‹ Histoire des villes de France (volume 2)Chapitre 64 sur 119 · On apiwllc encore eo ufTet les habiunts CoMiaO · texte numérisé non relu

On apiwllc encore eo ufTet les habiunts CoMiaO

GUIENNE

leur camp le plus sileudeuseroent possible, pour ne pas alarmer les Gotbs, qui, au lever du soleil, en marchant à l'assaut, aperçurent, avec un étonnement mêlé de rage les remparts de Basas couverts d'une foule immense attirée par l'étrangeté du spectacle, et leurs perfides alliés, rangés en bataille sous la ville, derrière une double ligne de bagages et de cliars. Furieut de la trahison de Goar, mais ne jugeant pas prudent de la punir, Ataulf battit alors en retraite.

Avant le concile d'Agdc, nous ne trouvons pas de preuves certaines de l'établissement du christianisme à Basas. Vers 5UB, seulement, lorsque toute l'Aquitaine était rangée sous la domination des Goths, on rencontre un évéque nommé Sextilius, ce qui semblerait prouver que la chute du paganisme dans une ville nécessairement toute païenne- ne pouvait être de beaucoup antérieure à cette époque. Ce fut sous le pontificat de Rufus, son successeur, que Genseric prit la ville d'assaut. Cent trente-cinq ans après, en 588, les Franks d'Arembert ou de Chadwin, allant essayer de comprimer l'insurrection générale des'Vascons en Novempopulanie, 'paraissent avoir brûlé Bazas. Quant à ce qui concerne les Sarrasins, en 732, le doute n'est pas possible. Dans cette course fameuse d'Abd-el-Kahman, les Arabes, après avoir ravagé, comme une nuée de sauterelles, les vallées pyrénéennes, la Soûle et la Gascogne, se dirigèrent au galop sur Bazas et le saccagèrent. Les églises furent détruites, les clochae brisées, les maisons livrées aux liiimmes. Ixs Sarrasins furent bientèt suivis par les Normands. En 8t7, la bande d'Hasting s'abattit suV Bazas et D’y laissa, en le quittant, que du sang et des ruines. Exposée pendant près d'un siècle au même désastre, Tinfortunée ville d'Ausonius aurait eu grande peine à se relever, si vers 977, Gombald, qui possédait en partage le duclié de Gascogne avec Guilhem Sanche, son frère, n'eût trouvé convenable, après la mort de sa femme, de se faire évéque de Bazas. Seulement, comme un seul siège épiscopal ne pouvait suffire à un homme de sa naissance, il y ajouta celui d'Agen. Or, ses successeurs, s'autorisaut du précédent, et en abusant, selon l'usage, au lieu de deux en prirent six : ceux do Bazas, d'Aire, de Dax, de Bayonne, d'OIéron et de Lescar. Ce cumut dura deux cent cinquante ans, et ne fut aboli qu'en 1057. Vers la 6n du xi* siècle, en revenant de prêcher la croisade à Clermont , le pape Urbaiu s'arrêta quelques jours à Bazas et y èleva la voix contre h méchanceté des hommes ( malitiam hominumi. Cependant, quoique Dieu sembldt annoncer sa volonté par la bouche de son vicaire, les barons gascons ne paraissent pas s'être laissé prendre au piège de la première croisade. Il en fut autrement lors de la prédication de la seconde. Entraîné par les conseils de saint Bernard, le seigneur de Tontoulon sous Bazas engagea ses terres et son donjon pour aller défendre en Orient la cause sainte. Sur hi foi du prédicateur de Vézelai, il croyait voler de triomphe en triomphe; aussi, quand il eut perdu ses hommes, scs chevaux, scs équipages, et qu'il se vit à pied et presque seul dans les déserts de la Palestine, la fureur le saisit, et il se mit è lancer des flèches contre le ciel. Haimond, son évêque, l'ayant surpris dans cet exercice et lui en demandant le but ; Je puais Dieu, répondit-il tout en colère ; j’ai tout sacrifié pour lui, et l'ingrat m’abandonne.’ Cédant toutefois aux supplications du prélat, il consentit b accorder une trêve à Dieu pour qu'il pût réparer ses torts.

