MIREPOIX
Une destinée étrange semble avoir été réservée dans nos annales à la ville de Mirepoix. Son histoire ne se compose guère que du récit des désastres qu’elle a essuyés et des efforts qu’elle a faits successivement, sur l’une et l’autre rive du Lers, pour relever ses ruines.
Mirepoix, si l’on en croit quelques écrivains, existait déjà, sous un autre nom, à l’époque de la domination romaine dans nos vieilles Gaules , c’est-à-dire au commencement même de l’ère moderne. Elle était alors le principal foyer de l’un des peuples qui , an dire de Piine , occupaient le versant septentrional des Pyrénées. Donner à Mirepoix une pareille antiquité, c’est la faire remonter au temps des Celtes ou des Ligures ; car rien, dans la tradition ni dans l’histoire, ne nous apprend qu’elle soit sortie d’une colonie romaine. Quoi qu’il en soit, si Mirepoix existait, en effet, dans ces temps reculés, elle ne tarda pas à disparaître. Elle fut emportée sans doute par le torrent de ces invasions germaniques qui couvrirent le Midi au IV* et au V* siècle , à moins qu’on n’aime mieux admettre qu’elle s’effaça sous les pas de ces nombreuses bandes sarrasines qui, deux siècles plus tard, signalèrent si cruellement leurs incursions à travers nos provinces méridionales.
Sans repousser complètement ces conjectures, il est peut-être plus exact de dire que les commencements de Mirepoix ne datent que des premières années du XI* siècle. Toutes les principales villes du comté s’élevèrent à l’ombre d'une abbaye ou d'un château. Nous avons rencontré l’abbaye à Pamiers et à Foix; ici, c’est le château qui nous apparaît d’abord. Les premiers documents qui nous en parlent ne remontent pas au delà de 1062. Il fut bâti au haut de la colline qu’il domine en-
1. llit(oire générale du Languedoi ^ par 1). Yaisscuc. ~ de Béarn et Navarre t
par ülhagaray. — Gallia Chrietiana. — Uistoire du Midi de la France, par Mary-Lafon.