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constitution civile du clergé : « Je ne donne, dit-il, anmn regret A ma place, je ne donne aucun regret à ma fortane ; je vous prie d'agréer le témoignage de la peine que je ressens de ne pouvoir prêter le serment que vous me demandez. » Napoléon ' et l'impératrice Joséphine visitèrent Agen , le 30 juillet 1808. Un travail utile fut accompli sous l'empire : on dessécha le marais de Brax et dès lors cessèrent ces pestes terribles qui si souvent avaient désolé la ville et le pays environnant. Labenaisie en comptait pins de treize , dont les ravages furent épouvantables : celle de 1639, qui reparut en 1630, compliquée d'une famine, enleva une grande partie de la population. Hais c'est surtout à celte visite de l'empereur que les habitanU durent la construction de leur magniBque pont ; la première pierre n’en fut cependant posée que le 7 novembre 1812.
Agen , siège d’un sénéchal d'épée, d'un présidial et d'une élection , ressortissaK au parlement et à l'intendance de Bordeaux ; on n’y comptait que deux paroisses : Saint-Hilaire et Sainte-Foi, mais elle renfermait plusieurs communautés religieuses , dont les plus considérables étaient le couvent des Jacobins et celui des • '.apucins. Sa vieille et magniflque cathédrale de Saint-Étienne menaçait ruine depuis longtemps. Le tremblement de terre de 1660 lui avait porté de rudes coups; déjA brûlée par les protestants en 1561 , elle fut encore en proie à un . autre incendie en 1669. Plus tard, au commencement du xviii* siècle, des troubles religieux amenèrent la destruction des beaux vitrages de la cathédrale. r.ependant , malgré l'état de délabrement où elle était tombée , le chapitre y célébrait encore quelquefois certains ofllces ; le service divin avait été transféré A Saint-Gaprais , église du xi* siècle. Al. de Bonnald, évêque d’Agen, obtint de la cour quarante mille écus pour la restauration de Saint-Étienne ; on y ajouta une nouvelle façade d’un assez beau caractère, quoiqu'elle ne Mt pas en harmonie avec le reste de l’édifice. Ces dépenses ne purent sauver la cathédrale, sur laquelle, d’ailleurs, les troubles de la révolution attirèrent, en 1793, de nouveaux orages. On en commença la démolition en 1799, et nous en avons vu disparaître récemment les derniers débris. L’église de Saint-Caprais est aujourd’hui la cathédrale d’Agen : le gouvernement a consacré depuis quelques années des sommes considérables A la réparation de ce beau monument.
I.e département de Lot-et-Garonne , dont Agen est le chef-lien , ne se compose pas seulement de l'ancien Agenais , il comprend en outre quelques parties du Condomois , du Bazadois et du Quercy. C’est toujours un des pays les plus beaux et les plus fertiles de la France ; ses grains, ses chêlaignes, ses tabacs, ses figues et ses prunes sont très-eslimés. Les habitants de l'Agenais, du Condomois et du BazadoU, spirituels, enjoués, industrieux même, pour certaines branches de commerce, mais indolents par caractère, trop attachés aux anciennes méhodes, et peut-être trop enclins au plaisir, ne tirent pas tout le parti possible d’un territoire aussi productif. Le département contient 3A7,073 personnes , sur lesquelles 85,018 appartiennent A l’arrondissement d’Agen, et 97,33A A celui de Viiieneuvesur-Lot : Agen en compte au delA de U.OOO, Villeneuve 11,788, et CjisseneuH près de 2,000. Villeneuve a des fabriques de toiles, des tanneries, des tuileries. Elle fait un assez grand commerce de pruneaux, vins, papiers, fers, bestiaux, etc., et surtout des excellentes farines dites de minof.
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On arrive à Agen par un beau pont , qui est situé sur la rive droite de la Garonne. Si l'on excepte le faubourg formé par l'avenue de la route de Bordeanx , cette ville porte encore des traces curieuses de sa physionomie des temps passés : dans plusieurs quartiers, vous distinguez les rues, les places du x vi* siècle : vous y retrouvez même jusqu'à ces piliers des halles dont Montlnc a parlé dans ses Commentaires. Un vante avec raison la promenade du Gravier, située entre la ville et la Garonne, sur laquelle se tient une des plus belles foires du Midi, et l'un ne se lasse point d'admirer le poiit-canal, construction d'un grand caractère. L'évécbé, le palais de justice et l'hOlel de la préfecture y ont des édiOces assez remarquables. Agen a des manufactures de toiles i voiles , des fabriques de serges, de molletons, fait un commerce considérable en prunes, tins, eaux-de-vie, etc. Siège d'un èvéché, d'une cour royale et d'un tribunal de commerce, elle a un collège et une société d'agriculture, sciences et arts, fondée en 1776.
