P1CART>IE
de la période romaine; mais les rentes, dites chaussées Brunehaut, et les stations militaires y sont nombreuses. Ij-s restes de douze voies romaines existeid aux environs de Beauvais; on en trouve cinq dans l'arrondissement de Boulogne et plusieurs autres dans les arrondissements d'Abbeville , d'Amiens, de Montdidier et de Saint-Quentin. La multiplicité des camps atteste combien la résistance a été longue et opiniâtre dans cette partie de la Gaule. Nous signalerons entre autres les camps de Vermand , de Tirancourt , de L'Étoile et de Liercourt. Ce dernier, par la force de son assiette , l'élévation de ses retranchements et sa parfaite consenation , peut donner une idée complète de la castramétation romaine. Sur un grand nombre de points, le sol renferme une grande quantité de débris antiques, médailles, tuiles a rebords, vases, figurines, tombeaux, etc. Citons encore , p.'rmi les curiosités archéologiques , sans pouvoir néanmoins assigner une date précise , les souterrainsrefuges, qui sont plus nombreux dans la Picardie que dans aucune autre province de la France. Ces souterrains sont appelés forts, entes, carrières, muches ou retraites, selon les cantons où ils sont situés. Ce sont des allées de sept nu huit picris de hauteur et d'une égale largeur, bordées h droite et à gauche par des cellules pratiquées dans le tuf ou dans la craie. I.a plupart sont situées au centre des villages ; leur entrée principale, taillée en forme de rampe et voûtée en maçonnerie, est presque toujours dans le voisinage de l'église. On n’est point d'accord sur leur origine ; mais leur destination ne saurait être mise en doute , et ils ont évidemment servi de retraites pendant les désastres du moyen âge.
L’archéologie chrétienne présente aussi de curieux sujets d'études. I.a basseœuvre de Beauvais parait remonter au xri* siècle; il existe à Soissons, è Corbie, â Saint-Quentin , des cryptes qui datent du ix* siècle environ ; et l’on retrouve des traces de la période romane primitive dans les églises de Rhuis, de Trary, de BerteuU , de Nointel , de Cambronne et de Bury. I.a plupart des églises de Picardie sont formées de parties appartenant è des styles différents ; mais, quoi qu’il en soit, bon nombre des monuments religieux de la province peuvent être considérés comme de véritables chefs-d'œuvre de l'art du moyen âge. Après la cathédrale d'Amiens et le chœur de Beauvais, on peut citer encore l'église de Saint-Germer de Flay, la chapelle du Saint-Esprit de Rue, le portail de Saint-Vulfran d'Abbeville , l'église de Saint-Riquier, l'une des constructions les plus parfaites de la fin du XV' siècle. '
I. Annuaires des départements du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Aisne et de l'Oise. — Notes de railleur. — Renwi||oeiuenU statistiques commuoiquéa par H Moreau de Jonnès, membre correspondaut de riDstimL
BIGORRE. — OlATHE-VALLÉES.
— PAYS DE niVlËBE-VERDl'N. — POIX. — L\véDA.X — HÉB017.AN. — CO.XSBRANS. — COMMINGES. — ARMAGNAC. — COXDOMOIS. — LOMAliXE.
ÜKSCRIPTIOX ('.PÎOGRAPIIiylJE. - HISTOIRE GÉNÉRALE.
Supposons-nous au sommet du pic du Midi , l'une des vingt-trois montagnes qui forment la partie la plus haute de la cliaine des Pyrénées. Nous sommes i 2,877 mètres au-dessus du niveau de la mer; et en tournant le dos à l'Espagne, voici le tableau qui se déroule à nos regards. Un vaste territoire borné à l'est par la Garonne et l'Aude; à l'ouest, par la terre de Labour et les Landes; au sud, par les Pyrénées; et au nord, par la Garonne qui tourne à gauche vers l'Agénais pour aller se jeter dans l'Océan, s'ouvre comme un éventail dans un rayon de près de di\-sept mille kilomètres carrés. Des flancs des Pyrénées Jaillissent à côté des eaux minérales de Cauterets, Bagnères et Saint-Sauveur, les gaves de Pau , de Bun , de Cauterets, de Lourdes, d'Arrens, d'Estaigne, deGaube, d'Escoiibous, d'Omar, d'Ovat et d'Aigue4'Juse, qui, avec une multitude de ruisseaux, arrosent les plus belles plaines et les prairies les plus vertes du monde; dix-huit rivières, sorties des mêmes montagnes, l'Adour, la Garonne, le Louzon, l'Ariége, le Salat, l'Arros, Lourse, la N'este, la Gimone, les deux Baïses, la Baïsole, la Ratz, la Ixtssc, la Gélize, le Midou, la Douze et le Gers, portent leurs flots plus loin et fertilisent cette belle contrée qui, avant la ré\ulution, s’appelait Gascogne depuis douze siècles. Sous ce nom célèbre on comprenait la Bigorre , les Quatre-Vallées, le pays de Rivière-Verdun, celui de Foix, le I.avédnn, le N'ébouzan, le Conscrans , le Uomminges, l'Armagnac, le Condomois et la I.omagnc. Le Bazadais, et le Bordelais que d'Eipilly place tour à tour dans la Gascogne et dans la Guienne, n’ont jamais fait partie que de cette dernière province.