Si les croisades étaient une délivrance pour l'Église, elles étaient aussi quelque-

' lesparre;

fois un grand bonheur pour les cités, en les privant pendant quelque temps de leurs évéques, aussi turbulents que les barons. DéjA, en 1 136, Bazas avait failli être brillé entièrement à la suite d'une contestation sur les limites de leurs diocèses, survenue entre son prélat et celui d'Agen. En 1137, un débat tout à fait temporel arma l'évêque Fort contre Ainanieu d'Albrct et lit couler le sang des paisibles Razadais. Mais, grdee au courage des chanoines, qui avaient ceint l'épée pour leur prélat, après deux ans de guerre ouverte .\manieu demanda la pai\. Ces querelles partielles n'étaient, au reste, que le prélude du grand combat qui allait s'engager entre l'Eglise et la féodalité méridionale. Ouoi<|uc l'habile diversion des croisades eût retardé d'un siècle cette lutte à mort, il fallait qu'elle eût lieu. Les barons et les clercs se sentaient fatalement poussés les uns contre les antres, et lorsque la croisade des Albigeois donna le signal, chacun était prêt. A l'instigation de leur évêque Gualard, les Razadais jouèrent un râle dans ce drame lugubre, et accourant è marches forcées, en 1-209, eurent le temps de prendre part à la tuerie de Béziers.

Sans cette fureur de fanatisme, (|ui enivrait alors les meilleurs esprits, l'épiscopat de Gualard eût été sans reproche, car il prenait au sérieux sa Ulclie de pasteur, et quoique Bazas appartint, avec toute la Guienne, an roi d'.Anglelerre, fort jaloux de son pouvoir, il ne craignit |>as d'excommunier publiquement ceux de ses ofliciers contre lesquels le |>euplc élevait des plaintes.

En 1243, Henri III , le successeur et le fils de Jean-sans-Terre, vint passer It-s fêtes de Noël à Bazas, et combla de présents le clergé et les citoyens notables. Voici, du reste, dans quelles limites l'autorité royale s'exerçait dans celte ville. Quand le roi d'Angleterre jugeait à propos d'y venir, tous les citoyens étaient tenus de lui jurer fidélité , sauf les droits de l'église ; le roi, de son cûlé, ou à sa place le sénéchal, devait jurer d'élre bon et loyal seigneur aux citoyens, de maintenir leurs privilèges et de les protéger contre toute vwlence. la; service militinre ou rhevuur/(é« était dû au roi à raison d'un bomiue pur maison. Il avait la faculté, quc'la guerre fût juste ou injuste, d'entrer en armes dans la ville, d'y mettre garnison , guette aux clochers, et de prendre les clefs des portes. Aussitôt que le roi avait publié son ban et que le crieur de la ville le proclamait à son de trompe, il fallait prêter le serment entre les mains du sénéchal et partir. Ià)mme presque partout, et particulièrement depuis que le duc de Gascogne s'était fait, en 977, évêque de Bazas, la seigneurie de la ville appartenait à l'évêque et au chapitre. Les rois d'Angleterre, qui voyaient cet état de choses de très mauvais œil, s'elTorcèrent de lu changer, et finirent par atteindre leur but dans les dernières années du xiii* siècle.

En 128:1, une transaction intervint entre le roi Edward, l'évêque et le chapitre. Pons de l'isle, tloyen de Saintes, et le prélat d'Aire, choisis pour arbitres, décidèrent, au nom de la Sainte-Trinité, que l'évéque et le chapitre de Bazas devaient céder et donner A perpétuité au roi d'Angleterre la moitié de la juridiction de la > ville. En vertu de cet accord, le roi eut son prévôt et l'évêque le sien. La cession s'accomplit moyennant la somme de trois mille livres bordelaises L'évêque, le chapitre et le roi s'étant chacun fait la part qui lui convenait dans cet arrangement, s'en eontenlèrenl pendant un demi-siècle ; mais les Bazadais, qui n'avaiciil pas lieu de s'en applaudir, voulurent aussi avoir leur tour, et, profilant des embarras des Anglais et de la faiblesse ilu chapitre, ils réclamèrent la liberté. En t.'GU, sans II. 49

GL'IENNE.

qu'il fût besoin de les y contraindre par les armes, les seigneurs ecclésiastiques de Ilazas consenlirent à l'établissement d'une Jurade, taillée sur le patron de celle de Bordeaux, et composée de quatre jurats, qui devaient être désignés au nombre de huit, par leurs collègues sortants, au choix du prévôt royal et du prévôt du chapitre. .\près leur élection, ces magistrats prêtaient serment entre les mains du sénéc^hal du Bazadais et nommaient un syndic, un notaire, un secrétaire, un avocat et un procureur pour l'expédition des affaires de la ville. Les jurats avaient la garde des clefs, ils devaient faire réparer les fortifications, prélever les droits établis sur les marchandises, et accorder les permis pour passer le vin étranger. Le conseil de la commune, auquel ils étaient tenus de s'eu référer dans plusieurs cas, se composait de quarante prud'hommes.

