SAINT-VALEUY ET LE CROTOY
feu. Au mois d'août 5718, le Ponthieu fut df^solé par une maladie contagieuse, la suellr , apportée à Saint-Valéry dans des balles de laine. Dans le xviii' siècle on termina le canal de La l'ère ( lequel met en communication la Somme avec l'Océan , et par conséquent avec la Seine), et l'on poussa avec vigueur plusieurs autres travaux de canalisation d'une grande importance pour la Picardie. Le seul détail qu'il importe de donner ici, c'est que Napoléon ordonna de mettre le port de Saint- Valéry en état de recevoir des frégates ; mais ce vaste projet fut abandonné , et finalement on se borna à diriger toutes les eaux de la Somme dans le canal d'.Abbeville à Saint-Valéry.
Dans son Armorial, La Morlière ne parle pas des armes du Crotoy. Quant a celles de Saint- Valéry, elles étaient d'azur frété d’or, semé de fleure de lys de même. Rien dë plus pittoresque que la partie ancienne de cette ville. Entre deux larges pans de murs que le temps a noircis , et des interstices desquels s'élancent des loulTes de plantes sauvages, s'élève une voûte; au delà un terrain inégal qui monte et barre la vue; au-dessus de la voûte, des constructions lombardes; dans le voisinage, l'église, dont le portail est en pignon; à côté, des sableg, un bras de mer ; plus loin , des maisons de pécheurs ; en face , le Crotoy et son aspect désolé.
Sairit-Valery est un «les chefs-lieux de canton de l'arrondissement d'Abbeville. On y compte 3,500 habitants, c'est-à-dire presque le triple de la population du Crotoy, qui se compose d'environ 1,-200 âmes. Saint- Valéry arme pour les colonies et pour le petit cabotage , et prend une part active à la pèche du hareng et du maquereau ; elle a des fabriques de câbles, de cordages et des chantiers pour la construction des navires; enfin elle fait le commerce des fromages de Hollande, des vins , des eaux-de-vie, des huiles et des toiles à voiles. La pèche et le commerce se partagent l'existence des habitants du Crotoy. Si cette dernière ville a produit quelque homme éminent dans la guerre, les arts ou les sciences, l'histoire n'en a point tenu compte. Saint- Valéry, plus heureuse, cite parmi ses enfants Marlin Clairé qui , né en 161-2 et mort en 1693, a composé, sous le titre de Hymtses reclésiastiques , un grand nombre de chants religieux, dont plusieurs ont été adoptés |M)ur les cérémonies de l'église; et le jésuite Jacques-Philippe Lallemand, auteur du Véritable esprit des disciples de saint Augustin, d'une Paraphrase des psaumes et d'uii Nouveau testament. Pendant les guerres de la révolution , cette ville a donné à la république le contre-amiral Ferrée, qui conunandait la flottille du Nil lors de l'expédition d'Égypte et à la bataille de Chébreiss; après un combat glorieux, ce brave marin captura le vaisseau le Léaadre, que Nelson avait chargé de porter en Angleterre la nouvelle de la victoire d'Aboukir. Mentionnons aussi un autre marin , le capitaine Lejoille , de Saint-Valéry, qui mourut comme Ferrée sur son banc de.quart, sans avoir jamais amené son pavillon devant l'ennemi.