Toute cette étendue de pays n'étant qu’une prolongation des pentes pyrénéennes, rien n'est plus curieux que sa constitution géologique. Qu’on se Ggure ces montagnes colossales poussant une foule de ramiOcations qui s'écartent comme les doigts d'une main ouverte, et dont les unes, engendrant des branches secondaires, vont droit devant elles jusqu'à la Garonne, tatidis que les autres, s'arrêtant brusquement, dérivent tout à coup ou bornent le cours des rivières enfermées au . ”. II. 20
pied de leur chaîne, tellea que l'Adour, i'Arros et la Gélize. Grèce à l'abondance des gares qui s'c^panchent à Ilots dans la Bigorre et dans la partie septentrionale de l'Ariége, ces deu\ contrées, où d'ailleurs l'art des irrigations est porté à un merveilleur degré de perfection , possèdent d'cxcellenls pèturages et des terres d'une prodigieuse fertilité. Il est impossible d'en dire autant de l'autre moitié de l'Ariége, qui est hérissée de montagnes, de pies granitiques et de forêts; mais si l'on ne trouve dans ses gorges profondes, où la température passe subitement du froid le plus vif à l'ertréme chaleur, ni les plateaux délicieux des ba.ssins de l'Adour et de Luz, ni les plaines de Pamiers coupées par d'innombrables canaux, les richesses métallurgiques dont elle abonde et qu'exploite si bien l'actif lié de ses habitants , lui donnent un aspect industriel que n'offrent point les autres cantons. En mémo temps qu'on extrait des montagnes le pldtre, l'alun, les pierres de louche et le marbre, quarantesept forges à la catalane y tordent sans cesse les chevilles de cuivre de la marine, épurent le fer et fabriquent l'acier avec une supériorité incontestable. Quant à la nature générale du sol, composé de masses d'argile et de chaînes calcaires et sablonneuses, quoiqu'il n'égale point la fertilité des terrains d'alluvion des vallées souspyrénéennes de I.uz et de Campan, il produit dus céréales au-delà des tiesoins du pays, et ne parait rebelle qu'à la culture de la vigne.
Les qualités opposées caractérisent au contraire le sol du département du Gers. A mesure qu'on s'éloigne des gaves, en suivant les mille ramilications dont nous avons parlé, on trouve uniformément les pentes des collines couvertes de terrains froids et marneux où croissent le sapin, le chêne et la vigne; cette plante affectionne surtout les coteaux de l'Armagnac, connus par leur excellente eau-de-vie. \ la base de ces coteaux et dans les vallons de la Save , du Gers et de la Ba'ise , les terres sont meilleures, mais si fortes et si compactes qu'elles se crevassent sous l'action du soleil , et deviennent l'été arides et dures comme la pierre. Le Gondomois, limitrophe des Landes, possède en abondance des étangs et des eaux qui enrichiraient le pays si l'on pouvait les réunir dans un canal. Toute la Gascogne du reste est cultivée de la même manière et par des bœufs.
Riche en productions , en ressources de toute espèce, et favorisée par un air constamment pur et un climat d'une admirable salubrité, cette antique province nourrit une des plus belles populations de l'univers, mais qui, se partageant en trois groupes distincts, semble reproduire avec le même type les différences caractéristiques du sol. Ainsi l'habitant des Hautes-Pyrénées, grand, svelte, vif, spirituel, rappelle par ses traits bien dessinés, ses mœurs un peu nomades, ses allures libres, sa conversation pittoresque , les anciens pasUurs aux cheveux noirs do ribérie. Les montagnards de l'Ariége, qui leur ressemblent comme des frères, gardent partout des traces visibles du vieux mélange romain ; ils ont les yeux aussi noirs et aussi brillants, mais le front plus large, la tête plus carrée, la taille plus massive, l'esprit même plus positif. Il n'y a pas jusqu'aux femmes qui, dans les anciens comtés de Foix et de Comminges, ne soient moins remarquables, quoique belles en général, que vers Luz et l'Adour. Pour les Gascons proprement dits des collines du Gers, ils participent de l'infériorité du sol. Plus petits que leurs voisins et d'une organisation moins riche et moins puissante, ils rachètent par l'industrie, la ténacité et le travail, les avantages que leur refusa la nature. Ayant
HISTOIRE GÉNÉRALE, à lutter contre un climat moins favorable et une terre moins productive, ils domptent l’un et l’autre à force de persistance et d’adresse. Doués au suprême degré de cette finesse proverbiale qui depuis des siècles est l’héritage et comme le cachet distinctif de leur rare, ils joignent, à un inépuisable fonds de gaieté, un esprit métaphorique parfois si l’on veut, mais toujours vif et plaisant ; une imperturbable conBancc dans l’avenir, une assez raisonnable confiance en eux-mèmes, et un amour du pays si filial, si profond et si vrai, que fût-il grand mogol (ce qui s’est vu ' le Gascon reviendra toujours aux bords de la Garonne.
