GOURDON
L'origine de la ville de Gourdon est très-ancienne , mais on ne sanrait préciser l'époque de sa fondation. Les deux tours de son clocher, noircies par le temps, ses maisons enfumées s'échelonnant d'étage en étage sur les -flancs d'un rocher couvert de peupliers d'Italie, lui donnent un aspect très-pittoresque : on croirait voir une forteresse et une cité du moyen âge. L'étymologie la plus vraisemblable de son nom est Cor-dun : Gor, corbeau, et Dun, montagne; montagne aux corbeaux , parce que ces oiseaux de proie, qui abondent encore de nos jours dans le Quercy,
1. Le trésor i)es Charte». — La pttUê chronique de Fiqeae. L'hietoire du monoHère de Figeât, tome III dtîs Miecelfanèes de Baliixe. — I/ahlni de LodKcrue, Description de ta France,^ L'Uittoire des Albigeois, de Pierre de VauK-Cemay.— Djiii YalssoUe, Histoire générale du Languedoc, — Histoire de France, dti pén' Daniel. — I>oli>on, Statistique du Lot.
OriENNE.
SC réfugiaient probablement sur le roc , auquel la ville est adossée , avant que riiommc y ciU construit des habitations.
I.e premier acte dans lequid il soit parlé de (luurdon nous apprend que le seigneur du lieu était de race visigollie (839). Il se nommait Odolric ; il fut la souche de la famille féodale de ce nom. car c'est lui qui couronna la plate-forme du rocher d'un chateau-fort , ceint de, ba.stiuns et llanqué de quatre tours, .au X' siècle, Aynieric, son petit-fils , re^-ut en fief ce château de Kaymond III, comte de Toulouse, avec les terres qui en dépendaient (!i60). Aymi*ric eut pour successeur Géraud, dont la postérité s'alliant au\ plus nobles maisons, acquit une grande puissance dans le pays. Peu à peu cependant un bourg, une petite ville ne tardèrent point à se former sur la pente méridionale de la montagne , et les châtelains fenvironnèrent de retranchements.
Sous l.ouis-le-Jeunc, ainsi que sous Philippe-Auguste, les seigneurs de Gourdon se signalèrent par leur intrépide résistance aux Anglais , dont les troupes avaient envalH le Périgord et une partie du (Jucrcy. L'un d'eux surtout, nommé Fortuné, soutint celle lutte avec la plus héro'iquc persévérance, et Hichard-Girur-de-Lion, irrité, le lit périr avec deux de ses enfants. Fortuné se jeta alors dans le chdteau de Chalus , en Limousin , que Itichard assiégeait en personne, l'n jour , du haut des murailles, ayant reconnu le monarque anglais parmi les assaillants , il lui lança un trait avec tant de force que les médecjns déclarèrent 1a blessure mortelle. Ija place, néanmoins, fut emportée d'as.sjiut; le mourant ordonna que l'on conduisit son meurtrier devant lui; mais à tons .ses reproches, a toutes ses invectives Bertrand répondit avec une fermeté si calme et si fière, (|uc Richard, dont filme était généreuse au fond , lui pardonna. Ixs vainqueurs violèrent cette promesse de Richard , et à peine eut-il rendu le dernier soupir, que Marcadès, chef des Brabançvins, lit, dit-on, écorcher vif le prisonnier (1199). Ilertrand de Gourdon ne laissa que des collatéraux , dont les aînés , en souvenir de cette gUiricuse vengeance, portèrçnt toujours depuis le nom de Richard.
Au milieu des cruelles épreuves de la guerre de l'Albigeois, les chételains de Gourdon conservèrent une inébranlable fidélité à leurs suzerains, les comtes de Toulouse En 1218, Géraud , de la branche cadette, secourut Raymond VII, menacé dans sa capitale par le roi de France , Louis VIII. En reconnaissance de ce service, Raymond ITl concéda de nombreux privilèges au chef de la famille et A ses vassaux. C'est vers le milieu du xiip siècle qu'il faut placer, en outre, un traité conclu entra les habitants de la ville et Richard - Étienne de Gourdon , sorte de charte constitutionnelle qui avait pour but de garantir les bourgeois de l'oppression des seigneurs.
Lorsqu'en 1258 saint Louis eut cédé le Périgord et le Quercy au roi d'Angleterre Henri III, Gourdon fut au nombre des villes et des cliAteaux qui refusèrent de se soumettre à la domination étrangère. Plus tard, en 1280, Philippe-le-IIel ayant encore par un acte, passé à Villefranche, abandonné aux Anglais les places de cette dernière province, les descendants du brave Bertrand, pluUH que de subir un joug odieux, se réfugièrent dans des forts isolés et imprenables. La position de Gounlon, I épaisseur de ses murailles , In solidité de la forteresse dressée sur le sommet du roc, avaient inspiré cependant des craintes sérieuses aux
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Anglais; sur la fln du règne de Charles Vil, désespérant de poutoir garder plus longtemps le château, ils le ruinèrent de fond en comble. En 130V, furent posés les fondements de l'église dédiée à saint Pierre : les matériaux de la forteresse qu'on venait de démolir servirent, sans doute, à la construction de la nouvelle église, qui ne fut terminée que l'an l5tV. Les compagnies anglaises continuèrent toutefois d'occuper la ville jusqu'en 1V81 , époque à laquelle ces iusulaires la vendirent au comte d' Armagnac.
