‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 104 sur 120 · ÉPI NA L · texte numérisé non relu

ÉPI NA L

loire d'Épinal n'ofTrit rien de i-eniarquable. En 1790, l'Assemblée nationale érigea celte ville en chef-lieu du département des Vosges : la Révolution y trouva de sympathiques adhésions et n'y fut souillée d'aucun excès.

Ëpinal, située dans une vallée assez rcsseiTéc sur les bords de la Moselle, laquelle divise ses eaux, en l'abordant, pour les réunir à sa sortie, est ainsi partagée en trois parties distinctes : la grande ville sur la rive droite , la petite > ville dans une île, et le faulmurg sur la rive gauche. Cinq ponts, dont on en fer suspendu, et l'autre en pierre, récemment achevé, relient toutes ces parties entre elles. Les rues sont tortueuses et irrégulières, mais assainies par de nombreuses fontaines et des ruisseaux d'eaux vives. Il n'y a guère d'autres monuments que l'église, dont la fondation date du xi' siècle : elle avait depuis longtemps besoin de réparations urgentes; le curé, M. l'abbé Boulanger, a employé le zèle le plus louable et te plus éclairé pour arriver à consener cet édifice, l'un des plus anciens et des plus curieux de la Lorraine. Le département des Vosges renferme 119,992 habitants, sur lesquels il faut en prendre 97,098 pour l'arrondissement du chef-lieu et 10,018 pour la ville même. Le commerce d'Épinal consiste en grains et graines grasses , chanvre et lin , bestiaux , papier, fer, bois de merrain et planches de sapin; on y exploite des forges, des verreries, des faïenceries, des fabriques de broderies et de dentelles , et surtout d'images coloriées, produit t|ue le commerce répand dans le monde entier, dont on a trouvé des exemplaires à Alger, en 1830, et qui ont peut-être contribué, autant que les œuvres les plus précieuses du génie français, h propager et à populariser les idées de la grande nation. Ëpinal s'est distinguée, entre toutes les villes de la Lorraine, par son ardeur à accomplir toutes les réformes. L'instruction primaire, lés hautes' études , les sociétés agricoles, industrielles et littéraires, les maisons de bienfaisance, la bibliothèqne publique, le musée, toutes ces institutions sont en progrès. Les habitants trouvent aux alentours de la ville, entourée de forêts, des promenades agréables et-variccs; mais la plus rapprochée et la plus belle est celle 4u jardin Doublât : c'est une montagne entière oVi les efforts de l'art le plus ingénieux ont substitué à des rocs nus et arides des avenues fleuries, percées à travers une Jeune forêt, des bosquets, de vastes pelouses, un lac que traverse un pont de bois, une serre qui renferme les plantes les plus rares, des colonnes, des statues, des chalets, des ruines féodales, des antres, des cavernes, de vieilles armures , tout ce qui a pu , enfin , éclore du caprice d'une riche imagination , et par dessus tout un riant belvédère au sommet de la montagne , d'où l'on découvre la vue admirable de tous les environs.

Parmi les illustrations d'Épinal, nous citerons particulièrement l'abbé Georgel, grand vicaire du cardinal de Rohan, et son défenseur dans la fameuse affaire du collier; on sait que le poète Pellet , surnommé le barde des Vosges, et dont la mort a laissé des regrets à tous les amis de là poésie, était aussi natif de cette ville. Qu’il nous soit permis, en terminant, de signaler quelques hommes qui honorent en ce moment Ëpinal dé leurs travaux : ce sont MM. Charles Charton, chef de bureau à la préfecture , auquel on doit, depuis 1821 , l'Annuaire des Vosges, publication pleine de renseignements exacts et curieux , ainsi que la Revue pittoresque des Vosges, écrite avec autant de talent que de connaissances ; A, E.Oer/-

LORRAINE

ôerr, insp«ctear général adjoint des prisons du royaume, économiste et journaliste dwtingué; et BaUôn fils, avocat, qui prépare une histoire complète d'Epinal et auquel nous sommes redevables de plusieurs des éléments dont se compose cette notice. Épinal, d'après D. Calmet, portait cTazur à In croix iC argent, Fécu semé de fleurs de lys d'or, et, d'après Durival et Charton, de gueule à la tour crénelée et tourellée i argent, maçonnée de sable. '

8AINT-DIÉ.

Vci-s l'an GOO, C.lùliléric II , de\enu.roi d'Austrasie, fit venir d'Alsace, Dieudonné ou Déodat, ancien évôquc de Nevers, pour l'engager à former dans le Cliaumontnis un établissement pareil à celui de l'ile de Novientum, ou Ebersmnnster, en Germanie, qu'il dirigeait avec éclat. Le saint homme, obéissant aux désirs du prince , se dirigea vers sa nouvelle patrie , avec quelques-uns de ses deciples. L'un d'eux , suivant la légende, surpris par la nuit à la descente de la montagne d'Ormont , a fut contraint de se coucher sur un petit mont qu'ils appelaient les Jointures, et, abattu d'un profond sommeil,, reçut en songe ordonnance de la bienheureuse mère de Dieu pour l'établissement d'nn monastère , è Fendroit même et place où il prenait son repos; si que, peu après, il y bâtit une. église et colloqua le maître autel au lieu de la vision. » Le même lieu devait devenir, plus tard, le noyau d'une ville importante, et la cathédrale s'éleva sur Fem- - placement de la première église.

Ghildéric, en persuadant à Dieudonné dé venir continuer dans les Vosges le succès de sa mission, lui avait fourni tous les fonds et tous les privilèges qui pouvaient l'aider à l'accomj)lir. L'apôtre, descendant la montagne d'Ormont, s'arrêta nu coniluent de la Meiirthe avec le ruisseau de Robache, et nomma fol de Galilée le beau vallon qui s'étendait à ses yeux et où l'avait conduit une ancienne voie romaine partant de flovientum et aboutissant à Stivagium par le val de Bruch. Il fallait que les montagnes des Vosges offrissent un attrait bien, puissant aux âmes pieuses, puisque l'établissement créé par Déodat existait à peine depuis quelques années, que déjà <le nouveaux monastères s'élevaient dans le voisinage et augmentaient le nombre de ceux qui l'avaient précédé dans le pays. Les com-; munautés nouvelles prospérèrent : leur puissance temporelle s'agrandit et s'affermit. Le monastère de Galilée possédait à lui seul une étendue de pays de sept

1. Dora Galmct, IJistelrt de Lorraine et floliee de la Lorraine. — Durival, Mémoires sur la Lorraine. — Bevon, Abrégé de dam Calmet. — Charics Charton, Annuotre des l'osges et Revus /, Moresque des Vosges — lliiauenin. Guerre de /.orrniM. — Bégin , llislotre de Lorraine. — Ailricn de Yatoia, Notitia Galliarum. — Chronique inédite du xv- siècle, aitnbuée à J«*an de Pont. piarlea Cliaiizj, £isai sur f histoire d'Epinai. — Annales de la société d’émulation des Vosges. .-.Ballon, Btstoireinédiée d'Epinat.

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