No héa maioê. Traduction littérale : D’où, jusqu’ici toi
2. No rnolu hénua maoro mai au. Traduction littérale : De île terre éloignée venu moi.
3. E aha lo oé levé. Traduction littérale : Et quel? le de toi venue.
4. A üa paha oé ilé éna. Traduction littérale : Pas peut-être moi sachant cela.
les mêmes usages, les mêmes traditions, parler la même langue, dans l'impossibilité où ils ont été et sont encore de communiquer les uns avec les autres, et l’ignorance où ils sont actuellement de leur mutuelle existence, si leurs ancêtres communs n’ont pas été autrefois réunis sur un vaste continent disparu aux dernières époques diluviennes, dont les îles actuelles représenteraient les derniers vestiges?
Une chose vient encore donner du poids à cette opinion, c’est qu'à part les îlots des Poumoutous qui sont de formation madréporique, toutes les îles polynésiennes ne sont que des cônes de rochers avec d'étroites vallées, des cimes de monagnes sous-marines qui émergent.
Les îlots madréporiques des Poumoutous sont une preuve de plus. On sait que les polypes ne construisent jamais dans les mers profondes, et choisissent toujours pour base d'appui les plateaux solides les plus voisins de la surface des mers.
Il y a donc là, on n'en saurait douter , un continent disparu l\
Explique qui pourra, en dehors de cette hypothèse, ces incroyables identités de croyances, de traditions, de mœurs et de langage.
Ce n’est pas tout.
Ce continent était forcément relié à l’Asie, dans le sens de la zone tropicale que nous avons indiquée sur la carte, page2 1 , soit par un prolongement, soit par des îles assez rapprochées, soit par tout autre moyen de communication facile, car les mœurs, les coutumes, les traditions religieuses, les superstitions1 de la Polynésie sont les mêmes, nous l’avons vu, que celles de l'Indoustan primitif. Quant au langage, le parler mahori, resserré entre des îles étroites, s’est simplifié comme la vie des
i. Rien n’indique la communauté d’origine de deux peuples, comme des superstitions identiques.
indigènes, a perdu tonte syntaxe, n’a presque plus de mots pour les idées métaphysiques, et se borne à peu près à traduire les choses matérielles et les besoins. Malgré cela on peut encore retrouver une certaine quantité de mots qui sont du samscrit pur.
Nous ne voulons pas reprendre en détail les traditions religieuses des deux contrées que nous avons exposées. Rapprochons cependant les panthéons.
Le dieu irrévélé
Dans l'Inde Zyaus.
Le principe mère de la divinité
Dans l'Inde Nari.
La trinité
Dans l'Inde Brahma.
Vischnou.
Siva.
En Polynésie Jyoiho.1
En Polynésie
Ina.
En Polynésie Taaroa.
Ina.
Oro.
Dieux inférieurs, mandataires de la trinité
Dans l’Inde En Polynésie
Indra, Oro,
dieu des sphères célestes.
Yarouna,
dieu des eaux.
dieu des cieus inférieurs.
Tane,
dieu des eaux.
Agni,
dieu du feu.
Pavana, dieu du vent
Hita,
dieu du feu.
lia ni,
dieu des vents.
Dans l'Incle Yama,
juge des morts, dieu des régions infernales.
Couvera,
dieu des richesses.
Cartikeia,
dieu de la guerre.
Cnma,
dieu de l’amour.
Sourya,
dieu du soleil.
Soma,
déesse de la lune.
Ganesa,
Dieu qui préside aux portes des temples éloigne les obstacles et préside aux entreprises heureuses.
Poulear,
dieu des champs, veille aux bornes des héritages.
Neiritia,
dieu des voleurs et du commerce.
Isania,
dieu des champs, qui protège les cultivateurs et les travaux des champs.
En Polynésie Manuteaha,
dieu des enfers.
Faaha,
dieu des richesses.
Toa,
dieu de la guerre.
Rolia,
dieu qui préside a l’union des sexes.
Ra,
dieu du soleil.
Marama,
déesse de la lune.
Thi,
préside aux heureuses entreprises.
Thi,
conservateur des bornes et des maraës.
Hiro,
dieu des voleurs.
Thi,
dieu qui protège les champs.
Mara.
dieu de la pêche.