Louis \l dépouilla, comme on sait, I» comte de tous ses biens, et la ville et 1a seigneurie de Gourdon furent réunies à la couronne. Charles VIII reçut en grâce le comte d'Armagnac ; mais dans les lettres d'abolition par lesquelles celui-ci rentrait dans la jouissance de ses domaines , ne fut point comprise la ville de Gourdon. Charles VIII, alin d'alTaiblir le système féodal, y établit même une sénéchaussée royale, ainsi qu'à Lauzerte, Figeac et Martel; il restreignit en outre le pouvoir de scs consuls, qui avaient le droit de prononcer la peine de mort. Plus tard, lus trois ordres de la province, rassemblés aux états-généraux de Tours, s'étant plaints de ce nouveau mode de juridiction , les consuls obtinrent le rétablissement de leur ancienne autorité (1V83).
Sous François I", Galiot de Genouillac, issu de la race des Gourdon, combattit vaillamment à la journée de Marignan. Il donna des conseils à ce prince, qui, s'ils eussent été suivis, auraient épargné à la France la désastreuse défaite de Pavie. Pendant les guerres de religion, en 1562, Jean Ressonias, commandant des troupes calvinistes du haut Qucrcy qu'il avait organisées, s'empara de Gourdon, pilla l'église de Saint-Pierre, ainsi que le couvent des Cordeliers, dont cinq religieux furent massacrés par des soldats, et ensuite pendus aux portes du couvent.
Le seigneur:de Gourdon était alors un membre de la puissante famille de Thémines, laquelle avait déjà précédemment embrassé dans son domaine une partie du llas- Quercy, comme le témoigne un acte daté de 1379, où il est dit que àlarqucs de Cardailhac, seigneur de Thémines , vendit au comte d'Armagnac la moitié de la seigneurie de Gourdon. Pons Lodève de Thémines, sénéchal du Qucrcy, seigneur de Gourdon et de Milhac, où il éleva un château magniOque, ht respecter dans la province l'autorité de Henri 111 ; il reconnut Henri de Bourbon dès son avéneincut au trône de Franco , et , quoique catholique , unit scs troupes à celles des Montalbanais pour arrêter les progrès des seigneurs du pays qui s'étaient rangés du côté de la Ligue. Henri IV le récompensa de son dévouement et de son zèle, en le confirmant dans la dignité de sénéchal du Quercy, en le nommant capitaine des gendarmes du royaume , et lui donnant 1e bâton de maréchal. Marie de Médicis ne manqua pas, non plus, de l'attacher aux inh-réts de sa régence; en 1616, elle le * chargea de s'assurer de la personne du prince de Condé, malgré les garanties du traité de Loudun, et Thémines n'hésita point à accepter cette mission désagréable.
Le maréchal , comblé des largesses royales , avait , en 1606, fait reconstruire sur un plan beaucoup plus vaste l'ancien château des sires de Gourdon ; il possédait plusieurs autres châtellenies dans la province, et ses richesses et son crédit lui avaient fait prendre la plus grande infiucncc sur la petite noblesse. Cette position presque indépendante de Thémines éveilla les craintes du duc d'Ëpernon, conseiller de Marie de Médicis; il finit par le rendre suspect à la régente. De sou côté, II. 65
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Thémines fortifla ses chiteaui , principalement ceux de Gourdon et de Milhac, et, à tont événement , les pourvut de nombreuses garnisons. Le duc, à cette nouvelle, ne douta plus que son projet ne fût d'exciter une rébellion dans le Quercy , de concert avec le vieux duc de Sully, disgracié par la régente et exilé à Capdenac. Il écrivit aux consuls de Gourdon , les engageant vnement, en sa qualité de gouverneur de Guienne, à empêcher que le château qui dominait la ville ne nuisit aux intérêts du roi , comme à leurs libertés. consul Girles répondit au duc, au nom de ses collègues ; il lui lit quelques représentations sur les difDciiltés de l'entreprise. Le château était, en effet, gardé par deux cents hommes. Hais d'Ëpernqn insista et promit des troupes; le siège fut aussitôt commencé par les bourgeois et le peuple de Gourdon. Girles périt dans un assaut, écrasé par l'explosion d'une mine au moment où il venait d'y mettre le feu. Ses amis jurèrent de le venger : les assaillants réunirent tous leurs efforts dans un second assaut ; ils réussirent h pénétrer dans la place , et massacrèrent presque tous les soldats du maréchal. On rasa les fortiilcations, on livra le château aux flammes.
