‹ Histoire des villes de France (volume 2)Chapitre 36 sur 119 · LOMBEZ · texte numérisé non relu

LOMBEZ

ils ne trouvèrent personne. I>es habitants l'avaient évacuée h leur approche et s'étaient rérugh^è Lorobv; quand le prince Noir eut passé, comuie devait rasé les villes et les forteresses jusqu'aux fondements, et qu'U aurait fallu reconstruire une grande partie, les fuyards de Samatan aimèrent *mieux rester où ils étaient, et [.ombez s'agrandit ain.si considérablement aux dépens de la châtellenie.

Tout porte à croire que ce fut vers ce temps que s’organisa la commune; dans i tous les ras, sa fondation ne pourrait remonter plus haut, car ce n’est qu'au "XV' sU'tIc que nous rencontrons les ronsuls de bombez pour la première fois aux r états- généraux du I^nguedoc, convoqués d'abord à Vienne, puis è Beziers, et ^ tenus enfin, en il30, à .Montpellier. Ces magistrats populaires assistèrent, trentesept ans plus lard, aux états qui se réunirent au Puy, et participèrent à l'octroi fait au roi de France de cent vingt-<leux mille livres. C'était leur dernier vote avec les municipalités du l,angiHflur : en 1V69, le di«K’èse de bombez fut sé|)ar#de cette province, et dut faire partie de la Guicnne, en verlu d'une ordonnance royale (outre laquelle réclamèrent vivement, mais en vain, les étals assemblés h Mont|K*llier, en tV7(>. Quinze prélats s'éUiient déjà succédé sur le siège épiscopal de l.ombez, et un d'entre eux, le célèbre Groslcy, l'avait quitté pour aller s'asseoir dans le sacré collège, en passant par l’abbaye de .Saint-lteriis et le conseil du roi de France, lorsque Konssel, Calvin et leurs discipleâ vinrent, sous les auspices de la reine de Navarre, prêcher la réforraalion en Gascogne. Messieurs les évêques , à ce que dit un conlem|K>rain, et « autres prélats des diocèses compris en ces sénéchaussées, ne demouruient en leurs sièges , sinon le moins qu’ils pouvoient, le revenu ecclésiastique s'en alloit loin d'icclui en lointaines n'-gions d'où jamais plus ne revonoit » ce qui Ht que le peuple , privé de pasteurs et trop souvent scandalisé du luxe de l'Eglise, prêta l’oreille aux discours des n'^ormateon. Toute paisible qu'était la cité de bombez dans son étroite enceinte, le venin de l'hérésie, pour parler le langage du temps, infecta les bourgeois : ils pensèrent tomme Calvin , et en furent punis comme l'amiral, lors de la Saint-Barthélemy. IK'plorables massacres politiques, dont on ne tira pas même le fruit qu'on s’en était promis, car aux boucheries parisiennes et aux sanglantes saturnalei de üuranti, à Toulouse, succédèrent partout des représailles aveugles et forcenées. Déjà , en faisant sa fameuse pointe sur le.Bt’‘arn, Montgommery, trois ans auparavant, avait pillé bombez; pour venger la mort de leurs frères, les protesbints, eu 1573, saccagèrent de nouveau la maliieureusc ville, pillèrent les églises et l'évêché, et teignirent les eaux de la ^vc du sang de tous les ecclésiastiques tombés dans leurs mains.

Deux cent seize années de paix cITaéèrent ensuite ces jours néfastes. Les trois d'Allis, Antoine Fagon, dont le père est encore célèbre dans les annales médicales, et François-FSerdinand de ba Mothe Fénelon , occupèrent de I5!)B à 1789 le siège épiscopal, •pendant que les toiisuls administraient leurs concitoyens à petit bruit ,

OüiHles (le Cooiinîuge^ : le chttean, blü ((ur la luoiilagne , dominait la ville qui est .vu fond d'iiiie vallée, et dont les tu. isons se groupeut sur les deux rives de la Save. H y avait à Samataii quatre églises niagiiiliqucs, un cauvenl de frères miueurs fondé par les (mmtes du Coraiidngcs, un autre de miulmes, une chaielleuic , des consuls et un lieuteiiaut du juge-mage, des arrêts dmiuel ou ue pouvait appeler qn't la stdlécliaussee de Toulouse. Ce u'est qu'après le ui* siècle que la ville se ronua autour de son cbtteau.

veillant sévèrement aux intérêts de la nimniunauté , et réunisaant une fois par an U coHseU potitique pour lui rendre leurs romptes, affermer la balle, et se plaindre des débordements désastreux de la Save. C'est au milieu de ces soins paisibles que vint les surprendre la grande révolution de 1789. Voici quel était alors l'état de l^ombez : sous le rapport administratif, il rcssortissait de l'élection de (xrmminges ; sous le rapport judiciaire , il dépendait de Samatan où était établi un siège de judicature royale. Le gouverneur militaire résidait à .Muret, et l'évéque était suffragant du métropolitain de Toulouse. Personne n'ayant à se pbiindre de cet ordre de choses, les élections aux états-généraux furent très-calmes. Sous la république, Lombez tomba ou rang de simple canton , et ressortit du district de l'islc- Jourdain. Dix ans après, en pluviôse an viii , cette ville obtint une sous-préfeetture, et en ventôse de la môme année, un tribunal de première instance. Malgré ces bienfaits, les habitants de l.ombczqui, une année auparavant, avaient envoyé des recrues à la petite insurrection royaliste de 1799, se moiitrèreut peu favorables au gouvernement de Napoléon, la chute de l'empire y fut célébrée avec le même enthousiasme que dans tout le midi de la France, et la révolution de 1830 y causa plus de snrprise que de transport de joie. l.omlirz s'applaudit d'avoir donné naissance è Hoqtulaure. Avant la révolution , la population de cette ville s'élevait ù 2,500 émes; elle est rikluile auiuurd'bui à 1,000; c'est environ trois cents de moins que Samatan où l'on en tsompte t,076.^'arrondissement, le cinquième du Gers, renferme 52,103 habitants. *-

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