Aussi haut que peut remonter le souvenir des hommes sur cette terre alors entrecoupée de marécages et de vastes forêts , vécut d'abord la race ibère ou basque. Si l’on en croit Pompofiius Mêla , ces premiers colons aux fronts basanés et à la main adroite (euskarra) s’appelaient Ausks. Ils habitaient des villes dont les noms pittoresques sont restés comme les échos les plus lointains des Ages : Cliberri, devenue Audi plus tard ; lllumberri, f antique mère de Lomhez ; Soz, qui n'est plus aujourd’hui qu’un bourg ; Ligorra la haute, Lectoure ; Hungunberri, le Bourg des Chênes, perdu sous la mousse des forêts post-diluviennes; tels furent les premiers groupes d’habitations des fiasques. Chacun de ces noms attestait que l’établissement du peuple était récent et simultané, car, par un singulier phénomène, ils exprimaient la même idée à quelques nuances près, et signifiaient tous vitU neui e. Ceux des fleuves et des cantons d’abord occupés révèlent encore ce fait important ]>ar leur caractère poétique. La Garonne était appelée par les peuplades basques Garw ou Garan la Rapide; l’Adour, l’Oiseau; le pays inculte et désert. Labour; le pays boisé, la Soûle; le village Salubre, Ossiin.
La vie de ces premières tribus fut celle de tous les peuples pasteurs jusqu’à l’arrivée des Phéniciens, qui parurent sur notre littoral quinze siècles avant J. -C., et durent probablement aborder au bon port , Raga , ono (Bayonne). Ces hardis émigrants de Dora entamèrent la première ébauche de civilisation par les relations commerciales qu’ils s’empressèrent d’établir avec les habitants des villes neuves. Ceux-ci vendaient aux étrangers les paillettes d’or du fleuve limpide Arra/z, qui allait dans quelques siècles s'appeler Ariége, et la résine, recueillie au pied du sapin des landes.
Neuf cents ans s’écoulèrent ainsi. Nus pères adoraient avec la foi la plus naïve Egoutkia, le soleil, et la nocturne Hilarguia au disque argenté, que les Phéniciens leur apprirent à nommer .fic/isama, la compagne de fiel, lorsqu'un nouvel essaim colonisateur s'abattit sur les côtes de la Méditerranée. Plus actifs et surtout plus avides que leurs prédécesseurs, les Phocéens, qui fondèrent Marseille, rendirent d'immenses senices à la civilisation, bien qu’ils ne fussent stimulés que par l’ardeur du gain et qu’ils n’agissent que dans un but d’ égoïsme. Les comptoirs qu’ils fondèrent dans ces grands villages et surtout à Soz et à Ligorra ou Lectoure, le centre de leurs établissements , rayonnèrent au milieu de la barbarie comme des colonnes lumineuses. Grâce à leurs leçons et à leur exemple , l’ibère sut découvrir les métaux précieux cachés dans les veines de ses montagnes, il commença à semer le blé , à planter la vigne et à clore ses bourgs de murailles. ]jt dureté de sa
I. Nous Taisons allusion ici à l'hisloire bien connue de Loualanau du Tarbes.
liASCO(;NE.
lanfnie elle-nièmc se pli? sans peine à l'euphonie de lu langue roassaliote, qui , dans les plaines princi|>alement , linit pur faire oulilier le vocabulaire brusque el guttural du vieil Escualdunae. Celte mission providentielle remplie, les Créés s’effacèrent à leur tour un siècle et demi avant la naissance de Jésus-Christ et laissèrent la place aux Romains. C'est à ce grand peuple qu'était dévolue la lèche de civiliser les Ibères. Quand les consuls Opimius et Fulvius eurent battu les ennemis des Marseillais, quand Sexiius eut pris possession du pays, au nom de Rome, en fondant Aix la premiéri; colonie latine, et que les monceaux de cadavres laissés par les Kimri et les Teutons sur les bords de l'Arc, auprès du monument triomphal de Marins, eurent répandu dans toute l'Aquitaine la terreur des armes romaines. César arriva pour ajouter l'.Vquitaine à cet empire (pi'il rèVait.
