MIRANDE
SXMO&KX. — XA8aS0BX.— BARHAMOH.
Vers la fin du xiii° siècle, en 1289, trois hauts et puissants seigneurs, Eustprhc de Beaumarchais , sénéchal du Languedoc pour le roi Philippe-le-Bel ; Centullc comte d'Astarac ', et l'abbé de Bcrdoües, se réunirent pour fonder une ville sur la rive gauche de la Baîse. Ils tracèrent d'abord au carrefour où venaient aboutir quatre chemins, une place, quatre rues coupant ses angles, et une enceinte à peu près carrée, percée de quatre portes. Comme la position est véritablement délicieuse, ils appelèrent, dit-on, la ville nouvelle [admirable, Miranda. C'est le sentiment commun , mais il serait bien possible que l’étymologie eût une autre origine. En 1062 ou 1063, le duc d'Aquitaine, Guillhem VII, après avoir relevé, dit l'histoire moderne du Midi, la bannière poitevine tristement pendante sur des tombeaux, voulut cueillir des lauriers moins impies et passa en Espagne à la tète d'une grosse armée. Une longue série d'exploits signala cette expédition , quoi que Sigebert en ‘ ait écrit; car, cent ans après, l'éloge de Guillhem se trouvait encore sur les lèvres des troubadours. Dans les belliqueux sirventes, chantés au son de la viole, on attribuait partout i Guillhem VII la conquête d'une des Miranda d'Espagne.
Heis coronalz que d'altrul pren liunnda Mal siegGuilhem que eonquèslor Miranda...
Roi couronné porlant livrée d’autrui
Imite mal Guilbem, le vainqueur de Miranda...
Ne serait-il pas possible que les trois fondateurs de Miranda eussent cherché à rappeler, en choisissant ce nom, l'un des plus brillants faits d'armes du siècle précédent? Un serait d'autant mieux fondé à le présumer que le souvenir des conquêtes ultra pyrénéennes de Guillhem devait plaire au cœur de Beaumarchais et du comte Centulle , tous deux hommes de guerre , et flatter en même temps l’alibc de Berdoües qui savait par tradition que le preux duc d'Aquitaine avait combattu sur l'Èbre pour la foi. Quoi qu'il en puisse être d'ailleurs, les remparts de .Mirande ne furent pas plutét bâtis que scs fondateurs se querellèrent. Eustache de Beaumarchais prétendait que le roi de France avait le droit d'étahlir un bailli dans la
t. Ce mot est composé de deox racines hétérogènes exprimant exactement la même Idé^ ; atta et rakia. La première est basque et signiHe rocher ; la seconde est grecque et veut dire la mémo chose. Il faut donc supposer, ou que la seconde n’est que la traduction de la première, qui lui est restée accolée par l’usage, ou que les Grecs conservèrent le premier radical atta, pour ne |ias blesser les populaüons Ibères, et rexpliquèreut|>ar le motqui lui correspond dans leur langue fv/li.
jeune cité , Centulle et l'abbé de Berdoües soutenaient vivement le contraire. Le I
comte alléguait pour motif que Mirande faisant partie de l'Astarac devait ressortir '
de sa haute justice , et qu’il défendait les droits de ses successeurs : quant è l'abbé de Berdoües il avait, pour appuyer les réclamations des Centulle, une raison non moins forte et qu’il ne disait pas. Cette raison , que son successeur fit valoir plus tard , car le débat , entre les sénéchaux et les comtes , dura trente-deux ans , on la connut lors de l'érection en évéché de l'abbaye de Lombez. Les Bernardins du Vieux-Clottre de Berdoües avaient compté sur la même faveur : l'abbé rêvait une mitre épiscopale, et, sans l'opposition du métropolitain d'Auch qui protestait avec chaleur contre le démembrement de son diocèse, le pape Jean aurait comblé leurs . i
vceux. Mirande devint en naissant la capitale de ces valeureux comtes d'Astarac J
dont le nom brille sur les plus belles pages de notre histoire. Douze d'entre eux i
avaient déjà vécu lorsqu’elle fut fondée. Depuis Arnald , Nonnat ( non né ) qu'on appelait ainsi parce qu'il avait fallu l'arracher avec le fer des flancs de sa nlère morte , jusqu'à Centulle lit l’époux d'Assalide d'Albret , Gardas Arnald , Arnald II, |
Guilhem Sanche, Bernard, Sanche II , Boémond, Guibert, les deux premiers Centulle et Bernard leur troisième frère portèrent successivement, du ix'au xiii* siècle, la couronne comtale. Dans l'épaisse nuit de ces quatre cents années , trois événements apparaissent seuls à la lueur douteuse des chroniques. I.e premier est la ~ |
querelle de Guilhem avec l'Eglise, ou plutêt l'archevêque d’Auch qui, en l'accablant d'anathèmes, parvint en ^ à lui faire quitter sa parente qu'il avait épousée.
