I. Trésor des Charles, ivgiMre* 1*5 et
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FInvy , gouverneur de Compïègne pour le Dauphin , et Jean Desquesnes dit Canidos, en chassent en 1^19 la garnison bourguignonne; mais un oiTicier de Jean-sans-Peur, Jean de Luxembourg, se hâte d'accourir, investit la place, force, au bout de six semaines, la garnison â capituler; et, à peine est-elle sortie avec armes et bagages, (pi’il lui dresse une embuscade où il la fait massacrer presque tout entière. Habitués à se voir pillés par tous les partis , les habitants de Koye ne songeaient plus qu'à repousser ceux qui les attaquaient, quelle que fût la bannière qui nottait sur leurs remparts ; après avoir énergiquement seconde les .Vrmagnacs, pendant cetle longue et courageuse défense , ils montrèrent contre eux , en 1 430 , la même bravoure, en repoussant un de leurs partis , qui était venu dssaitlir la ville , à une heure après minuit, cuidant la prendre et ycelte et ses habilans desiruire. EnQn , en 1441 , Charles Vil chassa les Anglais de Koye, et quoiqu'en cette circonstance surtout, les habitants dussent considérer les assiégeants comme des libérateurs, ils n'en contribuèrent pas moins vaillamment à la défense.
Ils ne prirent pas tant à cœur le succès des entreprises de I.«uis XI et de Charlesle-Téméraire ; et, pendant les longues guerres que se firent ces deux princes, ils se hâtèrent d'ouvrir leurs portes à toutes les armées qui firent mine de vouloir y entrer. Une fuis même, ce fut en 1472, ils forcèrent leur gouverneur, qui avait bonne envie de s'ensevelir sous les murs de la place, à aller lui-méme en présenter les clefs à Charles-le-Téméraire. Alors Louis XI se fâcha, et quand il sut son terrible vassal occupé ailleurs, il vint pour les punir de leur indifférence. Mais celte lois ils se défendirent, tuèrent dans une sortie cinq cents hommes de l’armée royale, et le roi, craignant que la punition ne lui coûtât trop cher, leur en fit grâce, et les reçut à capitulation. l.es Anglais et les Impériaux prirent et brûlèrent Roye en 1523; le prince de Nassau et le comte de Rœux en firent autant en 1336 et en 1552. Roye fut livrée aux Impériaux , le 8 août 1636, après la prise de Corbie; mais le duc d'Urléans les en cbassa le 18 septembre de la même année. EnOn, cette ville fut prise une dernière fois en 1653 par le prince de Condé, après une courte résistance pour laquelle le maire , Pierre Turpin , reçut des lettres de noblesse.
La reine Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe-le-I.ong, mourut à Roye le 29 janvier 1329. Elle allait en Artois prendre possession de cette province, comme héritière de la comtesse .Mahaut, sa tante. Elle fut inhumée dans l'église de Saint- Florent, où son tombeau fut reconnu par Dom Grenier, en 1786.