Déjà Pompée l'avait précédé aux Pyrénées en marquant son passage par l'établissement d'une colonie nommée Convène, mère des peuples de Comminges et qui fut formée, moitié de gré, moitié de force, d'une tribu basque vivant encore à l'état sauvage sur les roches neigeuses d'Altabiçar et des débris de l'armée de Sertorius. Avant même que le lieutenant de (à-sar eut passé la Garonne, Manilius et Præconinus étaient venus se faire battre par les Ibériens; aussi Crassus, rendu prudent à leurs dépens, n'agit qu'avec une extrême circonspection et ne se présenta au combat qu'entouré de ses alliés de Toulouse et de Carcassonne. Malgré ces précautions et les forces supérieures qu'il conduisait, l'aigle s'arrêta longtemps devant Soi et sous les murs do la ville des Tarusales, peuples du Tursan, et ne pénétra dans ces deux cités noblement défendues que les ailes teintés de sang, ('.ésar avoue, dans le livre 111 de ses Commentaires, qu'on s'y battit rudement et qu'il y périt beaucoup de monde ; l'ugnalum est diu algue acriler, tandem confecii vulneribus hostrs, quorum marjno numéro interfecto. Toutefois on pouvait résister à Rome mais non la vaincre : après une série de brillants combats de cavalerie où les Sotiates et les Tarusates déployèrent une ardeur et un courage loué même par leurs ennemis , il fallut se soumettre et subir les lois, la langue, les mœurs et la religion des vainqueurs. Les Romains n'eurent pas plutôt dispersé les derniers soldats du chef Adeantuan que , dé|K>sant le javelot , ils prirent la pioche el continuèrent la superbe voie destinée à relier Rordeaux et Arles, à partir de Toulouse jusqu'au village des Vasatc.s, depuis, Itazas. Trois couchées établies, une dans cette dernière ville, la seconde à Eausc et la troisième à Audi, garantissaient le vivre et le couvert aux voyageurs et aux fonctionnaires de la république. Les dieux , premiers dominateurs moraux , n'avaient pas été oubliés : Pan , exilant des landes les cités dru'idi(|ues, voyait son temple s'élever au milieu des sables et des sapins consacrés; sur le territoire des .\usks appelés Ausci, Auscieas, par les enfants du Latium , Apollon était adoré dans un sanctuaire de marbre et partageait avec Hercule, le héros des traditions grecques, les vœux et l'encens des Elusates. Quant à Lectourc, l'ancienne Ligorra, elle était couverte d'autels votifs dédiés aux génies et aux divinités locales.
Après cette sorte d'initiation préparatoire, Rome s'assimila le pays conquis politiquement : fondant dans un seul les noms divers de tous ces petits territoires fractionnés en autant de lambeaux qu'il y avait de tribus et do sections de tribus, elle appela la Gascogne actuelle la contrée aux neuf peuples, Novempopulanie. Ces
DIgilized
IIISI'UIHK GËNÉHALK.
neuf peuples principaux étaient ceux d'Eause, Klusala , d'Aueh, Ausei, du Conserans , Consoruni, de Lectoure, tjirloratps et Garitrs, de l'.omniinges, Cont ente, duTursan, Tarusales, des bords de la Garonne, («'«rumni, de Bigorre , Æpÿcrri, et Tarbelli ceux de Tarlics. Au V siècle la Novenipopulanic formait une des provinces de la Gaule et comprenait douze cités parmi lesquelles on comptait d'abord Eause, Audi, Lectoure, le I.ugdunum des Convennes aujourd'hui Saint-Bertrand, la cité des Consoranniens, Saint-Lizicr, et Tarbes. En leur qualité de villes libres, ces cités se gouvernaient elles-mêmes et possédaient, en petit, un sénat, un forum et des consuls égaux en droits dans leur spliëre locale aux consuls de la mère patrie, t'.haque province fournissant une cohorte cantonnée dans une des villes frontières, la cohorte novempopulane était campée ii Bayonne, que les Romains appelaient Lapurdum.
