II. W
434 GIMENNE.
Saint-Sébastien. La présence des Basques , Eseualdunacs , dans le Lapur-Dun ne date pas seulement de la grande invasion vasennne du vi* siècle-, tout, au contraire, nous porte à croire que ces hommes, de race ibérienne , furent les habitants originaires du sol, et que l'invasion de 588 ne fut qu’un reflux des Onlabres, peuple de la Haute-Navarre , vers leurs frères établis dans la Nuvempopulanie.
(Capitale nominative du I.abourd, Bayonne offre, en présence du pays basque, l'étrange contraste d'une ville toute gasconne par les mœurs et par le langage. Ustaritz fut toujours pour les Eseualdunacs leur véritable capitale, leur chef-lieu de prédilection. Du reste, la distinction que nous établissons ici pour Bayonne se retrouve fréquemment dans l'intérieur de la contrée. Là on rencontre souvent un village tout gascon, tout béarnais, jeté comme une oasis au milieu de viliages cantabres , étrangers à ses mœurs , à sa langue , de même que dans l'ancienne vicomté de Jeanne d’.\lbret apparaissent parfois des villages béarnais, entourés de villages basques n'ayant rien de commun avec eux. C'est une bizarre succession de contrastes, dont il faut chercher la cause dans les efforts continuels des ('lascnns pour refouler les t'antabres au delà des Pyrénées.
On lit dans la I^ulice rrAnlonin, écrite vers la fln du ni* siècle, « Le tribun de la cohorte de la Novempnpulanie réside à Lapunlum, dans le pays des Tarbclliens » En effet ce nom de Ijipurdum, que portait le Labourd, fut donné à Bayonne jusqu'au XI* siècle. On l'appliqna aussi pendant longtemps à la ville de Lourdes en Bigorre ; mais la ressemblance des noms ne doit pas nous faire confondre les lieux, et tout nous démontre que c'est bien de Bayonne qu'il est question dans la Notice d’Antonin. position de Ijipurdum, a l’emboucliure de l'Adour et au principal débouché des Pyrénées, en faisait un point très-important. Les Romains, habiles colonisateurs, ne négligèrent pas de le fortiOer. Une citadelle redoutable, dont l'enceinte, formée de murs de neuf pieds d'épaisseur, était flanquée de vingt tours et percée de huit portes, se dressait sur la rive gauche de la Nive, près de son confluent avec l'Adour, à une lieue de la mer. Elle n'embrassait que la partie haute de ce que l'on nomme aujourd'hui le Grand Bayonne. Autour de ce fort, comme autour de tous les principaux postes militaires, s'ètait peu à peu formée une réunion plus ou moins considérable d'habitations.
On ignore à quelle époque Lapurdum acquit le titre et les droits de cité. Nous voyons pourtant, en .381, Itcassicus désigné comme évêque de la ville de l'.Adour et de la Nivc ; or les cités seules à cette époque pouvaient avoir des évêques. En 587, Grégoire de Tours donne formellement à Lapurdum le titre de cité. En 987, le diocèse de ce nom comprenait déjà , non-seulement le l.abourd et une partie de la Basse-Navarre, mais encore Ernani e une portion du Guipuzeoa jusqu'à Santa- Maria de Arosth, et s’arrêtait à la Croix de Charlemagne. On retrouve cette délimitation dans le dénombrement des dépenses du diocèse de Lapurdum, par l'évêque Arsius.
Lorsque les barbares envahirent la Novcmpopulanie, Lapurdum fut pris par les Alains et livré aux horreurs du pillage. A ces hordes succédèrent celles des Visigotlis , qui occupèrent aussi la cité épiscopale et même la province novcmpopulanienne; mais, à la suite d'un traité que l'empereur Uonorius conclut avec eux, I.apurdum continua d’être gouverné par des préfets royaux résidant à Dax. Plus
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