Délivrés de l'oppression que faisait peser sur eux cette gigantesque forteresse, dernier boulevard de la féodalité, les habitants de Gourdon jouirent pendant plusieurs années de tous les bienfaits du régime municipal. En 1629, la ville fut ravagée par la peste. Sous la minorité de Louis XIV, les Gourdonnais, malgré les sollicitations du prince de Coudé, refusèrent de prendre part aux troubles de la Fronde. Sous Louis XV, il y eut une révolte de paysans aux alentours de Gourdon, occasionnée par les corvées qu’exigeaient d'eux, pour lu construction des routes, les intendants de la province Pouzols et L'Escaloppicr. Cette révolte n'eut pas de suite. EnOn, en 1770 et 1771, la ville souffrit beaucoup de la famine qui désola tout le haut Qucrcy.
Avant la révolution, Gourdon était la troisième parmi les châtellenies qui avaient le droit d'envoyer des députés à l'assemblée des états-généraux de la province; elle jouissait de quelques privilèges , tels que le retrait lignager , la taille réelle et l'exemption de la gabelle. Le nouveau régime, inauguré par les travaux de la Constituante, y trouva des partisans unanimes. Dès les premiers mouvements insurrectionnels de 1769, les habitants du bas pays s'étaient soulevés et avaient démoli le château de Milhac, appartenant à H"* de la Bourriane Thémines. A Gourdon même on pilla la maison de M>** de Fontanges, et le peuple commit quelques excès. Sous l'empire, la ville et l'arrondissement dont elle était devenue le chef-lieu payèrent un large tribut â la gloire de nos armes. Ce flit sous l'administration de M. Magniol, maire de Gourdon, que l'on combla les anciens fossés et qu'on planta sur leur emplacement la jolie promenade connue sous le nom de Tour de ville.
La situation particulière de Gourdon lui donne encore aujourd'hui l'aspect d'une ville du moyen âge ; elle prend de jour en jour cependant une physionomie plus moderne. Quelques jolies maisons ont été bâties sur les boulevards ; on a même élargi la place Saint-Pierre, où se tient le marché, et le plateau de la forteresse est maintenant un délicieux belvédère ombragé de peupliers d'Italie, d'où le regard plonge dans de fertiles et riantes vallées. Les monuments les plus remarquables sont les deux églises de Saint-Pierre et des Cordeliers. Gourdon renferme 5,280 habitants ; l'arrondissement en a près de 90,000.
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Plusieurs personnages célèbres sont nés dans ce pays ; nous citerons, parmi les illustrations de la ville, la belle Alix , femme de Guillaume de Gourdon, fort vantée
Plusieurs personnages célèbres sont nés dans ce pays : nous citerons , parmi les illustrations de la ville, la belle Alix, femme de Guillaume de Gourdon, fort vantée par les troubadours de son temps, et poete elle-même ; Guillaume Farinùr et Fortunier Vastal, tous deux cardinaux de la création du pape Innocent VI : le second, auteur de notes estimées sur la Cité de Dieu; François Marsis, lieutenant général du sénéchal , qui a écrit un livre sur le droit civil ; et plus récemment Joachim ifurof, né à la Bastide-Fortunière, proche Gourdon. Martel, Souillac et Gramat, situées dans l'arrondissement, ont donné aussi te jour à plusieurs hommes distingués. La première de ces villes a vu naître le savant Jésuite Delbeau , le jurisconsulte Lachièse-Murel et Lachièse, député aux Cinq-Cents; de la deuxième, sont issus le bénédictin Jean Veminac, l’un des auteurs du Gallia Christiana, et Raymond Veminac de Saint- Maur, ministre plénipotentiaire à Constantinople après le 9 thermidor ; la troisième a produit le célèbre chirurgien Dubois. Ajoutons que Raymond- Antoine de Fouillac, historiographe du Quercy, est né au château de Mordesson, voisin de Gramat, et que le fameux troubadour Hugues de Saint- Cyr était originaire de Thégra, près de cette ville. '
•AIMT-AinrOHIW. — OAVMABX. — UXraAVÇAUB.