Tel était l'état de la N’ovempopulanic lorsque la Rome religieuse et la- Rome politique furent attaquées è la fois par les chrétiens et par les Barbares. Tandis que Ceratius, le premier apdtre gascon, renversait les autels d'Hercule, les peuples du Nord, rompant les barrières du Danube, refluaient jusque dans la Novempopulanie. Quades, Vandales, Hérules, Saxons, Sarmates, Alains, Gépides, Huns et Burgundes se disputaient les dépouilles de la malheureuse province. « Quand ils curent passé, » dit saint Jerôme, « la faim dévora ce qu'avait épargné le fer, » et si la masse compacte des Goths n'cdt repoussé au delà de la Loire le flot toujours montant des invasions, ces belles contrées, devenues si fertiles sous la main de Rome , n'auraient plus offert que l'image de la dévastation et de la mort, l-es Goths heureusement s'étaient établis è Toulouse, et sous la domination paternelle de leurs rois ta N'ovempopulanie allait voir reluire les beaux jours de la civilisation romaine lorsque le clergé aquitain conspira la chute de ses nouveaux maîtres pour une querelle théologique. Les Goths étaient ariens, et les évêques du midi, qui détestaient cette hérésie, entreprirent de mettre le pays sous les lois de Chlodnig, dont le christianisme même était plus que douteux. Au commencement de septembre de l'année 506, tous les évêques orthodoxes d'outre-Loire se réunirent donc à Agde, et dans ce concile, auquel assistaient le métropolitain d'Eause, Clarus, Nicctius, l'évêque d'Auch, Suavis, celui de Comminges, Virgilius et Glycerius, évêques de Lectoure et de Saint-Lizier, et le prêtre Ingenuus, député de l'évêque de Bigorre, il fut déridé qu'ou appellerait Ghlodwig au secours des églises catholiques persécutées par les ariens. Cette querelle se vida en partie dans les champs de Vouglé ; mais bien qu'AI-Rich fût tombé sous la francisque de son jeune rival , la monarcbic gothique survécut à cette bataille, et les progrès des Franks pendant longtemps encore se bornèrent à des courses sur la frontière. Cependant il n'cxLslait plus en Gaule d'autorité assez forte pour maintenir dans les provinces un ordre civil , une forme incontestable de gouvernement. Dans cette situation et en l'absence de tout obstacle étranger, le vieil esprit des Ibères souffla sur les montagnes et les hommes d'en haut se réveillèrent. En jetant les yeux à leurs pieds et en n'apercevant que ce petit groupe de Goths ou de Franks établis en maîtres sur la terre de leurs aïeux , ils se précipitèrent comme des torrents du val d'Aran et d'Altabicar et inondèrent la Novcnqiopulanie. Cette insurrection , d'origine purement ibère, éclata vers la dernière moitié du vi* siècle, et du versant aquitain des
Pyrénées alla en se propageant toujours jusqu’à la rive gauche de la Garonne et aux Landes.
Vainement le roi de !■' rance Chilpérick, alarme de scs progrès, lui opposat-il, en 581, une armée conduite par le duc Bladast. Bladast fut battu, et ne voyant, pendant vingt ans, descendre aucun ennemi sur le champ de bataille, les Vascuns affranchirent définitivement la Novempopulanie et lui donnèrent leur nom.
Un demi-siècle s'était écoulé pendant ces luttes. Deux ducs d'origine galloromaine, Gcnialis et Amandus, avaient repoussé tour ù tour les armes de Brunehault et de Chlothaire, et l’indépendance de la Gascogne était, en 626, grâce à leurs efforts , un fait désormais hors de doute. ,\ cette époque , un acte diplomatique important vint la confirmer de nouvoiiu en montrant la puissance de scs chefs. Le frère de Dagobert exerçait à Toulouse un simulacre de royauté mérovingienne : pour s'appuyer contre ses nombreux ennemis il rechercha l'alliance du duc Amandus et obtint la main de sa fille. Ici les nuages historiques épaissis comme à dessein par les chroniqueurs, nous dérobent le berceau et la tombe de la fabuleuse postérité de Charibert et ne noua laissent apercevoir distinctement que la grande figure d'Eudo, debout avec sa large épée sur le seuil du viir siècle. Les circonstances demandaient un homme énergique. Une nuée de cavaliers en turban débouchait au galop des Pyrénées. C’était le fils de Nossayr, à la tête des vrais croyants, qui venait planter dans le Frandjat l’étendard du Prophète. Ce vieillard qui, malgré scs quatre-vingts ans, faisait encore la guerre sainte, fut suivi de près, en 718, par l'émir Al-Haor, que remplaça brillamment trois ans plus tard le vali El-Samah. Toulouse, pressée par ses cavaliers innombrables, implorait à grands cris le secours d'Eudo : il arriva avec ses milices gasconnes, et les musulmans, attaqués avec furie et enfoncés de toutes parts, laissèrent l'ancienne voie romaine couverte de cadavres; pas un seul des fils du Prophète n'aurait revu Cordouc si un vaillant et noble émir, nommé Abd-al-Uahman , n'eüt pris la place d'El- Samah, couché pour toujours au milieu des siens, et n'eüt dirigé la retraite. Il revint , altéré de vengeance , mais plus tard ; et voulant faire expier aux Gascons le triomphe de Toulouse, c'est dans leurs vallées qu'il lança ses mille escadrons. Bayonne, Oloron, Lescar furent saccagées avec toute la barbarie arabe, et le Comminges et la Bigorre ruinés comme si tous les fléaux s'y fussent abattus à la fois. De là, cette multitude effrénée, traînant après elle des masses de captifs, sc dirigea sur Auch et traversa la Gascogne comme un ouragan pour aller tomber à Tours sous les armes combinées de Charles -Martel et d'Eudo.
