CHATEAU-SALINS
Chdteau-Salins. Mais lorsque le prélat offrit de payer l’indemnité dont il était convenu , la duchesse chercha des prétextes pour éluder les promesses et les stipulations du traité. Cette mauvaise foi provoqua une nouvelle prise d’armes de la part de l’évéque; les Messins ayant embrassé son parti, il attaqua de nouveau Chéteau-Salins, le prit, en démolit les rorliflcations et en arracha jusqu’aux fondements. Il obtint ensuite, de Marie de Blois, une renonciation complète aux droits qu’elle prétendait avoir sur la forteresse et les terres en litige. Cependant un rapprochement ne tarda pas i s’opérer entre le prélat et la duchesse, car nous voyons Adémar, en 1318 , engager à celle-ci , pour trois ans, son chAteau de Boaurepaire comme caution de la promesse qu’il lui fait de ne pas mettre d’obstacle au réta- Uissement de la maison forte de Chàteau-Salins , à la reconstruction de laquelle il contribua d'ajlleurs en payant A la duchesse une indemnité de six mille florins.
Il ne faut pas croire qu’il s’agissait seulement, dans ces guerre acharnées, de la possession d’une forteresse : ce qu’on se disputait surtout, c’était les produits considérables des salines auxquelles la ville a donné son nom. L’histoire de ChAteau-Salins {Castrum Salinarum) commence et flnit, du reste, avec les sanglants débats dont noua venons, de donner une rapide esquisse. Depuis le xv* siècle , ses habitants, absorbés entièrement par l'exploitation des salines, ne prirent aucune part ostensible , du moins, aux événements politiques ou militaires du duché. La ville puisa dans les ressources de son industrie, une importance qui y fit établir un bailliage, lequel était régi par les coutumes de Lorraine et de Saint-Mihiel. Jusqu'en 1555, les ducs de Lorraine y entretinrent un prévét de Marche, ayant une compagnie de cent hommes sous ses ordres , et dont la juridiction s’étendait des rives de la Meuse à celles du Rhin. La réunion de la Lorraine à la France , en 1736, n'amena aucun changement à ChAleau-Salins. D'après l’abbé Expilly, les produits de ses salines, en 176A, alimentaient en partie la consommation de l’évèché de Strasbourg et étaient exportés au delà du Rhin. Cent livres d’eau salée donnaiont onxe livres de sel. L’exploitation de cette industrie ayant été ab.mdunnée en 18-26, on vendit les bâtiments qui y étaient consacrés depuis si longtemps. La ville de ChAteau-Salins, située sur la Seille, a des faïenceries, des verreries, tanneries, des moulins A plAlre, et fait un commerce considérable de toilat chanvre. Elle possède une société d’agriculture qui a rendu des services «B jptys. Bien qu'elle suit le chef-lieu de l'arrondissement de son nom , dans lequel oo ' compte plus de 70,000 habitants , elle n’en a point le tribunal de première instance , dont le siège a été établi à Vie. La population de ChAteau-Salins ne s'élève ' pas à 3,000 Ames. Avant la Révolution, on y voyait un courent de Sainte- Élisabeth ou de sœui-s grises. '
1. Doin Caloiel. Hiitoir$de Lorraine. ~Durival, De$eription de ia lorraine.'^ Ëiliilly, J>icfionn<nre des Gauiee. — -Hesseln, Diedonnaire universei d^la France.