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daiit que ta population ne tarda pas à s'arcrottre et i donner des inquiétudes A ses nouveaux maîtres, les comtes de Béarn, héritiers des comtes de Bigorre. Gaston Phœbus, pour la maintenir sous son obéissance, Ht bâtir un châleau-fort dans la ville ; et se laissant aller à cette ironie béarnaise dont il aimait tant les saillies , il lui donna le nom de nou U bos, tu ne l'y veux pas. Iü défense de la citadelle fut con- Bée à une compagnie sous les ordres du chevalier Espain du Lyon.
Quelque temps après, un acte solennel eut lieu A Mont-de-Marsan. Constance, fille de Gaston , septième du nom , était depuis deux ans promise par un traité à Henri d'Allemagne. Les articles de ce traité n'étaient pas encore exécutés : Henri chargea Jean de Saint-Brisson et Michel de Malconduit d'en requérir l'accomplissement. Ils se rendirent auprès de Gaston. Une assemblée fut tenue A ce sujet A Alont-de-Marsan , et toutes les donations qui avaient été promises à Constance lui furent solennellement confirmées. L'archevêque d'Auch, les évêques d'Aire, de Tarbes, de Lcctoure et d'OIoron assistèrent A cette réunion imposante avec les comtes de Bigorre, d'Armagnac et une foule d'autres seigneurs (I-2G8). Deux ans plus tard, ce même Gaston, secondé par son épouse, nommée Amate, fonda A Mont-de-Marsan le couvent de Beyries ou de Sainte-Claire, qu'ils dotèrent magnifiquement. La charte de fondation constitua en faveur de cette maison religieuse une rente de deux cents sols morlas; elle devait jouir, en outre, des droits de péage levés sur la ville. Des privilèges de même genre lui étaient assurés A Roquefort et A Villeneuve; le pays, par la multiplicité des redevances auquel il était assujetti envers le couvent, se trouva en quelque sorte placé sous sa dépendance.
L'histoire de Mont-de-Marsan n'offre plus, pendant quelque temps, qu'un intérêt très-secondaire. C'était une ville trop peu importante, malgré les développements qu'elle avait reçus, pour exercer une influence considérable sur les destinées du midi de la France. Le xvi* siècle vint lui donner un peu plus de vie et d'éclat, sans lui assurer cependant un plus grand rôle. Sa chronique s'enrichit alors de plusieurs événements , dont quelques-uns laissèrent des traces assez durables. Une vie illustre consacrée par le malheur s'éteignit à Mont-de-Marsan : Catherine de Foix, femme de Jean d'Alhret, y rendit le dernier soupir, après avoir été chassée de la Navarre , malgré la protection de François l". I.a présence de ce prince donna bientét une nouvelle splendeur A la ville, A laquelle dut l'attacher désormais un double souvenir. Ce fut A Mont-de-Marsan qu'il rencontra mademoiselle d'Heilly, si fameuse depuis sous le nom de duchesse d'Étampes, et qui obtint sur le cœur de ce prince un si grand empire. Ce fut IA aussi qu'un lien plus sérieux l'unit A Éléonore d'Autriche, sœur aînée de Charles V et veuve d'Emmanuel, roi de Portugal. On sait que ce mariage avait été l'une des conditions de la délivrance du roi. Il fut célébré en 1527 dans l'église du couvent de Sainte- Claire, dont Alarie d'.AIbret, la tante du prince, était alors abbesse. Plusieurs personnages du plus haut rang assistèrent A ces royales fiançailles, entre autres la reine-mère et Marguerite de France, alors duchesse d'Alençon et de Berry, Les fils de François I", qui étaient restés comme otages en Espagne, lui furent rendus au miiieu de ces fêtes, et le rejoignirent A Mont-de-Marsan avec sa nouvelle épouse.
A peine le roi s'était-il éloigné de la ville, que Jeanne d'Albret s'y montra'A son II. 59
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tour. EVnergique épouse d’Antoine de Bourbon avait promis à son père que si elle devenait grosse, elle irait faire scs couches dans le Béarn. ()uand elle se sentit mère, elle habitait Compiègne où elle avait suivi son époui qui défendait alors la Picardie contre les Espagnols ; elle attctidit le dernier moment pour se rendre à Pau comme elle l’avait promis. Son père l’avait précédée à Mont dc-Marsan où elle arriva le 1" septembre 155:). Les habitants lui firent un gracieux accueil, et on lit dans les registres de l’hétel de ville que la future mère du roi béarnais reçut en présent une barrique de vin. La reine Jeanne , sensible à ces démonstrations, en conserva le souvenir : quatre ans après, elle exempta par une patente ses sujets de Marsan des droits de péage et des gabelles, et confirma leurs coutumes et franchises locales; ils continuèrent donc à n’élre assujettis à aucun emprunt et à ne payer d’autre impùt que ceux qui avaient été consentis par les états. Ia patente royale , écrite en Béarnais , fut publiée par David , chambellan du roi et de la reine de Navarre.