Tel était l'état politique de Bazas au moment où éclata, dans sa plus grande force, le feu des guerres anglaises. Pris et perdu par les Français de 1342 à 1370, 'ri retomba postérieurement entre les mains de Duguesclin et resta à la France jusqu'en 1 423, époque où une levée en masse de Bordelais, conduite par le sénéchal JohnTyptof, le remit sous le joug anglais, l'n chevalier, nommé Kadcliff, fut chargé de la garde de la ville, et céda bientôt ce poste important par sa position en avant de Bordeaux, à Gaston-de-Foix, qui reçut , avec cette marque spéciale de confiance , trois mille saints d'or pour réparer les fortifications. Gaston était un vaillant homme de guerre, et pourtant il se laissa enlever sa ville par les routiers de Rodigo de Viliandraut, le plus célébré capitaine de ces compagnies. Il y était rentré l'épée à la main en 1424, et avait arboré de nouveau la bannière anglaise, qui fut déGn'itivement aliattue, en 1 442, par le comte d'OrvaL Dévoués dés lors à la France, les Bazadais combattirent avec courage, sous les ordres du noble comte, fhonneur étemel de la maison d'Albret, et ils étaient à la bataille de Bordeaux où le dernier coup fut porté à la puissance britannique. Ni Charles VTI ni ses successeurs ne reconnurent ces incontestables services : Bazas , trop loin du centre, tomba dans l'oubli de la royauté et dans la disgrâce des distributeurs de ses faveurs. Aussi rien ne venant l'aider à réparer le malheur des guerres civiles, la cité, que ses habitants délaissaient pour Bordeaux , était tellement déchue à la Qn du xv* siècle, que le prévôt ne pouvant pénétrer dans le palais de justice, tombé en ruines, se vit coptraint de tenir scs assises au pied d'un antique ormeau du forail. A peine les foires établies par une ordonnance de Charles VIII, dans le faubourg de Paillas, y avaientelles ramené un peu de mouvement et de vie qu'une peste affreuse , inaugurant bien douloureusement le svi' siècle, vint recommencer ses calamités.

A la peste succéda ensuite le Déau des guerres religieuses. Entraîné par les prêches du carme Solon, le peuple, qui ne connaissait que de nom son évêque Jean de Plas, toujours employé dans les ambassades, adopta les Idées de la réformation avec un empressement que hâtaient encore, en paraissant le justifier, les scandales du clergé. Selon son usage, une fois maître du terrain, le protestantisme devint violent. Appelant à leur aide les huguenots de N'érac, ceux qui professaient le calvinisme à Bazas s'insurgèrent dans la nuit de Noël 1561 et saccagèrent si furieusement la cathédrale qu'il n'y resta pas une statue de saint ni un autel debout. I.a profanation fut complète, mais rigoureusement punie plus tard, var on mit en croix ceux qui en avaient eu l'idée. De ce moment jusqu'à l'avénement

LÈsr,\nnK

d’Iîenri IV on n' entendit plus à Binas que le tocsin ou le choc des armes. Repris par les protestants, évacué par eux é l’approche de Montluc, livré, en 1576, par le gouverneur Favas aux soldats du roi de Navarre , qui vengèrent leurs pères crucifiés en vversant des torrents de sang, devenu l'un des boulevards des ligueurs vers 1586, dévasté par l’atTreuse peste de 1606, Baias ne vit luire quelques jours sereins que dans la courte période qui sépara les guerres religieuses de la fronde. Au commencement de 1650, poussés par cet instinct irrésistible d'opposition qui était passé depuis si longtemps dans le caractère national et dans les mœurs des Oascons de la Guienne , les Razadais se déclarèrent pour le parlement ; mais le fils do duc d'Épernon s'étant présenté devant la ville avec une petite armée, ils s’en tinrent à cette manifestation. L'ordre ne fut plus troublé dès lors que par un long procès des jurats et de l'évèque au sujet de quelques prétentions féodales, procès qui durait encore quand survint la révolution.