Au sommet d'un coteau qui borde la rive droite du Tarn à sa jonction avec le Tescou, et dont la pente, assez abrupte, s'étend de l'embouchure de cette petite rivière jusqu'à la célèbre fontaine des Fées , dernier et lointain souvenir des temps druidiques, s’élevait, pendant la domination romaine, une station postale, appelée Fines. La grande voie de Tolosa (Toulouse) à Divona (Cahors) passait sur ce point, ainsi nommé parce qu'il se trouvait juste sur la ligne frontière du territoire tolosate et de celui des Cadurci. Autour de Fines se groupaient plusieurs villas patri-ciennes, si l’on en croit du moins les noms latins restés à leurs emplacements primitifs. Le sommet du coteau lui-mème , qui s’appelait Mons-Aureotus , le Mont- Doré, était couronné sans doute par une demeure fastueuse, semblable à celle qui faisait face au Mont-Blanc [Mons- Albanus) , et qui a laissé au lieu où ses colonnes se reflétaient dans le Tarn la dénomination louangeuse de Capoue {Capua), Placé sur le passage des Barbares, le bourg de Fines disparut, pour ainsi dire, sous leurs pieds destructeurs, et pendant trois siècles on oublia jusqu'à son nom.
Vers ce temps , si ce n'est vingt années plus tard, et sous le règne de Pépin d'Aquitaine, un monastère existant déjà, selon de pieux hagiographes, sur le
I. Caibala-Coulure , Biitoire du Queny. — Dominici, BUIoire du (tiurcy. — Bouchet , dnnalâs d'Aquiiainê. — C2tely Hiitoire dei comUt de Toulouse. — L^bb^ de Fouillac, Mémoires sur le Querey. — VidalUel, Bioÿraphie dee yrands hommes du Lot. — Ddpon, u« du Lot.
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Morts- Anrtolus , gous l'invocation de saint Martin de Tours, recueillit et abrita quelques années encore, sous ses trdillcs exposées au midi , la vieillesse de saint Théodard, archcu'que de N'arbonne. Peut-être serait-il d'autant plus rationnel de l'en croire le fondateur, qu'on n'a pu recourir jusqu'ici qu'aux hypothèses pour trouver une autre origine à cette abbaye, et que le premier abbé dont le nom noua soit connu vivait en 905. Mais, en supposant que le moutier du Mons-Aureolus , appelé Monl-AurM et Auriol dans les siècles suivants, ait dû sa fondation è quelque disciple de saint Martin au vp siècle ou à saint Théodard, il est certain qu'à partir de 9.")5 il portait exclusivement le nom de ce dernier. Un demi-siècle apiés, en 990, Robert, le roi des Franks, confirma les privilèges descelle abbaye. En tü79, un autre événement imporhint s'accomplit au Mons-Auréoï; soit que les moines eussent besoin de protection ou qa'ils ne fussent émus que par le haut renom de sainteté de l'abbé Seguin , ils se placèrent volontairement sous l'obéissance de l'abbaye de la Chaise-Dieu d'Auvergne, et se soumirent à la règle de saint llenoit. Arnald II était alors abbé. Sous les tours du moutier s'élevait è cette époque un village qui ne tarda pas à couvrir toute la partie du plateau que n'avaient pas envahie les bâtiments des moines. A mesure que ces derniers s'enrichissaient des dons mortuaires de la féodalité, les toits du village devenaient plus épais; bientôt ce fut un bourg, bientôt les successeurs de saint Théodard curent presque autant de vassaux en Quercy , attachés à leur glèbe, que les comtes de l'oulouse.
(éux-ci, ennemis déclarés de l'Église, avaient vu d'un œil jaloux cet accroissement de puissance, et comme ils étaient les plus proches voisins des moines (car un fort château, bâti au ix* siècle, sur les ruines de la station romaine pour fermer le Tarn aux Normands de Regnaud, et pour ces motifs nommé Château-Regnaud , était occupe par leurs hommes d'armes) n'attendaient que l'occasion d'abaisser l'orgueil del'abbayc; elle se présenta d'cllc-méme en l'année ll'ti. Un abus féodal forçait les habitants du bourg du Mont-Auréol de conduire chaque nouvelle mariée au moutier. Là il parait que le droit seigneurial était exigé à la rigueur : l'abbé Albert, qui tenait sans doute aux privilèges du monastère, l'exerça si souvent, eu lll'v, que les habitants émigrèrent en mas.se un matin et vinrent se réfiigier sous les tours du comte de Toulouse. Ils y trouvèrent aussitôt asile et protection. I.e second dimanche d'octobre, en prv’sence de Pons de Saint-Micbel , Raimond-Sarrazin , Pierre Ouilhem-Poilfort , Adhémar-r.araborda , Pierre de Roais, Tozet, Guilhem du Cloître, Pierre Vital, Pierre de Librae, Pons Astie et Gérald de RuITcl, Alphonse, comte de Toulouse, duc de Narbonne, marquis de Provence et son fils Raimond de Saint-Gilles donnèrent aux émigrants le lieu appelé Monl-Albitn (Mont-Blanc) par opposition au Mont-Doré, Mont-Auréul, pour l'œuvre de la construction d'une ville ou bourg à tous ceux qui voudraient l'habiter sous la réserve du cens et des droits spécifiés dans la charte de fondation.
