogue dans lequel chacun prenait rang suivant sa parenté.

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