Nous avons déjà parié de quelques-nns des hommes remarquables de cette ville : citons encore Bernard faliuy, l'illustre potier, né au commencement du xvii' siècle; l'historien compilateur, Prerre Dupug, né à Agen en 1582; le célèbre maréchal d' Estrade ; Bornant de Lnbenaieie , prieur de Saint-1'.aprais et auteur d'une histoire manuscrite de l'Agenais , mort le 26 avril lî3à ; le naturalisie Lacépède, né en 1736; Laeuée-Ceuac, député à l'Assemblée législative et président du conseil des Cinq-Cents; et le poète dont les premiers chants datent de 1813. Jas-
min, l'honneur de la poésie gasconne, ne doit son tateut original et profond qu'à lui même. Il s'est composé, des patois divers du pays, un idiome admirable que lui seul B su parler, que la Gascogne comprend, mais que malheureusement la France ne comprend pas ; grand poète , auquel il n'a manqué , pour tenir une place illustre dans notre littérature, que d'écrire dans notre langue; noble coeur, que la gloire, venue assez lard, n’a pas plus altéré que les premières soulfrances de la vie ; àroe simpie et grande , que l'on peut dès aujourd'hui louer sans réserve , parce que , sans doute , la postérité ne pourra connaître tout ce qu'elle avait de vertu et de génie C'est à tort qu'on a fait naître Sulpice-Sévère à Agen; il était plus probablement de Toulouse. Villeneuve-sur-Lot a donné le jour à Jacques Tailhié, l'abréviatcur de V Histoire ancienne de Rollin. '
I. Coinm<fUo4re< de Céu>r. ••Gailia ekristiana. Hegietres de* délibérations de* consuls et de* jurât* d'Agen. UanuscHl de U BibliothtViuc Royale. — Bùtoire man%ucrite de Labenaisie. — Commenlatr» de Montloc. — Jfemotret de Condê. — Memoitt* de Sully. — Afêmetret de La R»* diefooeaull. — Histoire ^ de de Tbou. — Deoi Vab«elte« Hietoire générale du Languedoc. ^ Leblaoc , Traité de* mon$uiiê*. — E&pilly , />^cfioRiiotre de* Gaule*. — Dclpoo «
Lof. — Damait, Antiquité* d'Agen, tHlition de 1604. — Ducrot», Coufimw* d'Agen. — H. Bret*y, Esquisse historique sur Saint Etienne d'Agen. — Lacabjue, Mémoire historique sur ta découverte de rmrtillerie et de la poudre à canon. Nom devons des remorclments à M. Bu^sières d'Ageu pour les excelloDles notes ntanuscriiei qu'il nous a coumiuniqiiées sur les antiquités et les coutumes de TAgenais, et à U. Lacaltaoe, de la fiibliolhè4)ae Royale, l'un des jeniiesiuivanUi les pltisdistiogués du département de Lot-et-Garonne, pour robligeance avec laquette il a mis ses oonDais;»aaees à noire disposiliua.
MARMANDE.-T0NNEIN8.
Il est impossible de préciser l'époque à laquelle fut fondée Marmande; on en croit cependant l'origine très -ancienne. Dès le ni' siècle, la possession en parut asseï importante aux Gotlis pour qu'ils se résolussent à l'occuper. Détruite par les Sarrasins au vin' siècle, elle ne fut reblltie que vers la fin du xii' par Hichard- Cœur-de-Uon, qui la fortilia. Simon de Montfort l'assiégea et la prit en 12U. Son fils Amaury, assisté du roi de France Louis VIII, la réduisit aussi en 1219, et, pour SC venger de la résistance des habitants, il en lit massacrer cinq mille. Le captai de liucli et le sénéchal de Bordeaux ."tous deux au service du roi d'Angleterre, essayèrent vainement de s'en emparer au commencement du règne de Charles VII ( line trahison la Bt tomber, trois ans après, entre les mains des Anglais; mab elle fut bientdt reprise par les seigneurs d'Albret et de Montpezat.
L'année 152.') fut signalée par une épidémie terrible qui désola tout le territoire formant aujourd'hui l'arrondissement de Marmande. Henri I", roi de Navarre , seigneur de plusieurs communes riveraines du Lot , dépendantes de son duché d’Albret, voulut les repeupler, en y attirant des familles laborieuses du Maine, du Poitou, de l'Anjou et de la Saintonge; mais aucune fusion ne s'opéra entre ces étrangers et les populations indigènes. Le sobriquet de Gavache leur fut donné en signe de mépris , et de nus jours encore un a désigné pendant longtemps sous te nom de La Gavacherie huit à dix communes du pays où ces émigrés avaient trouvé un asile.