A cOté de Bazas et dans son diocèse, se trouvent deux petites villes qu'il est impossible de passer sous silence, l'une à cause de son antiquité, l'autre à cause de la part qu’elle a prise aux luttes anglo-françaises et des hommes qu’elle a vus naître; nous voulons parler de Langon et de Villandraut. Dès le iv siècle I.angon, alors appelé Alingo, était un port très-fréquenté et la station ordinaire des barques romaines et gallo-romaines qui descendaient à Bordeaux des plateaux cadurques, du pays des Tolosates et des villes baignées par l'Égircins. Ix poète Sidonius se plut en son temps à laisser h la postérité l'éloge des charmes qu’il oflTrait aux voyageurs du V* siècle. En vain, selon son témoignage, on leur envoyait de Burdigala (Bordeaux] des maisons navales, ornées de tentes, les patriciens de Novempopulanie oubliaient, pour les coquillages et surtout javur les lamproies de Ixngon, les piliers de Tutèle et les délices du cirque de Gallien ; il est vrai que les lamproies langonnaises jouissaient d'une si grande réputation que six cents ans plus lard les bons chanoines de Saint-Seurin vendaient la seigneurie de la ville (vour douze de ces poissons, donnés tous les ans le jour des Rameaux. Saccagé par les Normands au ix' siècle, Ixngon porta une partie du poids des guerres anglaises. Vassaux du comte d'Armagnac, ses habitants penchaient vers la France. En 1215, t29'v et 13W ils ouvrirent leurs portes aux Français. Vers la fin de la lutte cependant la seigneurie de la ville étant tomWe dans la maison de Orailly , dévouée de cœur è l’Angleterre, les Ijingonnais parurent mieux disposés en faveur de leur roi d’outre-mer, ce qui ne les empêcha pas de devancer la défaite de Talbot en appelant dans leurs murs, avant la journée île Castillon, l'énergique champion des lis, le comte d'Armagnac, leur seigneur. IMus qu'une autre ville de la Guienne Mngon fut, à cause de sa position, ravagé par l'ouragan des guerres civiles de la réformation et de la fronde. De 1562 à I6!i9, protestants et catlioliques se succédèrent quatre fois devant scs murs le fer et le feu à la main : Montgommery, après Gandale, en 1560; les frondeurs bordelais, après Montgommery, eii 16’»9 ; après les frondeurs de Bordeaux le prince de Conty, qui faillit ruiner la ville, en 1651, et en chassa U» liabitants, et enfin après Conty d'Épernon.

En 1789 Langon , qui salua la révolution avec enthousiasme , possédait encore sa commune et sa Jurade, dont rétablissement dotait du xiii’’ siècle. Situé sur la rive gauche de la Garonne , au nord de Baias, il s'élève au-dessus du fleuve dans une

Dioitir : by f -

r.riENNE.

rcinture de vietiT mars, débris des constructions de toutes les époques. En parcourant la ville on y retrouve les traces de ses trois enceintes, qui comprenaient, ainsi que l'ont démontré les recherches de l'archéologue l.arargne, la première, la rue Saint4'icrvais, l'hétel-de-ville et la rue du Port, la seconde tout l'espace qui s'étend de la rue du Port à la porte de l'Horloge, et la troisième le circuit marqué par les remparts actuels. L'une parait remonter à l't-poque romaine, l'autre au ix' siècle, et la (jeniiére à l'occupation des Anglais. I.es ruines du château existent encore. Deui églises. Notre- I)jme-du-Bourg et la paroisse, y rappellent le moyen âge, l'une par l'élégance de sa nef, due aux bénédictins de la Sauve, et la singularité des colonnes extérieures, que surmonte une tète énorme et hideuse, et l'autre par le style anglais de son architecture, dont l'origine étrangère éclate encore dans l'écusson rojal de la grande neL Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Bazas, Langon sert aujourd'hui d'entrepét à l'Armagnac et aux Ijindes dans leurs rapports avec Bordeaux. I.a tonnellerie, qui formait autrefois la branche la plus importante de l'industrie locale, s'est déplacée par suite de la suppression du privilège de la sénéchaussée de Bordeaux , et portée A Saint-.Macaire. Mais il reste le port , dont les barques de l'Armagnac , du Quercy et du Languedoc n'ont pas oublié le chemin. Il y a quinze ans la grande route de Toulouse A Bordeaux et A Paris se trouvait coupée devant Langon par )a Garonne; depuis lR-28 au bac, souvent dangereux et toujours incommode qui servait de communication , on a substitué un beau pont suspendu, dont le tablier, divisé en deux travées, a deux cents mètres de long et six de large.

Un peu plus vers l'ouest-nord-ouest de Bazas, la petite ville de Villandraut se cache ensuite au milieu des pins et des chênes sur la rive gauche du Ciron. Sa fondation ne remonte guère au delà du xii* siècle. Au xiii*, elle faisait partie de la seigneurie de! Goth ou de Goût , d'où sortit le pape Clément V. C'est A la muniflcence de ce pontife que Villandraut doit son ancienne église collégiale et son magniti.|ue château aujourd'hui en ruines. Malgré son éloignement, cette petite ville eut A soiilTrir des luttes de la Ligue, et le canon du maréchal de Matignon y vint aider au temps A faire crouler les tours bâties par le saint père. Simple chef-lieu de canton, Villandraut possède aujourd'hui les foires et les marchés les plus lieaux des Landes. C'est A peine si la longue et large rue au milieu de laquelle s'élève une halle en bois , si sa place carrée et scs rues sinueuses, peuvent contenir les bestiaux et les I^ndescots qui s'y pressent en foule.

