‹ Histoire des villes de France (volume 2)Chapitre 71 sur 119 · IH · texte numérisé non relu

IH

BAYONNE

tard, sous les successeurs de ('lilodwig, il fut compris dans le nombre des villes importantes écliues à Childcberl, lors du partage des États de Clinribert, roi de Paris.

Vers la fin du vi* siècle, en 588, les Cantabres, Basques ou ER'ualdunacs, peuples delà Haute-Navarre, privés par Rècarède, roi des Gotbs d'Espagne, descendirent de leurs monts pour se ré|>andre dans la Nnvcmpopulanic. En G02, une armi''e formidable, envoyée par les rois Thierry et Tbcodebert, les soumit à la domination franke, et la Novempopulanie devint le duché de Vasconic, auquel furent annexées cinq grandes cités , Aire , Dax , Lcscar, Uloron et l.apurdum , qui en devint la capitale. Cette dernière ville ne devait pas jouir d'un long repos. En 78C, le comte Cborson l'investit et l'obligea à dépouiller certaines pratiques d'idolâtrie que ses habitants conservaient encore. Cinquante-cinq ans après, les Normands s’emparèrent de Lapurdum, d'où ils ne furent chassés qu'en 980, par Guillaume Sanche, duc de Gascogne. C'est aussi vers ce temps que saint Léon, révéré par les Bayonnais comme leur premier évêque, fut envoyé par le saint-siége, en qualité de missionnaire, chez les peuples cantabriques ; il fit deux voyages à Lapurdum. La première fois, introduit dans la ville après avoir couru de grands dangers , il convertit aussitôt sept cent dix-huit personnes qui reçurent le baptême, et renversa d'un souille l'idole du dieu Mars ou Odin, adorée dans le temple. Sa seconde mission fut moins heureuse. L'n jour qu'il prêchait sur les bords de la Nive, il fut saisi et eut la tête tranchée, ce qui ne l’empêcha point, dit la légende, de faire plus de quatre-vingts pas en portant cette tète dans sa main. Il a existé, jusqu’en 1577, une église paroissiale au lieu consacré par le martyre de saint Léon ; elle fut démolie alors et transférée A une demi-lieue de là , au village d’Anglet. Aujourd'hui une croix de pierre s'élève sur l'emplacement de la primitive église. On voit aussi, près de la Nive, une fontaine que le saint fit jaillir du sol eii achevant sa marche miraculeuse, et à laquelle on attribua pendant longtemps de grandes vertus. Un homme du nom de Pédébaigt s’enrichit, il y a près d'un siècle, en expédiant de cette eau aux Antilles, où il en vendait pour des sommes considéraldes. Iæs Bayonnais possèdent encore la.tête et les ossements de saint Léon.

En 1059, l.apurdum avait un seigneur héréditaire qui, revêtu du titre de vicomte, gouvern.iit les pays de Labourd, d'.Arberouc, et la baronnie de Saint Jean-de-I.uz. Ctî .seigneur, Korlunio Sanche, fit de grandes concc.ssions à l'évêque Itaymond et à son chapitre, accorda aux habitants le droit de pacage autour des murs, dans le rayon d'une lieue, et donna au marché de laipurdum un privilège exclusif pour la vente de tous les poissons pêchés dans le Gave , l'Adour et la Nive jusqu'à Sordes, Ilourgrave et Villefranque, et le long de la côte, depuis Gapbrcton jusqu'à Euntarabic. Par un contrat latin du 3 avril HOC, Guilard, autre vicomte de Bayonne et de .Maresme, vendit aux Basques, du consentement de Guillaume, duc d’Aquitaine, le pays de l.abourd, ou du désert, avec droit de Ivâtissc et de chasse, moyennant 3,306 fiorins Ion ne dit pas de quelle monnaie), sans aucune réserve du fisc.

Alphonse le Batailleur, roi d’Aragon , ayant pris le parti de Uentule , vicomte de Béarn, et de Ccntule, vicomte de Bigorre, contre Guillaume X, duc de Guienne, vint assiéger l.apurdum en 1132. 5v«don les auteurs espagnols, il s'empara de la ville; selon Blanca, au contraire, cette expédition fut tout à fait infructueuse.

Di':.'!iibyGi.o^le

Page 1