De chaque jardin large de six stades (stadios) nu perches et long de douze, le comte devait avoir, comme singneur, douze deniers d'acapte, c'est-à-dire de mise en possesàioD. Sur deux setiers de blé, apixirlés dans la ville par les forains, il lui était dù un coup oq demi-boisseau; rien, si la quantité de blé était moindre. Il pouvait préqiire sur chaque charge d'âne (saumade) de sel qui entrait dans la ville, un demi-wisae£i; pour celle que l'étranger apportait sur son cou, une maille.
et une pougeoise , valant dcuv rentimes et demi , pour celle qui était exportée. L’étranger qui vendait un cheval ou une jument, mulet ou mule, devait payer an seigneur quatre deniers, et un seul pour l'itne ou l'ilnesse, la vache ou le bneuf. I.a vente du bélier ou d'une brebis , d'une chèvre ou d’un bouc , n'était frappée que du droit minime d’une pougeoise. Pour chaque bœuf vendu au marché il était dit que les bouchers de la nouvelle ville devraient nn denier ; les boulangers qui ne cuisaient du pain qu'une fois par semaine étaient imposés é une maiHc (5 centimes). Tous les cordonniers, tanneurs, étrangers audit lieu, qui venaient au marché , devaient au comte une rente de six deniers . payable le jour de la Toussaint. Le charbonnier forgeron (carbonellus fnber) recevait des laboureurs une redevance en nature, appelée tauné, et réparait les ferrements des moulins, en payant nu seigneur, après avoir retenu le prix de son travail, dix sols de mise en posses.sion. I.a charte stipulait en outre qu'il serait tenu de ferrer le cheval du comte quand il viendrait à Montauban. Passant ensuite aux redevances indirectes, .Alphonse et son fils établissaient qu'on donnerait le seizième du setier pour droit de mouture, une obole pèur chaque setier cuit nu four banal, cinq sols d’amende pour chaque plainte entre particuliers, trente sols pour effusion de sang , soixante pour avoir tiré l'épée , et tout ce que voudrait le seigneur , s'il y avait eu blessure par le fer. Après avoir imposé ti leurs nouveaux sujets l'obligation de les suivre h la guerre, quand ils en seraient requis, et de bétir un pont sur la rivière du Tarn, les comtes promirent la liberté et leur protection contre toute poursuite étrangère à ceux qui viendraient bfltir une maison dans la nouvelle ville, et jurèrent sur les quatre évangiles qu'ils ne la donneraient en fief, ni ne l'engageraient, ni ne récbangernient jamais.
A ces conditions , les anciens serfs de Saint-Théodard se mirent à l'œuvre et bâtirent le vieux .Montauban (qui garde encore, du reste, son nom antique. Mount- Alhtt), dans ce triangle dont le sommet s'incline vers le midi, et qui, allonseant sa base vers le nord, s'élève sur un plateau assez escarpé entre le Tarn, qui le baigne à l’ouest, le Tescou, qui le rétrécit, en serpentant, au sud, et le ruisseau de la (îar- .rigue , par lequel il est borné du cèté du nord. Pans le but de le mettre à couvert contre toutes les entreprises de l'abbé, le comte de Toulouse Ht construire trois nouveaux châteaux vis-à-vis du monastère même, dont la ville n’était st'part'^ nu levant que par un fossé. Qu’on juge de la fureur de l'ablK'; courant se jeter aux pieds du pape Eugène III, il déposa devant le trdne de saint Pierre les attestations de la plupart des évêques de la fjingue d’oc , et accusa le comte Alphonse d’avoir détruit par la violence l’abbaye de Saint-Théodard , en poussant les habitants du bourg à s’insurger contre les moines, en forçant l’abbé et ses religieux à prendre la fuite, en leur adressant à tous des menaces de mort. Le pape se hâta de prendre en main la cause d’Albert, et, le 9 des calendes- de juillet fliO, fulmina contre Alphonse et Raimond une lettre apostolique datée de Vilerbe, dans laquelle il leur enjoignait , sous peine d'excommunication , de faire satisfaction à l'abbé et à ses moines, et de détruire les châteaux qu'ils avaient construits. Mais la maison de Toulouse ne s'effrayait pas pour si peu , et ce ne fut qu’en IU9 que Raimond, successeur d’Alphonse Jourdain, son père, céda, sur un parchemin griffonné par Honoré Vidal, son secrétaire , la moitié de la seigneurie de Montauban à l’abbé de Soint-
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Théodard. Ce qui prouve toutefois que la concession avait bien exclusivement le caractère que nous venons de lui attribuer, c'est qu'un nouveau traité dut intervenir pour régler, en 1231 , les conventions nominales de 1H9.