Roye fut, au xvii* siècle, le berceau de la secte des Guérinets, sorte d'illuminés, ainsi nommés de Pierre Guérin , curé de la paroisse de Saint-Georges, leur fondateur. Ges sectaires professaient un souverain mépris pour tout dogme et pour tout culte , tant intérieur qu'extérieur ; Dieu , disaient-ils , avait révélé à frère Antoine liucquet une pratique de fui et de vie suréminente , inconnue jusqu'alors dans la chrétienté. .4vec cette méthode on pouvait en peu de temps atteindre jusqu'à la perfection et à une telle union avec Dieu, que tous les actes étaient déifiés. Il fallait alors laisser agir Dieu, sans produire aucun acte. On pouvait d'ailleurs faire tout ce qu'on voulait ; on n'avait plus d'autre loi que l'inspiration ; on était impeccable. Ils ajoutaient que la sainte Vierge n'avait eu que des vertus communes; que la dévotion avait été inconnue aux docteurs de l'Église ; que saint Paul s'en doutait
PICARDIE
à prine ; que saint Pierre était un bonhomme ; que toute Tt-glise était dans les ténèbres ; enfln , ils prédisaient que dans dix ans le monde serait converti à leur doctrine, et qu'il n'y aurait plus besoin de prêtres ni de religieux. Ils llrent , en effet, un grand nombre de prosélytes, et dans la seule province de Picardie on en compta jusqu'à soixante mille. Le cardinal de Richelieu et le père Joseph , son confident , résolurent alors d'arrêter leurs progrès par des mesures violentes. On obtint du roi des lettres sévères; les juges de Roye et de Montdidier furent commis à l'instruction des procès ; et bientêt, dit un contemporain, « le mal fut découvert, et le remède appliqué. En moins de rien on remplit les prisons de ces hérétii|ues.... Ce monstre fut étranglé dans son berceau. » Telles furent l'activité des recherches et la vigueur des poursuites , que ,. dès l'année suivante, la secte avait entièrement disparu.
Roye possédait, avant la révolution, une collégiale , quatre paroisses, quatre comm'unautés religieuses, dont une, celle des Sœurs Je ta Croix, était la maison mère de l'ordre , et deux hôpitaux. C'est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de canton de l'arrondissement de Montdidier ; on y campte 3,600 habitants. Le marché au blé, qui s'y tient tous les lundis, est un des plus considérables du nord de la France. Ses marchés francs du dernier mercredi de chaque mois , et sa foire du lendemain de la Quasimodo, pour le bétail, le 01 et la toile, sont au nombre des plus commerçants du département.
Roye a vu naître dans ses murs Jean de Popincourl père et Ois, et Jean de La Vaeçuerie, qui furent tous trois premiers présidents du parlement de Paris ; Martin Meurisse, évêque de Madaure, à qui Ton doit une Histoire des Évêques de Mets, 1688, in-folio, et plusieurs autres ouvrages estimés; et Ix)uis Billecocq , auteur de savants traités sur le droit coutumier. La famille des comtes de Roye a fourni plusieurs personnages célèbres: nous citerons entre autres Barthélémy, grand chambrier de Philippe-Auguste; Mathieu //, grand maître des arbalétriers de France en 1340 et 1349 , qui , après la bataille de Poitiers , se retira dans cette ville avec une partie de l'armée, et s'y défendit courageusement contre les Anglais; Guy de Iloye, son Ois, fut successivement évêque de Verdun, de Castres et de üôle , archevêque de Tours, de Sens et de Reims; il fut tué par la populace de Voltri , où il s'était arrêté, en se rendant, en 1409 , au concile de Pise. C'était lui qui avait fondé à Paris le College de Roye. Jean III de Roye, qui fut , en 1380, l'un des otages du roi Jean; et Mathieu III , son fils, qui devint maréchal de France, fut fait prisonnier à Azincourt, et gagna, en 1429, sur les Anglais la bataille de Patay, appartenaient aussi à cette famille; elle s'éteignit, en 1569, dans la personne de Charlotte de Roye, épouse de François III, comte de La Rochefoucauld.
lin événement compose à lui seul toute l'histoire de Nesle. Charles-le-Téraéraire avait conclu avec Louis XI une trêve qui devait durer jusqu'au 15 juin 1472, et il eu attendait à Péronne l'expiration , lorsqu'il apprit la mort du duc de Guienne son allié. Il n'hésita pas à accuser le roi d'avoir empoisonné son frère, passa aussitôt la Somme , en jurant de tout mettre à feu et à sang, et vint , le 11 juin, se présenter devant Nesle. Un brave oHicier, nommé le Petit-Picard, y commandait cinq cents francs-archers. Il repoussa vigoureusement la première attaque. Toutefois la place n'étant i>as tenable, il se rendit le lendemain auprès