M0I88AC
Au pied de cette chaîne de coteaux, foméa par des couches d’argile en roche de grès mollasse et de calcaire terreux, qui bordent le Tarn depuis sa jonction avec l'Aveyron jusqu'au moment où il se perd dans la Garonne , et dans une sorte d'enroncement naturel , creusé entre le point culminant des coteaux et la rive droite du Tarn, il existait, en 817, on monastère sous l’invocation de saint IMerre. Qui l'avait fondé et lui avait donné le nom de MoTssiacum ou Musciacum, U lieu aux Mies funlaines , si . l'on en croyait l'étymologie hébraïque de Vausernay, personne ne l'a su exactement. Les moines dans leur carlulaire remontent, comme ils faisaient tous, jusqu'à Chlodwig. Mabillon en attribue la fondation à Clilotaire II, les bénédictins penchent pour Pépin d'Aquitaine; mais aucune de ces opinions ne nous semble présenter la moindre certitude histocique. Ce n'est, au surplus, qu'au IX' siècle que l'existence du monastère de Moissac est positivement constatée par les documents, car saint Arnaud, l'abbé fondateur, appartient plus à la tradition qu'à l'histoire. Ansbert, Léutadius, Paternus, regardés tous les trois comme des saints, édifièrent, dit-on, les premières cellules du monastère, où les Sarrasins ne tardèrent pas à porter la flamme. De 71^ à 816, une longue suite d'abbés, Amarand, Réttoald, Pétroald, Clodorinus, Edaran, Dedaran, Remedius, üéodat , Ermerinus et Andrald ne Rirent occupés qu'à relever ces chétives murailles sans cesse détruites par les Arabes ou les Nordmans.
L'abbaye était pauvre encore et ne possédait, outre le flanc calcaire et aride alors des coteaux que baigne le Tarn, qu'une prairie au bord de l'Aveyron , donnée, en 783, par Angarius, et dix-hnit villages dus à la libéralité de Nizezius et d'Ermentrude. Mais , à partir de 8^0, la piété des barons et des femmes agrandit magnifiquement le cercle de ses domaines. Le noble Altonove lui donna d'abord le château appelé Sarrazin , parce qu'il avait été probablement construit on occupé par CCS barbares ; en 880, Renidius et Garlindis firent présent d'une vigne à l'abbé Witard : le successeur de ce dernier, bien moins heureux, ne reçut en don qu'un jeune homme, dont son père Seguin, fils de Oimbert, et sa mère Ermessinde, fille d'Etienne et de Richilde, firent l'oblation au monastère pour la rémission de leurs péchés. Par compensation, dans le siècle suivant, Ariiald et Hugo attachèrent è la glèbe monacale le riche aleu ou propriété héréditaire franche de Villebrumier. Puis arriva le xi* siècle et les legs pieux affluèrent. L'alcu de Cologne en Saintonge fut donné, en 1003, par Âmalia ; celui de Montsentou ( àlons sanctus), en 1030, par Étienne; en 1066, le comte de Toulouse, Guilhem, rendait l’abbaye propriétaire de l'église de Saint-Pierre de Cos, le frère de l'abbé Hunald lai abandonnait celle de Rredoms en Auvergne ; Hunald de Béarn celle de Saint-