LOMBEZ
*AMAVAm.
Le 21 mars de l'an 810, Raymond, duc d'Aquitaine, étant à Béziers, et attestant tous les hommes nés et à naître , St donation aux religieux de Saint-Tibèri d'un lieu qu'il appelait Lamberium, et qui était situé dans la Basse-Comminges. I.cs bons pères ne tardèrent pas à se mettre en possession : mais lorsque, leur charte à la main, ils furent arrivés sur le territoire donné par Raymond, et qu'ils virent l'admirable richesse, la ferlilitt' presque fabuleuse des plaines que baigne la Save , leur parti fut bientôt pris. En moins d'un an , les clochers d'une abbaye dédiée à Notre- Dame-de-la-Save s'élevèrent auprès d'un ancien oratoire qu'on disait renfermer les 08 de saint Mayan, l'un des premiers confesseurs du Christ. Les a'Iiqiies du saint, comme il arrivait toujours au moyen Age, et la douceur du servage abbatial attirèrent autour du nouveau monastère un certain nombre de colons. Pen-
t. iMpaiHtf. — Stralion , liv. ir. — Chronique ifaucA. — Mirj-Larnn , Histoire du Midi.
— Hiiloire saerie d'Aquitaine. — Cassissulcs, JVo«c< historique sur £<c(our«. — Filhol, Annales de ta vitte dAnch. — romm«n(atr0. de Montlue. — Faur)«l, Histoire de la Gaule miridionaie.
— AméOPc Thiarry, Hieloire dee Gaulois — D’Siplll;, IMcn'annair. des Gaules, — Art de véii/ler les dates.
Msscsciii.. — Arcblvesel bibliolb^quede la ville d'Aueb. M. Proi|>cr Lalfonnie, à qui nous devons celte notice, l'a eitnite d'un ouvrage bistori<|ue très-élcndu et d'une houle importance sur sa ville natale, auquel il Irataille depuis dis ans, et qui est conqiosé en grande partie sur les, pièces originales et les documents inédits conservés dans les archives de I1idlel.|le-ville d'Auch.
dant trois siècles, trois générations déserts ecclésiastiques et de moines travaillèrent obscurément, dans ce petit coin de la Gascogne , à défricher ces terres aujourd'hui couvertes de si belles moissons , à planter ces vignobles , l'orgueil de la ville moderne. Tant que leurs labeurs furent stériles, ils vécurent en pais ; mais lorsque les épis couvrirent les terres de l'abbaye , et que la grappe mûrit au penchant des coteaux du Savex, l'avide féodalité se présenta pour recueillir ce qu'elle n'avait point semé.
En 1125, Bernard I", comte de Comminges , éleva des prétentions sur les domaines de l’abbaye nouvelle, avec une telle vivacité que l’abbé, se sctilant trop faible pour les combattre, se vit forcé d'implorer l'appui du chapitre de Toulouse.
Il l'obtint immédiatement ; mais à condition de donner au chapitre l'abbaye et toutes ses terres allodiales. Moyennant cette cession , ratiOée solennellement par son flis Guillaume, ce qui prouverait que la chasteté n’était pas une de ses vertus, le chapitre et l’évèque de Toulouse embrassèrent chaleureusement sa défense , et les excommunications ne manquèrent pas au comte de Comminges. Les querelles de ce genre entre l'Église et la féodalité s'apaisaient difficilement , quand le temporel était enjeu. Celle-ci dura deux cent cinquante-neuf ans, et ce ne fut qu'en 1-284 que le comte Bernard, quatrième du nom, passa un compromis avec Sicard des Barthes, chanoine de l'église de Toulouse, et abbé de Sainte-Marie-de-Lombex, dans lequel il reconnut que le lieu de Lombez, avec tout son territoire, appartenait, comme un fief libre et de franc alleu, au chapitre de l'église de Toulouse. On détermina les limites respectives, et le comte de Comminges renonça , par cet acte, à toutes prétentions sur l’abbaye de- Lombez, qui se trouva enclavée dans ses domaines.
Trente-trois ans s'étalait écoulés, et les choses auraient suivi longtemps le train uniforme et doux de la vie monastique sur la rive gauche de la Save, si Jacques d'Ossa, de Cahors, ne fût parvenir à la chaire pontifîcale. Cet habile et sage prélat, qui aimait son pays, voulant ajouter k la force et à la splendeur de l'église gallicane, créa, en 1317, douze évêchés dans douze villes ou abbayes, parmi lesquelles était Lombez. Arnaud Roger, fils du comte de Comminges, qui en fut le premier évêque, devint le sulTragant du prélat de Toulouse, élevé, par la même ordination, à la dignité de métropolitain. Lors de cette création , en évêché , de l’abbaye de Notre-Dame-de-la-Save, Lombez n'était encore qu’un village. La bulle de Jean XXII y fit bdtir quelques maisons , et bientêt une circonstance funeste au pays groupa autour du palais épiscopal on assez grand nombre d’habitants. En 1355, le fameux prince Noir voulant ravager les terres du comte d'Armagnac « par cause que ledit counte d’Erminake estait cheveteyn des guerres de son adversaire, et son lieutenant en tu3 la pats de Lange de Okext, se mit à chevaucher outre Garonne, dévastant et pillant tout. Depuis que les Ribauds de Charles de Valois s'étalent tt refaits vers Gascoigne , en 1294, tuant tes vilains, despoillant les famés et mettant les misons en brèse > , la pauvre contrée de Lombez n'avait pas souffert aussi cruellement. C’est la torche et la lance en main que les Anglais arrivèrent sous les murs de Samatao ', ville qui leur parut aussi grande que Norvvich, mais où
I. SsmaUn pouédait alors le plus fort cblleau de la province. Cétalt la tcsidence ordinaire des
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