L'établissement de la commune peut dater de cette dernière époque; car dès 1 19V Montauban possédait un capitoubit. il doit y avoir à Montauban, dit au folio 2 le Livre ronge, dix capitouls au moins, à la volonté des prud'hommes de la ville et du peuple. Ils restent un an en charge. Toute la commune fait serment de leur prêter force et obéissance, et leur doit bon conseil et secret « en tout ce qui ne blesse pas la seigneurie de monseigneur le comte. > Les capitouls furent d'abord chargés de consener et maintenir les droits et privilèges du comte, et de sauvegarder ensuite les libertés et les coutumes de la ville. Le viguier du comte et le bailli de l'abbé de Saint-Théodard devaient jurer de leur côté devant les capitouls de garder, défendre et respecter les libertés de la ville et de n'actionner personne i leur insu Les capitouls avaient le droit d'infliger une amende (de mettre justesia] aux hommes ou femmes pris en flagrant délit d'adultère. Le tiers de ces amendes était perçu par le viguier du comte. Les capitouls pouvaient connaître des plaintes pour cause d'injures, juger les causes criminelles, conjointement avec le viguier et les prud'hommes, faire baux, criées publiques et établissements utiles à la ville. Huit jours avant l'expiration de leur temps , ils devaient prendre d'autres prud'hommes parmi les plus capables, et les proposer au choix libre et public du peuple. Les élections municipales avaient lieu le jour des Rameaux. Nul ne pouvait être élu capitoul , s'il n'était sorti de charge depuis trois ans au moins. Cette dernière condition, établie en 1250 dans l'église Saint- Jacques, on présence du peuple et du sénéchal, se lie à l'usurpation de pouvoir des capitouls qui, à partir de ce moment, s'investirent du droit de se nommer les uns les autres. Les capitouls, dans la suite , prirent le nom de consuls, et leur nombre varia presque autant que la forme communale elle-même.
I.a nouvelle cité était à peine close , lorsque la tempête qui se formait depuis si longtemps à Rome contre les comtes de Toulouse éclata tout è coup avec fureur, au sujet des Albigeois. Par sa position, qui en faisait une sorte de sentinelle avancée dans les deux pays, le Quercy et l'Ageiiais, d'où les légats tiraient le plus de soldats pour la croisade , Montauban était appelé è jouer un rêle très-actif dans cette horrible guerre , et i devenir l'un des plus formidables boulevards de Raimond. Les doctrines des parfaite Albigeois s'y étaient propagées, comme dans toutes les villes conununalcs, avec une grande rapidité, et il est probable que la haine des bourgeois contre l'abbaye dut en favoriser beaucoup le développement. Aussi , lorsque l'abbé Azémar, qui dans l'heureuse diversion de la croisade voyait un moyen de faire rentrer sous le joug de Saint-Théodard cette population rebelle , qu'il considérait comme sa propriété, essaya de se glisser dans la ville pour en ouvrir les portes à Montfort, il fut saisi et livré lui-méme, en 1211 , au comte qui le fit enfermer dans son rhêteau , où il mourut. Le comte de Foix , ce valeureux et brillant Achille de la civilisation méridionale , en lutte avec Rome , fixa , après cet événement, son quartier général à Montauban. C'est du haut de ses murs qu'il allait s'élancer, la bannière déployée, l’année suivante, pour courir sus aux bourdonniers de.Montfort , dont l'innombrable multitude environnait Moissac, lorsqu’il vit
venir du côté de Cahors une nuée de ces milices fanatiqaes conduites par des chefs en surplis. Fondant avec ses braves chevaliers sur ces masses éparses, il les rompit et les poussa , la lance dans les reins , jusque sur les hauteurs de Lafrancaise , d'où pas un croisé ne serait descendu vivant, si Montfort n'edt envoyé à leur secours le comte Baudouin, qui. comme un autre Caïn, faisait cause commune avec les ennemis de son frère. Baudouin fut puni de sa défection l’année suivante. Surpris sur la Un de 1213 au château de Lolmie par les routiers de Ratier de Castelnau, on le traîna chargé de fers à Montauban. Lâ se trouvaient le comte son frère, Roger Bernard , fils du comte de Fois , et un noble chevalier aragonais , nommé Bertrand de PortelUs. Ces trois personnages crurent devoir faire un exemple, et Baudoin fut pendu â un vieux noyer planté sur la route de Toulouse, à l'endroit où s'élève aujourd'hui la croix de Saint-Orens. Trois jours après son supplice , les Templiers, qui priaient au pied de la croix , eurent la permission de décrocher ce cadavre et d'aller l'ensevelir dans leur doitre de la VHIe-üieu.