Cependant les troubles religieux allaient éclater comme une tempête sur le midi. Le calvinisme avait fait de nombreux prost'Iytes à Mont-de .Marsan, et comme partout ailleurs des violences en avaient marqué les progrès, fn corps de soldats, du parti huguenot, profita des divisions qui déchiraient la ville pour attaquer la riche abbaye de Sainte-Claire : les murs furent bru.sqiiemcnt escaladés , et les religieuses, surprises dans leur retraite, n’eurent que le temps de fuir, chargées des archives, des reliques, et des vases sacrés du couvent elles se réfugièrent dans une maison qui appartenait à Martin de Mesmes, grand écuyer de la reine de Navarre. Le monastère fut impitoyablement pillé et détiioli. On livra aux flammes un autre couvent, celui des Frères de l’Observance L’édit de 1563 suspendit un instant ces désordres; mais la lutte ne tarda pas à recommencer. Les catholiques, conduits par le seigneur de Havignan, résolurent d’exercer des représailles contre les protestants. Plusieurs calvinistes furent arrêtés, et l’on pria Burie, lieutenant du roi en (îuienne, d’envoyer uu préviH pour faire prompte justice des prisonniers. Ce magistrat, pour toute réponse, donna l’ordre d’élargir les cal vinistes. Taxant de faiblesse l’humaiûté dont on avait usé envers eux , les prok-stants se ndrent de nouveau à piller les églises. Le sénéchal Flainareus fut chargé depunir ces violences. Il accourut à Mont-de-Marsan avec des troupes, se sidsil du ebiUeau, et mit la main sur quelques soldats de la religion réformée qui furent condamnés à mort. L’avéïiement d'Henri IV mit un terme à ces fureurs religieu.ses.
Henri IV ne fut point seulement un pacificateur pour Mont-de-Marsan comme pour le reste de la France ; il régla par deux ordonnances l’administration des affaires de la cité. Voici le texte du premier de ces documeids, qui avait pour but, en déterminant les bases de l’organisation municipale, de concilier les prétentions dos catholiques et des protestants. « Ayant égard, dit le roi, au nombre des habitants d’une et d’autre religion, ordonnons que les principaux d’entre eux, convoqués par le maire et jurais, éliront trente personnages des plus idoines, capables et qualifiés , qui se trouveront en ladite ville, tous natifs et originaires d’icelle, si faire se peut, dont les vingt seront catiioliques et les dix de la religion réformée, lesquels.lrente seront qualifiés conseillers de la ville, et feront l’ollice des nlTaircs qui se traiteront a la maison commune, leur vie durant. Ces conseillers
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présenteront douze candidats, dont huit catholiques et quatre protestants , parmi * lesquels le roi se réserve de choisir sis jurats, dont quatre catholiques et deux
protestants : les jurats nommeront parmi eux le maire, mais il doit être conGrmé I par le roi. » Ce rè^ment porte ta date de 1578 ; le second , qui fut donné en 138A,
avait également pour but de déterminer le régime mutiici|>al. Il résumait en partie ^ les dispositions précédentes, et il y en ajoutait de nouvelles, qui donnaient à cette
, • charte communale une physionomie encore plus moderne : a Parmi les jurats,
portait cette seconde ordonnance, ne peuvent siéger le père et le fils, beau-père I ou gendre, et les deux frères, n Plus loin on y lisait : « Ceux qui ne sc rendront
^ pas aux assemblées municipales au son de la cloche, ou sur la convocation faite
1 * par le sergent, payeront une amende, savoir : de vingt sols pour les maire et jurats,
et dix sols pour les conseillers de la ville. »
, H Cette organisation intérieure, si sage et si conciliatrice quelle fût, ne put, sons le règne de Louis XIII, garantir Mont-de-Marsan de nouveaux malheurs, ^ La ville et le château furent occupés successivement par les protestants et par
« les catholiques , lorsque les querelles de religion vinrent encore les séparer en deux
camps. A la suite de ces luttes, les troupes furent éloignées de l'enceinte de la place, et les jurats reçurent, en 1622, l'ordre de garder le château jusqu'à ce qu'ils en eussent accompli la démolition. Les habitants furent invités a y travailler par corvée, et ils s'y prêtèrent tous avec empressement. I.es terrains occupés par citadelle furent convertis en une belle promenade, et la ville, dégagée au nord dq cet appareil militaire, prit un aspect plus riant.
