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CHAPITRE V

LE PANTHÉON INDOÜ.

Manou avait posé le principe de l’unité de Dieu et de la trinité de la puissance créatrice, le culte philosophique qui découla de ces croyances resta l’apanage des hautes classes. La religion vulgaire divinisa toutes les forces de la nature, et le peuple oublia Dieu pour ne plus se souvenir que de ses attributs, devenus dieux à leur tour. De là ce panthéon indou, qui a depuis donné naissance aux dieux innombrables de l’Égypte et de la Grèce.

Ces dieux en engendrent d’autreségalement, procédant d’eux, agissant sous leur impulsion, en telle quantité qu’il serait impossible de dénombrer toutes les divinités inférieures auxquelles les Indous accordent leurs dévotions. Nous nous contenterons de donner la liste des grands dieux qui gouvernent tous les autres et qui sont une émanation directe de l’être irrévélé :

Zyaus ou Swayambhouva, dieu suprême existant par luimême, immortel principe de tout ce qui existe :

N ara

Agni

Brahma

INari

Vaya

Vischnou !

Viradj

Sourya

Siva

trinité créatrice.

conservatrice

et transformatrice avec les

divers noms sous lesquels on la désigne.

LES GENÈSES DE L’HUMANITÉ. 5i

Lorsque Nari, le principe mère, disparaît du culte, et que la trinité se manifeste sous la forme des trois dieux mâles :

Brahma,

Vischnou,

Si va,

on leur adjoint trois épouses qui forment la trinité vierge et qui se nomme :

Brahmy ou Nari,

Lakmy,

Sakty ou Parvady.

Les dieux inférieurs mandataires de la trinité sont :

Indra, dieu des sphères célestes;

Varouna, dieu des eaux ;

Agni, dieu du feu ;

Pavana, Dieu du vent ;

Yama, dieu des régions infernales, dieu du vent;

Couvera, dieu des richesses ;

Cartikeia, dieu de la guerre, reçoit aussi le nom d’Hara- Kala ;

Cama, dieu de l’amour, du printemps et des fleurs ;

Sourya, le dieu du soleil, préside aux saisons ;

Soma, déesse de la lune ;

Ganésa, dieu qui préside aux portes des temples, éloigne les obstacles, et préside aux entreprises heureuses ;

Pouléar, dieu des champs, veille aux bornes et à la conservation des héritages ;

Neiritia, dieu du commerce et des voleurs;

Isania, dieu qui protège les cultivateurs et les travaux des champs.

Au-dessus de ces dieux se place la catégorie de tous les esprits bons ou mauvais,-. assouras, daytias, sortes de titans

constamment en guerre contre les dieux, les dévas, anges et émissaires des dieux, les rakchasas, démons malfaisants, les pisatchas et les roudras, esprits malins du dernier ordre, sans cesse occupés à troubler les sacrifices des saints ermites.

Ces esprits, dit M. de Jaucigny, sont assez semblables aux fantômes et aux vampires des croyances populaires d’Europe.

Il faut encore compter dans cette nomenclature une espèce de divinités très -nombreuses, quoique leur existence ne soit reconnue que dans des sphères très-limitées, et que les brahmes contestent souvent la légitimité du culte qui leur est rendu. Ce sont les dieux des villages, chacun en adore deux ou trois comme ses patrons spéciaux; ce sont, en quelque sorte, les pénates et les dieux lares des Romains.

Les esprits de personnes décédées qui ont à un titre quelconque attiré l’attention de la foule pendant leur vie, jouissent aussi souvent de l’honneur d’être déifiés.

Un trait extraordinaire de ces croyances, dont on trouve des traces chez les mages et les Égyptiens, c’est que toutes ces divinités inférieures n’ont qu’une existence limitée; après un cycle de quatorze milliards trois cent vingt millions d’années humaines, la trinité et les autres dieux inférieurs cesseront d’exister, et la grande cause première Swayambhouva restera seule dans les espaces infinis. Cette période d’existence se nomme un jour de Brahma.

Après une nuit de repos égale en durée à ce jour, l’Être existant par lui-même exercera de nouveau son pouvoir, et toute la création, avec les êtres divins et humains, renaîtra de nouveau à la vie.

Ce système n’a rien de commun avec les croyances élevées et philosophiques des brahmes que nous avons étudiées dans nos précédents ouvrages ; ce symbolisme grossier, nous l’avons déjà dit, ne fut créé que pour la plèbe, et dans le but de la retenir plus facilement sous le joug sacerdotal par la peur de

ces nombreuses tribus de divinités, de démons et d’esprits malfaisants. Nous ne faisons que l’exposer très-sommairement dans un but de comparaison qui nous permettra de retrouver la source commune de toutes ces fables mythologiques que l’on rencontre dans le culte de tous les peuples anciens.

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