Ce vaillant chef survécut peu de temps à sa dernière victoire : en 738 il laissa l'épée ducale à son fils Hunold , qui , sentant sa main trop faible pour la tenir, la remit volontairement dans celle de son jeune frère Walfar et, pour ne pas voir la lutte terrible qui allait s'engager entre les hommes du Midi et les hommes du Nord, couvrit sa tète du froc des moines. Hélas I il fut plus heureux que ses compatriotes , acteurs et témoins de ce combat désespéré ! Pendant onze ans, Walfar lutta contre Pépin avec un courage que rien n'étonnait, une constance qui ne se laissait jamais abattre. Pendant onze ans entiers, il fil face au roi frank en défendant l’indépendance de sa patrie malgré les trahisons, les complots, les revers et
HISTOIRE GÉNÉRALE, les forces supérieures de son ennemi. I.e succès était encore douteux , Pépin employa d'autres armes. Le lendemain des fêtes de Péques de 769 un messager vint apprendre au moine Ilunuld que le lils de Martel , désespérant de v^aincrc son frère, l'avait fait assassiner et qu’on ne savait à qui remettre l’épée de scs ancêtres. Hunold déchira son froc à ces mots et reprit l'épée et sa vieille armure ; mais il eut beau descendre vaillamment sur le champ de bataille, l'heure de la liberté de la Vasconie avait sonné : il fallut courber la tète et reconnaître la souveraineté carlovingicnne. Noble héritier de la fortune de ses pères , Charlemagne acheva d'étouffer toutes les résistances en imposant on comte étranger aux Gascons et un roi au berceau aux Aquitains. Mais bientôt la corne d'urus retentit sur les rochers d'Ibaneta, et XElcheco-Jauna, ou Gascon des montagnes, vengea la mort funeste de Waïfar dans le défdé de Koncevaux. Pendant l'année où Charlemagne était descendu au tombeau avec la fortune de sa race ( 828 j , il était tombé une pluie de manne dont les grains paraissaient plus gros que ceux du froment : les peuples consternés attendaient avec effroi ce que leur amènerait le prodige ; il leur amena les Normands. Tout à coup Hasting parut dans la Garonne avec le fils de Lothrock, Diœrn , dit CMc de fer, et lan(a sur la rive gauche les équipages de ses trente navires. I.a Gascogne revit alors les jours néfastes des anciennes invasions. Comme au temps des Huns et d'Abd-al-Rahman, la horde d’IIasting tomba sur ces riches contrées et les dépouilla, selon le chroniqueur contemporain , avec lo voracité des loups ajfamés et des vaalours avides. Lectoure , Condom , Eause, Audi et Tarbes furent forcées et pillées sans coup férir. Le duc Totila s'avança enfin quand les Normands n’eurent rien laissé dans ces villes, mais ils le culbutèrent, et sans le courage des serfs ruraux de la Bigorre, qui les attaquèrent au moment où ils s'embarquaient à Bayonne , tous auraient regagné la mer avec leur butin.
Toutes ces invasions avaient eu pour effet d'abaisser beaucoup sinon de ruiner entièrement l’autorité des deux chefs suprêmes de la société , le roi et le pape. Pendant deux siècles Rome et Paris eurent beau gronder dans le lointain, la féodalité gasconne retranchée dans ses châteaux-forts et toujours le fer â la main pour commettre quelque injustice, le clergé d’.Vuch et des vingt-cinq riches églises, sans cesse occupé du soin d'agrandir sa glèbe, ou faisait la sourde oreille, ou se moquait de ces menaces; et si Arnold, l'abbé de Saint-Sever, ajourné plusieurs fois en vain par Grégoire VII , voulait bien comparaître, les suffragants du métropolitain d'Aucb persistaient dans l'indiscipline et bravaient toutes les menaces. C'est pour essayer de mettre un frein à ce désordre et de inailriser cette féodalité indocile et relielle que les papes conçurent l'idée des croisades. L'idée était heureuse, car tant que Gaston, vicomte de Béarn, Amanieu d'tAlbret, le comte de Foix Roger II, les seigneurs de Noé et ceux de l'Isle-Jourdain guerroyèrent en Orient, la paix régna entre l'Adoiir et la Garonne ; et à leur retour ils tournèrent leurs armes contre les .Maures d'Espagne. Pendant neuf ans Gaston de B<>arn, Ccntulle , le vicomte de Bigorre, celui du Gabardan, l'évèque de l.escar et le brave Arnold, vicomte du Labour, cueillirent des palmes au delà des Pyrénées et couronnèrent cette brillante croisade, en 1120, par une bataille qui coûta la vie à seize mille .Maures.