Dans les deux contrées, la divinité irrévélée renferme la double nature mâle et femelle, et la création s’opère par un œuf fécondé qui s’échappe du sein de la divinité mère et qui roule à la source des eaux. Nous leur avons vu adopter également les mêmes principes trinitaires, les mêmes dieux inférieurs, les mêmes croyances, presque les mêmes cérémonies
du culte, les mêmes castes, et, quelque élémentaires que soient les derniers vestiges de traditions civiles qu’on puisse rencontrer en Polynésie, elles paraissent avoir été puisées à la source même qui a fécondé l’Inde.
N'oublions pas que, pour cette dernière contrée, la tradition s’est conservée sans interruption par l’écrit, tandis que la Polynésie, fractionnée en plus de deux mille cinq cents îles ou îlots qui, depuis plusieurs milliers d’années, vivent isolés par groupes, a fatalement oublié son passé.
Il est donc extraordinaire que la moisson puisse encore être si abondante.
Qu’on relise avec soin ce que nous avons pu retrouver de ce passé océanien enfoui sous les eaux, qu’on le compare avec notre étude plus complète — nous venons d’en dire les motifs — sur les croyances, les cérémonies vulgaires, les mœurs et les traditions législatives de l’Indoustan, et qu’on nous dise s’il n’est pas vrai que les peuples de ces deux contrées soient unis par une indiscutable communauté d’origine.
Et quelles preuves frappantes surgissent de certains détails 1
La caste des rois se nomme
Dans l’Inde Aryas (samscrit).
C’est le même radical Ari.
Le soleil se nomme
Dans l’Inde En Polynésie En Égypte
Ra. Ra. Ra.
Ra est en samscrit le nom de l’astre lumineux, le dieu qui le dirige reçoit le nom de Sourya.
Ra en mahori est le nom de l’astre et du dieu.
Ra en égyptien signifie soleil.
En Polynésie Ariis (mahori).
« Dans les légendes, dans les inscriptions dédicatoires, dans les invocations, dans les prières, dit l’éminent égyptologue Beauregard, le nom sacré d’Ammon est toujours accompagné du mot égyptien ra . Le mot ra signifie soleil. »
Ces mots ari et ra ne sont pas en usage par pur résultat du hasard, dans l’Inde et en Polynésie. Tous deux réunis expriment un état social, particulier, défini, au sommet duquel se trouvait la caste des aryas ou ariis, caste des rois, et le culte primitif de Ra ou du soleil, cette splendide manifestation de la puissance suprême, vers laquelle tous les peuples primitifs ont tourné leurs regards.
Et ces castes des prêtres, ces inspirés, ces démoniaques, ces sorciers qui interrogeaient les entrailles des victimes et ren-^ daient des oracles, et ces dieux pénates, ces génies familiers protecteurs des maisons, et tous ces esprits mauvais des deux mythologies, et ces animaux sacrés, ces sacrifices humains, et toutes ces coutumes, ces traditions communes aux deux peuples? Quelles nations ont entre elles des relations plus étroites?
Dans notre introduction des Fils de Dieu, nous avons donné quelques comparaisons de mots samscrits et mahoris , qu’il nous paraît utile de rappeler ici. Nos études ont entre elles de telles affinités que nous sommes obligé de nous citer quelquefois.
Samscrit.
Mahori.
Tomara,
Tomara,
tronc d'arbre, levier, massue.
cœur d’arbre.
Totara,
Totara,
hérisson.
h érisson de mer.
Ura,
Ura,
braise rouge sous la cendre.
flamme.
Upa,
Upa,
danse.
danser.
Samscrit.
Mahori.
Uta,
Uta,
sable.
terre.
Gugupa,
Uupa,
tourterelle.
tourterelle i.
Ari,
Ari,
maître (le maison.
chef de famille.
Aryas,
Ariis,
guerriers, rois.
guerriers, rois.
Ara,
Ara,
prompt, éveillé, rapide.
éveillé, sur ses gardes.
Ariva,
Ariva,
faible, débile.
mince, délicat, faible.
Maya,
Maia,
femme de magicien, de médecin, sage-femme.
sage-femme.
Matara,
Matara,
libre, affranchi.
délié, débarrassé.
Mana,
Mana,
considération, puissance, honneur.
puissance, pouvoir, influence.
Nina,
Nina,
fin, mort.
enterrer, enfouir.
Nupa,
Nupa,
sombre, obscur, ombragé.
obscurité, fourré impénétrable.
Urupa,
Urupa,
tempête.
vent violent.
Rata,
Rata,
réjoui.
joyeux, doux, privé.
Tana,
Tané,
mari.
homme marié.
Iripa,
Iripa,
emporté, insolent.
pétulant, insolent.
Vahin.
Vahiné.
femme enceinte.
femme mariée.