Henri de Bourbon, après la révocation de l'édit de mai 1576, résolut d'assiéger Marmande, quoiqu'elle fût alors très-bien fortiOée et abondamment fournie de munitions. Lavardin eut ordre de faire les approches de la place. Le roi de Navarre commençait à se repentir de cette tctitative, regardée par ses plus vieux capihiines comme une folie, quand il apprit qpc Biron et le comte de Foix s'étaient avancés jusqu'il Sainte-Bazeille , afin de surveiller les travaux du siège. Aussitôt il leur envoya Ségur et Duplessis-.Muniay, les chargeant d'entamer avec eux des négociations. Le canonnier qui servait la seule coulevrine qu’eussent les calvinistes venait d’étre tué : les Imulets manquaient d’ailleurs, et l'on n'entendait plus par conséquent aucune décharge dans le lointain. Les deux généraux catholiques en témoignèrent leur étonnement à Duplessis ; mais l’habile diplomate se tira d'embarras en leur affirmant que si le canon se taisait, c'était parce que les boulets avaient assez élargi la brèche pour que les troupes montassent il l'assaut. Biron et le comte de Foix se laissèrent prendre à cette ruse. Ils engagèrent eux-mémes les habitants de Marmande è parlementer avec Henri de Bourbon. On conclut une trêve dont la publication fut ajournée. Lu roi de Navarre, reconnu gouverneur de 1a ville, y mit II. 63
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une garnison; toutefois il fut convenu, par un article secret, que les troupes d'Henri évacueraient la place dès que la trêve aurait été publiée ( 15T7). En 1622, Louis XIII, se rendant à Agen, passa par Marmande.
Cette ville devint, à l'époque de la révolution, le chef-lieu du second arrondissement de Lot-et-Garonne; elle ressortissait, avant 1789, à l'élection d'Agen, an parlement et à l'intendance de Bordeaui. On sait qu'au mois d'avril 18U, une poignée de Français y résista à toute une division anglaise.
Marmande s'élève sur un coteau rapide au bord de la Garonne. Sa population atteint le chiffre de 7,527 habitants , celle de l'arrondissement monte à environ 10i,000. La ville est propre et assez jolie ; son commerce consiste en blés , vins , eaux-de-vie, prunes sèches, tabac, chanvre, corderics. Son port est un excellent intennèdiaire entre les négociants d'Agen et de Bordeaux ; et ses fabriques de chapeaux et d'étoffes de laine sont assez renommées. Du reste , Marmande n'est pas plus riche eu monuments anciens qu'en souvenirs des temps passés. I.es événements les plus importants de la chronique locale se sont accomplis en dehors de scs murs; il est surtout une ville dans le pays dont elle est le centre administratif, à laquelle elle doit céder la prééminence historique : nous voulons parler de Tonneins, si intéressante par sa coutume, et qui opposa à Louis Xlll une résistance si courageuse.
Sur un rocher presque à pic dominant la rive gauche de la Garonne, et d'où l'un descend par des rampes , s'étendaient autrefois, de l'orient à l'occident, dans un espace de deux mille mètres, deux villes fortifiées, siège chacune d'une haute baronnie, et que leur situation respective, par rapport au cours du Oeuve, avait fait nommer, la première Tonaeins-Oessous ou le (îrand-Tonneins , ou Tonneins proprement dit, la seconde Tonneins-Dessus ou le petit Tonneins, ou le bourg Saint-Pierre de Tonneins. Ces deux cités eurent l'une et l'autre pour origine, au vil* siècle , un château fondé par le fils d'un puissant seigneur de race gauloise appelé Tonnance-Ferréol ou Ferriol , Tonnantius-Ferreolus. Les habitations successivement élevées dans le domaine de Tonnance ne formèrent d'abord qu'une seule communauté divisée en deux paroisses : celle de Saint-Pierre et celle de Notre.-Dame-de-Mercadil. Détachées ensuite, on ne sait eu quelle année ni par quelle raison, les deux paroisses constituèrent deux seigneuries distinrtes, c'est-àdire la baronnie de Tonneins-Dessous, dont les seigneurs jouissaient, sur le territoire de Tonneins-Dessus, de dîmes inféodées depuis CItarles-Martel ; et la baronnie de Tonneins-Dessus , qui devait fui et hommage à celle-là. La descendance des Tonnance-Ferréol, dont le nom figure dans presque tous les actes ou événements du moyen âge, se maintint en possession de Tonneins-Dessous jusqu'au milieu du XV* siècle, époque à laquelle celte maison s'étant éteinte dans la personne d'Isabelle Ferréul, les héritiers d'un seigneur aquitain , nommé Amanieu de Madaillan, acquéreurs de l'héritage d'Isabelle, vendirent tous icurs droits à Poton de Saintrailles. Quant à la baronnie de Tonneins-Dessus, nous y trouvons pour titulaire, en 1261, Raymond-Bernard de Uovinha, seigneur de Gaumont et de Casteljaloux, qui, cette année-là même, remplaça dans son fief la vieille coutume de Tonneins- Dessous, dont les habitants avaient eu jusqu'alors le privilège, par la coutume plus étroite de cette dernière localité.