Pendant toute cette guerre les bourgeois de Montauban justifièrent les paroles mémorables qu'ils avaient prononcées en 1211, lorsque le vieux Raimond était venu leur lire l'ultimatum du légat ; « Avant de subir ces conditions, nous mangerons nos enfants! > Aussi, dans le traité de 1228, le légat stipula que les fortifleations de Montauban seraient rasées, et qu'on ne pourrait les rétablir sans sa permission. Le lendemain de la croisade fut épouvantable; l'inquisition transporta son tribunal dans la ville , où les châtiments prirent un caractère d'atrocité. Les nobles furent condamnés à être étouffés entre quatre murailles , comme Armand de Montpexat ; les bourgeois soupçonnés d'hérésie périrent par le feu; les cadavres même, arrachés de la tombe, forent traînés en public sur la claie et brûlés. Enfin la paix rentra dans la ville, et il fallut s'occuper d'un objet qui lui importait grandement. Par la charte de fondation , le comte de Toulouse avait imposé aux bourgeois l'obligation de construire un pont sur le Tarn ; mais les circonstances ne leur avaient pas permis de remplir cet engagement. Vers 1303, Philippe-le-Bei le rappela aux consuls et leur envoya deux de ses architectes , Estèves de Ferrières et Mathieu de Verdun. On se mit â l’œuvre sous la direction de ces ntaltres, et, à force d'étre stimulés par les ordonnances royales, les consuls Bnirent par achever, au bout de treixe ans, l'un des ponis les plus hardis du royaume. Composé de sept arches en ogive, et défendu par trois tours carrées et crénelées, ce pont fat terminé en 1316, et ne coûta que sept mille trois cent quatre-vingt-trois livres dix-huit sous trois deniers.
L'année suivante fut heureuse pour Montauban. Tout dévoué au pays qui l'avaH vu naître, Jacques Dossa , flis d’un savetier de Cahors , assis sur la chaire pontiticale sous le nom de Jean XXII, après avoir rempli de Quercinois le sacré collège , érigea l'abbaye de Saint-Théodard en évêché. Bertrand Dupuy, le dernier abbé de ce célèbre monastère, devint le premier évêque de Montauban. Son diocèse, pris en par.ie sur celui de Toulouse, ressortit au siège ardiiépiscopal, que, pour apaiser le prélat dépouillé, Jean établit dans cette deriiière ville. Quarante-cinq ans se passèrent après cet événement , durant lesquels la peste de 1358 et la lutte anglofrançaise ne cessèrent d'agiter et de troubler la cité. Le désastre de Poitiers survint ensuite. Montauban fut cédé à l’Angleterre par le traité de Brétigny, et vers la mi-
GUIENNE
août 1361, les consuls reçurent les letlres-patentes ..datées de Vincennes, qui leur siguinaient cet abandon , et que leur clerc transcrivit avec une douloureuse émotion sur le Folio C4 du Liore a^mé. Jean Cbandos, tîrulenaml général é$-parlies de irance pour monseigneur le rog ri Angleterre, seigneur et Irlande et (V Aquitaine , se présenta le 20 janvier de l'année suivante dans celte ville et en prit possession au nom de son inatlre. Puis , attendu que v les borgcois estuicnt venus de bonne et preste volonté à la subjection et obéissance de sondit seigneur, » il leur pardonna, quitta et remit toutes les peines et amendes qu'ils pouvaient avoir encourues. Quant aui privilèges de Montauban, ils furent solenne llement conlirmés le même jour par Jean Cbandos, et au mois de janvier 1363 par le prince de Galles.
Trop intelligents pour ne pas sentir l'importance d'une ville qui était comme la tête de leur puissance sur l'extrême frontière , les Anglais la furlilièrent avec soin et en lirent leur principale place d'armes. On vil bientôt combien leurs prévisions étaient justes. En 1366, les routiers qui allaient rejoindre è Bordeaux le prince de Galles pour l'expédition d'Espagne . furent arrêtés sur les glacis de Montauban par les lances du duc d'Anjou. Ils demandèrent le passage que le prince refusa ; sortant alors tète baissée sous le commandement de deux chefs énergiques, Bertucat d'Albret et Hoberl Cheney, les compagnons marchèrent droit aux Français qui les reçurent si vigoureusement qu'il leur fallut reculer en toute liMe et regagner les barrières de la ville. Là une nouvelle lutte s’engagea , le capitaine de la place lit armer « toutes gens, et commanda que chacun en son loyal pouvoir aidât les compagnons. Lors s'armèrent tous ceux de la ville , et se boutèrent en l'escarmouche, mèmement les femmes, qui jetoient cailloux si roidement sur ces François qu'ils reculèrent à leur tour par force, a Deux ans après , Charles V, après la protestation des seigneurs gascons aux états de N iort, contre lu demande de subsides du prince de Galles , fit parvenir à Muntauban les lettres-patentes dans lesquelles il déclarait aux bourgeois et à scs autres sujets de la province du Guienne, que, « quoique ce pals eût esté baillé par le roy, son prédécesseur, au roy d'Angleterre la souveraineté avoit esté réservée, dans ce traité de pais, au roy de France, de sorte que les appeltations pussent estre portées au Parlement et souveraine Cour des Pairs à Paris. •