Les troubles de la Fronde rejetèrent Mont-de-Marsan dans les agitations dfs siècles passés. C'était encore une forte position, malgré la récente destruction du château; la ville était toujours proU^gee par une grande ligne de murailles défendues par des fossés, l^e prince de Condé y logea un corps de * troupes assez considérable. Deux ans après, en 1652, le comte de Raillac sc
rendit à Mont-de-Marsan pour y établir l'ordre et les lois. Il convoqua une as.sembléc, dont les résolutions ont été conservées dans les archives de la ville. Le maire, les jurats, les syndics et les habitants les plus notables, par une déclaration signée de leur main , renouvelèrent l'engagement qu'ils avaient déjà pris ‘ tant de fois, et tant de fois oublié, a de garder la ville pour le service du roi,
de ne recevoir aucune garnison étrangère, de réprimer toute ligue opposée à la couronne, et d'expulser de leurs murs les fauteurs de désordres, a Le gouvernement si ferme et si absolu de Louis XIV, qui commençait alors à plier la France à ses volontés, assura, mieux encore que ces promesses, la tranquillité de Montde-Marsan.
Depuis le commencement du xvii’ siècle, les annales de cette ville ne nous présentent plus que deux faits qui méritent d'être signalés dans nos pages. Louis XIV . passa à Mont-de-Marsan avec toute sa cour en revenant de Saint-Jean-de-Luz, où
il avait épousé l'infante Marie-Thérèse. Sous le règne de son petit-fils, on élargit l'ancienne enceinte, dans laquelle les habitants se sentaient depuis longtemps à l'étroit. La municipalité avait demandé au gouvernement la permission d'abattre une partie des murs. Le maréchal de Monrevel fut chargé de lui répondre ; on a conservé sa lettre, qui porte la date de l'année 1736. « Votre ville, messieurs.
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écrit-il aux juraU , est trop ouverte de tous cétés pour que le service du roi puisse ' . être compromis par l'ouverture que vous demandez , depuis ta terre dji ch&teau jusqu'au jardin du sieur de Prugue; puisque cela pourra contribuer, à ce que pensent trois médecins et vos habitants, à diminuer les maladies que le défaut de promenades vous procure, vous pouvez donc vous donner ce soulagement. » Immédiatement après la réception de cette lettre, les travaux furent commencés; l'enceinte fut ouverte à l'endroit indiqué, et l'on y traça une promenade à laquelle on ' donna le nom du maréchal de Monrcvel. Tel fut le dernier acte administratif quelque peu important de la municipalité de Mont-de-Marsan dans le mil* siècle.
La coutume de Marsan, publiée en 160i, nous fournit de curieux renseignements sur l'organisation intérieure de la ville et du petit pays dont elle était la capitale.
Comme nous l'avons déjà vu , les fonctions municipales de la cité appartenaient au , . maire et aux jurats. La réunion de ces magistrats formait le conseil de ville, qui * devint perpétuel sous Louis XIII. Vers la même époque, d'autres modiheations furent introduites dans le régime municipal; la charge de maire devint élective et annuelle; le syndic de la ville ne pouvait être forain ; les uRkiers municipaux sortant ne devaient être réélus qu'après un intervalle de quatre ans. Une disposition assez remarquable, c'est qu'il y avait deux conseillers, dont les fonctions, limitées à deux ans , avaient pour bot d'observer la conduite des aifaires et l'emploi des ^ deniers publics; espèce de magistrature populaire qui semble empruntée aux sociétés antiques. Louis XIV modilla encore plus tard ectic organisation : il suhstitua aux pouvoirs temporaires et électifs des charges vénales et liérédiUHies. Kà juridiction de ces maires et de ces jurats, sortis tour à tour de l'élection «t de la richesse, était, du reste, assez étendue. Ils rendaient le justice à l'exclusion du sénéchal et de tous les autres juges royaux, sauf l'appel au parlement. Un édit du XVI* siècle portait que la connaitsanct des crimes arail appartenu de tous temps aux maires et jurats de Mont-de-ldarsan. <i Ils avaient justice haute, moyenne et basse, » ajoutait la coutume. Une autre disposition de cette charte locale leur donnait, en outre, le droit « de faire statuts concernant la police, d'assembler les habitants pour toutes les affaires du bien et chose publique sans attendre ni avoir mandement du roi ni du vicomte, de cotiser ou imposer denier jusqu'à la somme que bon leur semblera et sera nécessaire à percevoir à indemnité de la chose publiquç. »
Pour ce qui regarde les institutions y>rovinciales, il importe de remarquer que la vicomté de Mont-de-àlarsan fut érigée en pays d'états au commencement du XVII* siècle, et que ces assemblées siégeaient dans l'enceinte de la ville. Il y avait d'autres réunions, formées par les trente-deux paroisses les plus voisines; chacune d'elles y envoyait scs représentants, qui votaient l'assiette et la répartition de l'impêt, dont le recouvrement était ensuite confié à l'intendant de la province.
En cessant d'être le siège d'une vicomté peu étendue, àlont-de-Marsan devint le chef-lieu d'un département beaucoup plus vaste : une grande partie de la Gascogne a été rattachée, dans cette nouvelle division, à la vieille capitale du pays de Marsan. Considérablement modifiée elle-même, elle a revêtu une physionomie de plus en plus moderne. Par sa position géographique et la nature de son sol , Mont-de-Marsan exprime parfaitement le double caractère du territoire compris dans les limites administratives. Si vous regardez au nord , à l'est, et à l'ouest ,