Le second fut la part glorieuse que prit Centulle I*' au mémorable combat de Las Navas contre les Maures ; et le troisième l'appel poétique adressé en 1284 par le roi d'Aragon Pedro III aux Gascons et aux Agenais pour les supplier d'empêcher les fleurs de lis de passer la Loire. Appel que le brave comte de Foix releva dignement pour lui et les Gascons en ces termes :
Le Français, qui n'a pas d'égal au taonde
Pour le grand ooenr, la force, le savoir e( le Bourguignon,
Livreront bientôt les eacommiinlés ii Rome Et ceux qui se réclameront du roi d'Aragon Seront jetés dans le feu ardent Et leurs cendres lancées au vent ' .
l'rente-six ans étaient passés sur ce débat de l’.Aragon et de la France qui se rattache à la sanglante date des Vêpres Siciliennes , lorsque les habitants de àlirande ,
virent du haut de leurs remparts arriver une multitude innombrable et confuse que guidaient un prêtre et un moine. C'étaient les Pastoureaux nés du désordre '
des guerres civiles , qui allaient brûler cinq cents juifs dans la tour de Verdun.
Quand les flammes allumées par ces insensés furent éteintes , le vieux foyer des guerres anglaises s’embrasa plus ardent que jamais. Philippe de Valois ayant attaqué Edouard en 134.'i, le comte de .Mirande se rangea des premiers sous la bannière de la France, et chevaucha vers la Dordogne avec les chevaliers qui allaient en défendre le passage contre Derby. Ce fut en mémoire de cette expédition et
t. E tuit brutal seran
t, lor ceoUres giutz al veo 86.
(Haauscrita dn rot, d* fol. IM. )
MtaANDE. 297
d'antres semblables qne le Pribce Hoir ravagea l'Astarac dix ans après, et y brOla ces cinq cents métairies que l'historien anglais Lingard appelle fort improprement des villes. A partir de cette époque, comme auparavant, les habitants de Mirande restèrent toujours attachés de ccenr au parti français. En 1410 ils portaient la croix blanche ; en 1422 ils soutenaient la cause désespérée de Charles VI! ; en 1435, quoique les fameuses compagnies, conduites par un des bétards de leurs comtes, ravageassent le pays, ils faisaient frontière contre les Anglais; en 1442, ils étaient à Tartas on l'Angleterre devait combattre ; et en 1453 à Castillon où elle fut vaincue. A cette grande et décisive journée , le comte d'Astarac figura avec ses soixante-six hommes d'armes, pour lesquels il touchait neuf cent .soixante livres de gages par mois. Les cinq comtes qui se distinguèrent par leur bravoure et leur dévoüment à la France pendant cette longue période s'appelaient Bernard lit , Bernard IV, gendre du comte de Comroinges , C.entulle IV au nom duquel avait d'abord gouverné Cécilia sa mère, Jean sou Ois l'époux de Mascarosie de la Barthe, et Jean II le beau-père de I.autrec de Foix.