Mais, ni cette déclnralion, ni les sommations de Rairnond de Habasteins, sénéchal du roi de France, n'auraient changé l'état des choses. Ralier de Beaufort, qui te comprenait mieux que personne, distribua secrètement mille sots aux principaux bourgeois, et ceux-ci, prolitant du départ de Jean Cbandos et de Robert Knowles, qui s'étalent dirigés avec trois cents lances sur Üuravel, attaquèrent pendaiu la nuit la garnison onglaise et livrèrent les portes à l’agent du duc d'Anjou. Ils n'eurent pas lieu de s'en applaudir : bien qu'au mois de juin 1369 et le ü aoiU de la même année ce prince eût amnistié Moutalban et eût promis de bonne foi aux consuls la protection du roi de France et l'octroi de tous les privilèges, de toutes les faveurs qu'on pouvait souhaiter, quand il fut bien établi dans son oOice -de lieutenant du sénéchal du Quercy et de gouverneur, il commença à tenir un autre tangage et une autre conduite. Les bourgeois avec lesquels il avait traité , Johaii dei GrilToul et Bernard t^vacr, qui essayèrent de s'opposer à ses exactions, furent attachés au gibet : les cachots du château royal lui Orent raison du notaire
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Pradel, qui avait en le courage de recevoir l'appel de «es victimes; la torture brisa pendant quarante jours les os de Plsntavinha sans abattre son courage , les libertés municipales furent suspendues, les élections consulaires annulées, et tout ce qui avait quelque chose à perdre, quelqu'un à sauver des violences du proconsul, courut se réfugier à Moissac. II semble qu'un pareil abus de pouvoir aurait dd tourner de nouveau les esprits vers l'Angleterre; celle-ci ne se remit pourtant en possession de Montauban que par une sorte de surprise et pour très-peu de temps. En 1(33, le peuple était si mal disposé pour les Anglais que, sur un simple soupçon de connivence avec ces ennemis héréditaires, il traîna deux jacobins devant les consuls, qui les firent coudre dans des sacs de cuir et jeter du haut du pont dans le Tarn. Pour récompenser en partie cette loyauté , Charles VII préféra Montauban à Toulouse, en retenu dans le midi par la rigueur de l'hiver, qui était telle que tous les chevaux des homnoes d'armes étaient morts, il passa les mois de janvier et de février dans cette ville et logea, après l'avoir ennoblie, dans la maison de l'évêque, devenue plus tard l'hétel-de-ville. C'est lé qu'il perdit lahire, le Du Guesclin de la Guienne.
Apres l'expulsion des Anglais, l'histoire de Montauban se concentra dans l'enceinte de ses vieux murs pendant cent dix-neuf ans. De à 1561, en effet, elle fut toute municipale; nous avons laissé les consuls, en 1313, occupés è la construction du pont. Il parait qu'ils y mettaient si peu de probité qu'en 1321 un arrêt du parlement de Paris les condamna pour malversation à huit mille livres d'amende envers le roi , mille envers le juge Mathieu de Courjemel qui les avait dénoncés, et supprima en outre le consulat. Grèce k l'intercession du pape Jean , il fut rétabli vers le commencement de janvier 1322; toutefois l'ordonnance de Charles IV mit plus d'une restriction à la possession de la vieille liberté municipale, et substitua souvent l'autorité du viguier royal à celle des consuls.
Au passage de Charles VII se rattache on nouvel affaiblissement de la commune; le malheur des temps, la rareté des vivres et la misère qui régnait dans la ville, trop pauvre pour payer les robes des consuls ( nec vestes ipsorum facultas solvendi reperiri potest), obligèrent le roi à réduire le nombre de ces magistrats à six. Cinquante-un ans plus tard , en 1593, un arrêt du parlement de Toulouse, rendu le 8 mai, établit que, < doreshavant & chacune qmnination et élection des nouveaux consuiz de Montauban , chacun des vieux coosùh de l'année précédente seroit tenu d’avoir et mener avec luy quatre notables hommes de sa gasche (quartier) et consulat pour, comme conseillers, estre présans et oppinans aux iceux vieux consuiz à la dicte nomination et élection des nouveaux consuiz lesquels «voient accoustumé estre et estaient six en nombre , les trois devant estre des bourgeois de la dicte ville au nombre desquels estaient compris les nobles clercs et marchands d’icelle; et les trois autres des populaires au nombre desquels estoient compris les méchaniques habitants de la dicte ville, desquels trois populaires l'un seroit toujours des forestains populaires demeurants dans ledict honneur et consulat, laboureur homme de bien et honeste, lequel consul seroit tenu de demeurer, habiter et faire continuellement résidence dans ladicte ville comme un des autres consuiz et soy porter honeslement. Et quand viendroit à la fin de son consulat, aurait avecques luy quatre laboureurs gens de bien d'iceux populaires, demeurants hors la ville, pour estre nommés,