Avant la révolution Bazas possédait un évêché, suffragant de l'archevêché d'Auch, dont le diocèse comprenait deux cent trente-quatre paroisses et trentesept annexes; on séminaire, un collège, tenu par les Barnabites, une prévAté royale et un |irésidial ressortissant au vice-sénéchal de Bordeaux. Il était le siège d'une des neuf grandes sénéchaussées ou bailliages de Guienne, créés en l.vôl et établis sous Henri II en 1552. Cette sénéchaussée comprenant dans son ressort plusieurs juridictions le long de la Garonne , dont les principales étaient la Béolc et Langon, dépendait de l'élection de Condom. Le bailliage de Bazas députa aux états-généraux son évêque pour le clergé, le baron de Piis pour la noblesse, et àlM. Saige et Lavenuc pour le tiers-état. Changé en district dans la division du territoire faite por l'assemblée nationale, il devint, en 1800, le quatrième arron-

LA BÉnr.E.

diseiBcnt du dt'partemrnt de la Gironde, qui renferme 53,721 habitants. Comme monuments, Bazas n'oflre aujourd'hui de remarquable que les bas-reliefs de sa cathédrale, ceux particuliérement qui décorent la porte latérale de droite dans lesquels sont sculptés à râté de la reine des anges les trois degrés de la condition humaine au siii*'siècle, l'Église, la royauté et le peuple, représenté par de pauvres bergers des Landes. Un grand bénitier de forme ovale a été disposé de telle sorte au milieu de la cathédrale, que par un effet d'optique admirable il reflète les nombreuses et grêles colonnes qui soutiennent la nef, la voûte, les ogives et tout I ensemble harmonieux de rédificc. Iji plupart des eml>ellissements qu'on y remarque encore sont dus au surplus è la pieuse sollicitude d'Armand de Ponlac, son évéque, qui vivait vers la fin du xvT siècle.

^ous ne pouvons citer que trois hommes célèbres nés à Bazas ou dans son arrondissement Julius Ausonius, le pape Clément I' et Nttél Larrière. Julius Ausouius, dont la naissance remonte à .302, fut médecin de l'empereur Valeiitinianus et père du premier poète du iv* siècle. Les œuvres immortelles de son fils Decius .Magnus ont conservé son nom , et deux fontaines qui le portent encore rappellent son souvenir seize cents ans après sa mort. liertrand-del-Gulh, issu d'une noble famille de Villandraut, et non mé, en 1293, évêque dcCon.niingcs, per Boniface VIII,pas.sa de là à l'archevêché de Bordeaux et fut porté, par Philippe-le-Bel , à la chaire pontificale , sous condition de transférer le siège papal à Avignon et de lui livrer les Templiers. La mémoire de ce pape , qui prit le nom de Clément K en ceignant la tiare , restera toujours souillée de cette iniquité sanglante et répondra devant lapostérité du meurtre des Templiers. On ne lui reprochera pas avec moins de raison la licence de ses mœurs et sa détestable avarice , qui l'avait rendu si odieux aux siens, qu'ils abandonnèrent son cadavre, auquel une bougie mit le feu en tombant. Kodigo, un des chefs les plus redoutables de ces compagnies du siv* siècle, dont les chevaui faisaient trembler la ti rfe, était aussi de Villandraut. lioél Larriire né, en 1*38, à Bazas, est l'un de nos écrivains ecclésiastiques les plus distingués; on a de lui, outre plusieurs traités fort estimés, une vie d'Antoine Arnaud-, il mourut en 1821.'

LA RÈGLE

■ AIirT-MAOAXB.X.

Sur les ruines d'une ancienne villa romaine qui dominait un tertre isolé du la rive droite du la Garonne, car on dirait que Hume avait marqué d'avance du doigt lu place de toutes nos villes, les moines de Fleury , porteurs d'uive charte

I, Ausonii Decii SfnjB. Porentalts — Gresorli Tumu. UîmS.— OEuvres de saint Poulin, wl. de leas. — Rallier, .4c(. pub <c. — Ordonna ncesdet rois de France. — Daubigné, Bisioirt uniatT- Mette.— U'URUIj, Uitloire du diocèse de Basas.— lououcl, SlaUsIijue de ta Gironde.

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