Après l'expulsion des Anglais on eut cent dix-sept ans pour respirer; les comtes d'Astarac se querellaient bien de temps en temps avec leurs voisins de Fezenzac et de Comminges, quoiqu'ils fassent tous parents; mais ces débats ensanglantaient rarement les armes. Il n'en fut pas de même à l'apparition du calvinisme. Par suite des révolutions violentes qui avaient balayé du sol la maison d'Armagnac, le comté de ce nom étant échu à la dynastie de Foix et ensuite i celle d'Albret, l'Astarac se trouvait incorporé, dés le xvi* siècle, au royaume de Navarre. Mirande eut donc i soutfrir des guerres religieuses qui désolèrent le pays jusqu'à l'édit de Nantes. Le meurtre et les ravages expiraient, à la vérité, an pied de ses remparts, qui défendirent toujours leurs habitants ; mais le territoire de la ville et les champs de ses citoyens ne portèrent que trop souvent les tristes marques de la flamme et du fer. En 1562, on vit passer plusieurs fois le farouche Montluc, et quand il revenait , les chevaux de ses bandouliers eq>agnols pliaient sous le butin, et les casaques jaunes de ses archers étaient teintes de sang. Qu'il couchât dans un lieu suspect , à Sauveterre , par exemple , il faisait pendre avant de s'endormir quinze ou seize huguenots, « sans despendre papier ni encre et sans les vouloir écouter, car ces gens, dit-il , parlaient d'or. » Les habitants de Mirande eux-mémes étaient complices de ces cruautés. En 1569, en effet, le comte d'Astarac suivait Montluc avec une leste et brave compagnie d'hommes d'armes , et il n'épargna pas sans doute, plus que les autres capitaines, ces quatre cents malheureux qu'on massacra l'année suivante dans les vignes de Masseube. Malgré ces massacres, toutefois, le protestantisme, qui avait poussé de profondes racines, sunècut à Montluc, aux dragons même de Louis XIV ; mais quoiqu'il se maintînt florissant dans les murs voisins de Condom, Lectoure et l'isle en Jourdain, jamais il ne put s'introduire à Mirande, et il n'y comptait que de rares adeptes au moment où éclata la révolution.
Voici quel était alors l'état politique et religieux de la ville. Capitale de l'élection d’Astarac, Mirande comptait 1 ,000 âmes de population , et avait dans son ressort une dizaine de petites cités, dont les principales sont : Masseube, Bassoües, Tournay, Saramon , Castelnau de Barbarens , et l’Ile d’Arbechand , aujourd’hui de Noé. L'élection renfermait sept abbayes, parmi lesquelles quatre surtout, Berdoües,
de l’ordre de Saint-Bernard, et Saint-SéTcr; Simorre et Sarramnn, de celui de Saint-Bcnolt , jouissaient encore d'une grande célébrité. Il y avait i Mirandc un siège de Justice royale , ce qui prouve que les officiers de la couronne avaient fini par accomplir leurs projets , deux autres pour le comté de Pardiac et la baronnie de Barbnzan, et un siège de justice seigneuriale à Masseube, appartenant au duc de Roquelaure, héritier des comtes d'Astarac, par les Candale et les d'Épernon. En 1790, l’élection de Mirande se fondit avec celle d’Armagnac et le bailliage du Condomois , pour former le département du Gers ; l’Assemblée nationale Qt alors de Mirande un district que le premier consul changea, le 21 ventôse an viii , en sous-préfecture.
Cette sous-préfecture, la troisième du département, comprend dans sa circonscription administrative 84,633 habitants. Cependant, et bien qu’elle se trouve au point de jonction de quatre routes , et qu’elle ait toutes les facilités du monde pour écouler ses laines et les produits de ses tanneries, Mirande n’a point vu s’accroître d’une manière très-sensible la prospérité qu’elle devait à l’excellente administration de l’intendant d’Etigny. Malgré son vieux titre d’ancienne capitale de l’Astarac, et ses privilèges de chef-lien d’arrondissement, elle ne compte aujourd’hui que 1 ,600 Mmes. Masseube , qui contient 2,008 habitants , dépend de celte sous-préfecture; mais les bourgades de Saramon et de Simorre, l’une renfermant 1,^8, l’autre 1,780 âmes, n’en font