‹ Histoire des villes de France (volume 2)Chapitre 105 sur 119 · II · texte numérisé non relu

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(tUI.EANAlS.

1,’iin (li-s cUxiiprs osl ciselé et scul|ité A jour ; c’est celui qui est devenu récemment la proie des finiiiinus ( I8'*5), et qui, sur la demande du député d'Eiinvet- I.oir (M. Adelphe Chaslefl*^, a été réédifié aux frais de l'F.lat. On se prend à regretter de ne pouvoir, en remontant dans li’s siècles , contempler le spectacle im|H)sant de cette cathédrale, quand saint Bernard y prêchait la croisade; nu que Philippe-le-Bel y venait déposer son armure et chanter le Te Deum; ou que Nicolas de Thou sacrait Henri IV. On voudrait pouvoir assister aux magniflcences des dévotions royales, à la solennité des mariages illustres; ou bien, quand l'église était plus calme, voir les prêtres, qui n'avaient (xis encore de bréviaires, lire la Bible enfermée dans les armoires treillissées de balustres; ou bien descendre dans l'églis<‘ souterraine, qui a ses autels et ses mystères particuliers sous la cathédrale ; curin voir, quand le jour est faible , de pauvres filles ne pouvant nourrir leurs enfants, les déposer eu tremblant sur l'autel, à la grâce de Dieu. Il reste ,n l'angle méridional de l’église un vestige singulier, c’est iin âne qui joue de lu vielle, grossièrement sculpté ; on eu fuit à tort C dne qui veille ; c’est tout simplement le cachet caustique du moyen Age; une satire contre quelque chanoine de mauvais godt, par un arlisti* mécontent.

Nous l'avons dit, la ville est avant tout ville marchande, et le commerce du blé est le point le plus important. Sans doute il y a quelques manufactures ; on y fait aussi des pâtés de volaille qui ont leur réputation, mais le blé et la laine sont les articles principaux du commerce chartrain. La Bcauce a quelques pâturages qui nourrissent l’espèce de mouton dite Beauceron ; tout le reste est du blé. Brissot-Warville assure dans une lettre (ju’il est impossible de faire l’histoire de Chartres sans parler du blé; en effet, le blé c’est la Bcaiice,'et la Bcauce c’est r,hartix!s; cultivateurs, meuniers, vendeurs, revendeurs, vivent de ce commerce toujours actif; là rien n’est plus animé que les jours de marché; Paris y trouve un précieux approvisionnement de céréales. Ce même commerce a fait de l’Eure une rivién* sur laquelle la navigation est impossible, tant elle a de moulins toujours occupés. Dès le moyen âge , on voit combien ces moulins étaient importants ; les propriétaires, c’<‘st-à-dire les comtes, les évêvpics et les abbés, défciidaiei'it expressément à leurs vassaux d'aller ailleui-s faire moudre leur blé et de payer à aucun autre le droit de mouture qui n’appartenait qu’à eux .seuls.

Les habitants ressemblent au pays; doux, aimables, volontiers réguliers, ils sont nés pour cultiver et vendre leui’s Ivelles productions, comme ces productions naissent pour eux. S'ils sont souvent |M)intilleu\ dans les trau.sactions, taquins et même querelleurs , c’est là une vivacité de mots qui ne suppost; rfeii de cruel, d’amer ou d'hostile; volontiers satiriques, gaus.scurs, très-charitables, mais médisant un peu du prochain et le servant volontiers; as.sez ironiques, minutieux et sévères sur les détails, il est des qualités hospitalières que tout le monde leur accorde, et des facultés administratives qu'ils possèdent admirablement.

La ville de Chartres a donné tuiissance à des personnages éminents, que distinguèrent surtout leur vivacité satirique, le bon sens et le patriotisme. Sans compter positivement ceux qui sont nés aux environs et que les Charlrains regardent comme leurs compatriotes, tels que Ijibruijère, l'auteur des Cmaclèret, né S Dour-

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