Grâce au mouvement des croisades, le clergé avait ressaisi toute son influence
Digilized by Guugle
et remis la main sur le gouvernement. L'abbé Suger, qui régnait en France par le mariage d'Aliéiior de Guieime avec Louis VII, parvint à rattacher au faisceau monarchique du nord une partie de la Gascogne qui en était séparée depuis trois cent vingt-trois ans. .Mais cette union ayant été brisée à Itcaugenci par le divorce le plus iinpolitique, l'héritière de Guicnne jeta la Gascogne sous la domination anglaise en épousant, au mois de juin 1151 , Henri t’Iantagcnet. Jusqu'à cette date si importante dans son histoire, ce pays n'avait [vas paru éprouver de vives sympathies pour la France; mais à partir du jour où l’Angleterre mit le pied sur le continent, les Gascons furent Français de cœur et ennemis naturels de l'Angleterre. Hans toutes les querelles de famille des Plantagenets , les barons gascons déroulèrent leur bannière pour la cause nationale. On les vit se jeter en selle sans hésitation auesitèt que le Tyrtée du xiii* siècle, Bertrand de Boni, lança avec sa verve brûlante et son audace chevaleresque ce poétique appel iwr delà la Garonne :
Si le riche vieomlr^ qui esl à la l»vie rlt»s Gascml^ ht (le qui de(M>lKlent Brurn (d Oalnraan ,
- Si Véziaii ( (te Lunia)(ne] le veut aviVe Anuaguac,
Avec le seigneur (l'Aij et celui de .Marsan Cœur-de-Lion aura fort S faiii;
Ils ne tournèrent leurs lances contre les Français que lorsque ceux-ci vinrent sous la bannière de Montfort pour combattre les Albigeois. Au premier rang des défenseurs de cette brillante civilisation méridionale si incrédule , et si odieuse à Rome, brillaient alors par leur courage et leur constance, les comtes de Foix, de Comminges, de L’IsIe, et les barons de la Bariheetdc Saint-Béat. Aussi la victoire qui les avait trahis à Castclnaudary et à .Muret, couronna leurs nobles efforts sous les murs de Toulouse, et si la main d'une bourgeoise brisa d'un coup de pierre le front de Montfort dans les fossés du chiUeau narboiinais, le lion d'argent de Bouchard de Montmorency fut abattu par une lance gasconne.
Au siècle suivant, leurs fils n'avaient pas dégénéré. Ils étaient non moins braves et aussi opposés que les pères à la domination anglaise. A peine Edward III eut-il déclaré la guerre, en l.'l.'IS, à Philippe de Valois, que les comtes d’,\rraagnac, de L'Isle, de Mirande, deComminges, le seigneur de la Barthe et l'abbé de Saint-Sever se mirent aux champs contre les Anglais rommand('-s par Perhy. Ce fut sans doute pour punir cette hostilité sans trêve que le prince Noir, dix-huit ans plus lard, exécuta sa chevauchée célèbre à travers la Gascogne, brûlant et pillant tout sur son passage, ce qui réjouissait fort, dit-il, ses hommes liges. Il passa rapidement sur r.Aslurac, r.Vrmagnac, le Comminges , s'arrêta quelques jours à Samatan une auri graunt ville, selon ses propres termes, corne Konriche, et revint par la rive droite de la Garonne, après avoir incendié cinq cents métairies. Cependant une série de revers semblait mettre la France à deux doigts de sa perte. Le désastre de Poitiers et le traité non moins funeste de Brctigny venaient de livrer la Gascogne à ses
f. Si r rie vescoms, i{iii es cap ilcis Gua^-ns
A cui aptMis Béanis ol Gavardaiis K. N' Vozias o vol e N nernarflo>i.. .
(MatiiiM'rils de ia liihli«iUH'i|tie do l'Arsj'nal, M. I). fui. 7K3.)
HISTOIRE GÉNÉRALE. 2flS
ennemis naturels. Elle parut llécliir, mais ce ne fut pas pour longtemps. Le prince Noir ayant demandé un subside auv états de Niort do 13C8, tous les seigneurs gascons s'unirent pour le repousser. Leur résistance courageuse et leur a|»pel au roi de France ayant fait éclater la guerre entre les deux nations, ils portèrent les premiers coups, tantôt sous la bannière des comtes d' .Armagnac, tantôt sous celle de Du Guesclin , et après quatre-vingt-cinq ans de luttes acharnées et incessantes, leurs des<-endants eurent ennn la gloire de chasser l'Anglais de la France, cl d'abattre ù Rayonne le dernier drapeau étranger.