pas partie. Si la ville de Mirandc, élégante et bien bâtie , offre toujours l’aspect riant qui lui valut son nom , d’après le commun des étymologistes , sous le rapport moral elle laisse encore étrangement â désirer , en dépit des travaux de sa société d’agriculture. C’est sans doute à ce long sommeil de l’intelligence mirandaise à ce dédain, trop grand, peut-être, de tout ce qui touche aux choses de l’esprit, qu’il faut attribuer la disette d’hommes remarquables qu’on a toujours signalée A Mirande. Ainsi, pour rencontrer quelques-unes de ces illustrations qui ennoblissent un pays , on est forcé de reculer dans le passé d’au moins quatre siècles. Là , sans parler de la valeureuse rare des comtes d’Astarac, on trouve les deux plus braves champions de la nationalité française : La Hire et Pothon de SaintraiUes , qui, si nous en croyons les traditions et la chronique, naquirent sous Mirandc. I.e courageux maréchal de Termes avait également vu le jour auprès de ses murs, et à deux lieues du clocher de sa collégiale, dans le vieux manoir de l’Ile d’Arbechand, vint au monde cet aimable et savant évêque de I-escar, aussi bon helléniste que célèbre prédicateur, qui aurait suffi seul pour jeter du lustre sur la famille de Noé dont, jusqu’alors, il n’était sorti que des militaires. '
1. Oüienari» i4ffaraceri<fi tt Pardiacentes rotntf^f. Allafcrra , Arrwm ,<49ui(anic.; Uitloirt du Midi de la France^ t. ii. — Maniiscrils de la Bibliothèque du roi » n« 7Ü5, col. 1, et de l’Arfenaly co|iies de Sainte>E^ila>e, M. ü. fol. 799» — Grandet rhroniqaet de Saint-Denis. — Manu- Miits de M. Foucatild. — romm«n/atr«t de BiaiMt Moiiüiic. — Archives de Caneienne généralité de Monlauban^ èiecüun d'Astarac. — Manuscrits de la bibliothèque royale, fonds Cangé, Mf.— OEuvres de révique de /.esear.
TARBES
Tarbes, en latin, Turbo ou Tarba, était, sous l'administration romaine, le cheflieu d'un des neuf peuples de la Novempopulanie et renfermait dans son enceinte un petit château-fort que les notices de l'empire désignent par le nom de Bigorra [ Turbo, ubi cottrum biÿorra ), soit que ce nom lui vint des Higcrri ou Bigerrones, habitants du territoire de la cité, soit au contraire qu'elle leur eût donné le sien. Comme la plupart des cités de la Gaule , celle des Bigorrais n'avait pas son ressort borné à l'espace compris dans ses murs; tout à l'entour, il y avait des bourgs (Wci) relevant de la curie de Tarbes et habités par des peuplades agrégées aux Bigorrais : c'étaient les Tomates, les Campons, les Onosubates, les Crebennes, où le célèbre rhéteur Paul Asius, llami d'Ausone, avait sa maison de campagne. La forteresse de Bigorra avait servi, avant la conquête , de point de ralliement à toutes ces peuplades , et de lieu d'abri pour y mettre leurs effets les plus précieux en temps de guerre. Lorsque Crassus eut porté les armes romaines sur toute la ligne des Pyrénées, le château-fort devint la résidence d'un chef militaire de l'empire qui eut une milice bourgeoise sous ses ordres. I-a Bigorre n'eut point d'histoire particulière tant que l'administration romaine fut en vigueur dans les Gaules. On sait seulement que les sources thermales du pays furent connues des Komains et que ces conquérants du monde pénétrèrent jusque dans les endroits les plus inaccessibles des Pyrénées.
Les historiens de la Bigorre ne déterminent pas i quelle époque le christianisme y fut introduit, il parait que déjà sous l'empereur Julien un noyau d'Église chrétienne s'y était formé; car ce fut vers ce temps que saint Girin fut décollé sur les bords de l'Adour, et que périrent Séver et Savin, deux des plus illustres saints de la province La mémoire de l'un et de l'autre fut consacrée par la fondation de deux puissantes abbayes, où il s'opéra beaucoup de miracles. La Gallio Christiano nomme saint Justin comme premier évéque de Bigorre (vers l'an ^20). Dès lors les évêques de Tarbes devinrent suffragauts de l'archevêché de N'ovempopuiauie , dont le siège était à Eause.
Les Vandales, les Alains et les Suéves ne firent, au v< siècle, que traverser la Bigorre; les Goths en demeurèrent quelque temps possesseurs; après la bataille de Vouillé, elle passa aux mains des Franks. Ceux-ci, toutefois, ne s'établirent pas en grand nombre dans ces contrées montagneuses, et leur influence fut presque nulle sur les moeurs et les lois des Bigorrais. 1-es Sarrazins laissèrent moins de traces encore dans le pays ; battus dons les plaines de Tours , une nouvelle et sanglante défaite acheva de les rejeter au-delà des monts. Une tradition attribue cette glorieuse victoire sur les infidèles à un prêtre de Tarbes nommé
Hissolin, qni, raæemMaot à la hAte las Bigorrais exaspérés de leurs pillages, fondit avec eux en masse sur les barbares dispersés dans la campagne, et en fit un effroyable carnage. La plaine où eut lieu le combat (entre Ossun et Loney] a conservé le nom de Lanne ifaurine, ou Lande des Maures. Le laboureur , en retournant la terre, y découvre encore aujourd'hui des ossements. Avant la révolution de 1788, on voyait è Acisac une grossière statue équestre de bois représentant le saint guerrier Missolin : chaque année , le 24 du mois de mai , l’image do libérateur était couronnée de fleurs et de verdure par les jeunes fliies du village, et des hymnes populaires étaient chantées 4 sa louange. Les Sarrazins échappés au carnage, n'eurent d'autre parti à prendre que d'embrasser le cbristianisroe ; et ils furent, suivant l'opinion de beaucoup de savants , les ancêtres de ces Cagoth$ des Pyrénées dont nous avons parié ailleurs. Nommés aussi ChnsHtu ( de chrétiens, par une sorte d'antiphrase ) , ils restèrent entachés de leur origine pendant tout le moyen âge. On conserve également dans la Bigorre le souvenir du passage de Charlemagne et de ses preux revenant de combattre les Maures d'Espagne. Les paysans ne manquent point de montrer à l'étranger la fameuse brèche de Roland, large issue que le terrible paladin, fùyant de Roncevaux, s'ouvrit, disent-ils, avec son épée dans les rouraiiles de Marborée; et ils font voir clairement l'empreinte laissée dans le roc par le pied ferré de l'hippogriffe, lorsque , s'élançant à travers la brèche, le fabuleux animal vint s'arrêter de ce cété-ci des Pyrénées, après avoir franchi une dishmce de quatorxe lieues.
An commenc«nent du ix' siède, Lonis-le-Débounaire reçut en grâce les deux arrière-petits-flls du duc Loup, qni avait préparé et consommé la défaite de Roncevanx à la tète d'un fort parti de Vasœns, et qne Charlemagne avait faM pendre. Lonis-le-itébonnaire donna en Bef à l'un d'eux , nommé CentuHe-Loup , la vicomté de Béarn, et â l'autre, Dorat-Lonp, la comté de Bigorre. Celte province , enclavée jusque 14 dans le duché de Gascogne , reçut dès lors une circonscription territoriale propre de ses princes héréditaires, et releva directement de la cmironne de France. Une nouvelle et dernière invasion , celle des Normands, détruisit tous ces essais de constitution et d’existeace individuefle. Les cmnpagnes Rirent ravagées : Tarbes, ruinée de fond en comble, n’offrit plus qu’un monceau de débris calcinés par les flammes. On peut voir dans une bulle du pape Jean VIII , à quels excès, à quel relâcheroent de toute morale la misère et la dépopulation générale du pays entraînèrent les habitants réfugiés dans les bois et dans les landes où ils menaient une véritable vie de sauvages. Enfin, an milieu du x* siècle, Raymond I” reconstitua définitivement le comté, et rebâtit les murailles de Tarbes. C'est tout ce que nous apprennent sommairement les nombreuses chartes données par ce comte.
rmi les fondations rtiigieuses de Raymond I*', celle de Saint-Pierre ou de rSoint-Pé de Génères occupe un rang important dans l'histoire de Bigorre. Le monastère de Saint- Pé, qui devint le noyau d'une ville existant encore, fntbâti en 1036 per Sanche Guillaume, duc des Gascons, avec le consentement de deux seigneurs de la vallée de Lavedan qui en possédaient l'emplacement et qui reçurent en indemnité, l'un son affranchissement avec quatre chevaux et une cuirasse, l'autre l'affranchissement pur et simple. Ce monastère étant situé sur la frontière des comtés de Higorre et de Béarn , les deux comtes vinrent jurer de s’en consti-
TARBES