Pendant cette lutte nationale, qui dura trois cents ans, les d'Armagnac avaient vaillamment combattu et bien mérité de la France, mais quand cette race énergique ne lui fut plus utile sur les champs de halaille , elle fit ombrage à la royauté, et Louis XI l'écrasa. Paisible dés lors sous les lois des rois de France et do Navarre, la Gascogne n’entendit plus le bruit des armes que lors(|ue la rèformation si bien protégée par Jeanne d'.AIbreteut changé dans la moitié des villes l'antique foi des peuples. .Après les orages des guerres religieuses, la Gascogne s'endormit pendant près de deux siècles. La grande commotion de 1789 l'èveilla bien un instant et agita bien ses bailliages pendant quelques jours. Mais lorsqu'elle eut député scs nobles qu'elle aimait, scs curés, scs évéques, ses bourgeois, l'oUicicr Cazalès et le lauréat des jeux floraux, Barrèrc, destinés à briller tous deux sur des bancs opposés à l'Assemblée nationale, elle rentra dans sa paix et ii'en sortit plus que pour donner un maréchal à l'empire et un roi à la Suède, comme elle avait donné des cardinaux à la chrétienté et à la France une dynastie et une foule d'hommes célèbres.
Avant la révolution , les deux tiers de la Gascogne , tels que les comtes de Foix, de Gaure, de Comminges, l'.Astarac, l'Armagnac, la Bigorre, la Lomagne, et les Quatre-Vallécs, ressortissaienl au parlement de Toulouse ; le reste du pays était compris dans la juridiction du parlement de Bordeaux. Toute la province faisait partie du gouvernement général de la Guienne et formait la généralité d'Auch et Pau. Aujourd'hui le département de l'Ariégc est du ressort de la cour royale de Toulouse, celui des Hautes-Pyrénées de la cour royale de Pau, et celui du Gers de la cour royale d'Agen. A cette époque, la population s'élevait à environ A29,500 habitants, elle en compte maintenant 817,588 répartis de la manière suivante : 2G0,536 dans le département de l'.Ariége, 31-2,882 dans le Gers, et 2AA,170 dans les Hautes-Pyrénées , ce qui offre un accroissement de plus du double en moins de soixante ans. '
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Auch, autrefois CUberri, était lecliof-lieu des Àusci ou^uiAi, l’un des peuples qui habitaient l’Aquitaine avant la conquête romaine. Les Ausci se distinguaient par leurs honnesmœurs et passaient pour le peuple le plus civilisé de la province ; leur cité ceinte de murailles, était située sur le promontoire où se trouve la ville actuelle. Publies Crassus, lieutenant de César, reçut la soumission de ce peuple qui lui donna des otages. CUberri changea hientdt son nom contre celui de l'empereur Auguste et s’appela Auffusta-Ausdorum . l'nc colonie s’établit au sud-est de la ville dans la plaine de VÆgircius, le Gers. Après quelques révoltes occasionnées par les cruautés et les exactions des proconsuls, les Ausci descendirent des hauteurs qu’ils habitaient pour se mêler aux vétérans de la colonie romaine. Par un insigne honneur, Augusia fut du petit nombre dus villes auxquelles les empereurs accordèrent le droit latin , c’est-ù-dire la faculté de se gouverner elles-mêmes. L'an de J.-C. 211 , Caracalla la gratifia du droit de cité ; à ce titre elle fut investie de divers privilèges ; entre autres, de celui de posséder un forum, un gymnase, des thermes, un théâtre, etc. Elle devint le siège d’un sénat qui correspondait avec le chef ou président de la province, lequel résidait à Eauze, métropole de la Novempopulanie. Ce sénat avait à sa tète un ollicier romain qualiOé de comte , et une milice recrutée parmi les citoyens composait la force militaire de la ville. Augusia , comme toutes les cités romaines , était construite sur le plan même de Home. Son périmètre formait un carré oblong , entouré de murailles flanquées de tours de distance en distance.
L’introduction du christianisme à Augusia date de la fin du iii' siècle. Malgré la célébrité qu’elle avait acquise et l’importance que lui donnaient ses droits de cité , ce ne fut cependant que dans le iv‘ siècle qu'on en Gt un évêché, dont le premier titulaire connu est un prélat nommé Ciierius (313).
La domination romaine qui, dans l’origine, n’avait été acceptée qu’à contrecœur, eut cependant les plus heureux résultats pour la province. La ville d’Auch en ressentit surtout les avantages. La littérature, les arts y furent cultivés avec succès; le commerce et findustrie enrichirent les habitants. Ses environs étaient ornés de somptueuses villas. Des voies de communications, telles que les routes de ’foulouse et de Saint-Bertrand { Lugdunum Conrenarum ), reliaient entre eux les points les plus fréquentés de la Novempopulanie. Toute cette prospérité s’évanouit vers le commencement du v” siècle, pendant les invasions successives des Vandales, des Suèves, des Alains et des Goths, qui se livrèrent à toutes sortes de dévastations. S’il faut en croire la chronique d'Auch, la ville fut alors préservée de la fureur des barbares par l’intercession de Saint-Orens, son évêque.
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