‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 110 sur 120 · BAU-LE-J)V · texte numérisé non relu

BAU-LE-J)V

se qualifièrent plus dès lors que de eomles. jusqu’è Itobert, gendre du roi Jean, qui se créa din’. Les reeljinialions de la l■■rüneü sur le Barrois mouvant n’ont pas eu dans la suite d'autre origine. En 103H , Eniies, eomie de Cliainpagne , avant attaqué les alliés de Conrad, son coinpélileur à i'Einpire, s'empara de Bar et y mit ie feu ; le 17 septembre de l’.année suivante . il fut tué dans une bataille que lui livra, sur le territoire de cette ville, tiolbelon, dur de la basse Lorraine, envoyé par l'Empereur, avec une armée, au secours de la comtesse Sophie. Celle-ci mourut, en t092, après avoir fondé le prieuré de Notre-ltame, qu'elle donna, en. 1088, à l’abbaye de Saint-Mibiel ; en y ajoutant les fonds et les revenus appartenant à la cure (b; la ville. Son arriére-petit-tlls, Benauü !•', rude batailleur du moyen ilge, lit tour à tour la guerre ou comte de Luxembourg, è révèqin^ Kiclrard de Verdun et à l’Empereur lui-mème, qui vint l'assiéger dans .son ebilleau, l’y prit et l'emmena prisonnier. C'est sur cette captivité du comte de Bar que les auteurs allemands basent les prétentions de l’Empire a la suzeraineté du Barrois. On verra dans la notice sur Pont a-Mousson comment l'Empci’eur rendit 1a liberté à Benaud. Celui-ci n'en profita que pour se venger de l'abbé de Saint-Mibiel, ainsi que de l’évèque de Verdun dont il était l'avoué et dont il ravagea tous les domaines (1U9). Benaud II, son lils , accompagna l.ouis-le-Jeiinc en Palestine, et SC lit remarquer au siège de Damas. I.c Itariois fut augmenté par lui de la cliiltellenie de l.igny. dot de sa femme, Agnès de Cbampagne.

Henri I", lils de Benaud II , alla combattre aussi dans la Terre' Sainte où il fut tué aux côtés de Uiclinrd-C.aeur de-Linn , a la terrible journée d'Arzur (1192). .s'on frère, Tliilmul I", <pii lui succéda, acheta ihi dur de Bourgogne le comté de Luxembourg, et lit la gueri'e nu duc Ferry de Lorraine et ii l'évéque de Meti. Il s'empara de Ferry auprès de l'abbaye de Gorw, et lui imposa des coinlilions qui rendirent le Bi'rrois l’égal du duché de Lorraine. A Bouvines, le comte de Bar, Henri II, combattait dans la bataille de Pliili|vpe- Auguste, mais, au lieu de s’attacher à la fortune de ce monarque, il retourna dans le Barrois, où il eut à soutenir dés gueires contre les comtes de Cbampagne et les ducs de Lorraine. Sur la fin de sa vie, è l'eXemple de ses prédécesseurs, il prit la croix et péidl à la bataille de (iaza, en 1239. Tliihniit II fut hr personnage le plus politi(|ue de son tenps. Louis XI au petit pied, continuellement en guerre averses voisins , il rendit le Barrois p.lus compacte que jamais, et l’éleva à une telle puissance qu’il était en quelque sorte l'arbitre de la Uirraine et de la Champagne. Sous Henri IH , gendre d'Édouard I" roi d’ .Angleterre , la prospérité du comté souffrit grandement desluttes de son prince avec la France. Henri III prit parti pour son beau-père contre Pliilippe-le Bel, entra aussitôt en Champagne, y fit d'immenses ravages et biôla l’abbaye de Beaulieu. Le roi de France se hâta d’envoyer contre lui Gaucher de Crécy, connétabh' de Champagne, qui ne tarda pas a s’emparer du comte. Une fois prisonnier, Henri fut conduit à Bruges dont il ne sortit qu’après deux ans de captivité , en signant ie traité le plus itésasircnx des annales du Barrois ( l3Ut ). Il s’obligeait pour lui et ses héritiers à fairt! bommagi’-lige au roi et à scs succescessenrs les rois de France, de sa ville et chôtelicnie de B ir, et de tout ce qu’il y tenait en fronc-aleu en deyà de la Meuse : — è i é|>arer, avant la tin du mois d’amlt dp la mémo année, les dommages faits par lui et les siens à lialtbaye de Beaulieu ;

LOHHAINË.

— à faire la gueire en Chypre, et à y résider jusqu'à ce qu'il plût au roi de le rappeler. Peu de temps après la conclusion de ce traité, la noblesse du Rarrois s'assembla et protesta contre ce que le comte avait fait, prétendant qu'il n'était pas en son pouvoir d’aliéner sa souveraineté qui avait été indépendante de tout temps. Mais la France ne tint compte de ces protestations, et le traité de 1301 fut la prumière brèche pratiquée contre rindépendancc du duché de Bar. Henri mourut en allant à l'Ile de Chypre-

Son successeur, Édouard I", guerroya sans succès contre les ducs de Lorraine. Pris à la bataille de Froiiart par le duc Frédéric II, il fut forcé de démembrer ses états pour acheter sa libcrb; ( I3IV). L'année suivante , il concourut à la construc- -tion de la collégiale de Saint-Pierre, fondée par Anselme de JuinvHIe et soitantedeux gcntilshoinmes : il amortit gratuitement les biens de cette fondation et tous ceux que le chapitre pourrait acquérir pendant cent ans , sous la retenue pour lui et ses successeurs de la collation de toutes les prébendes. Édouard assista sous jes bannières de Philippe VI à la bataiHe de Mont-Cassel ( 13-29). Le comte Henri IV mourut à la cour du roi de France ( I3’»i ). L’esprit français favorisé par les guerres continuelles du comté avec la Lorraine, envahissait le Rarrois; le traité de Bruges portait ses fruits. Robert , devenu comte de Bar en IS.'ii , prit, eu 1351 . la qualifleation de duc. Aucun historien ne rapjiorte ni ne rite le titre primordial de ce changement, et l'on n'a rien de plus positif et de plus certain que deux actesqui se trouvaient dans les archives de Saint Pierre-dc- Bar. Le premier est conçu en ces termes ; h faisons assçnvoir, que nous , l’an de grâce notre Seigneur, 135i, le mercredi après la fête .Saint-Luc , avons scellé res présentes du scel de ladite comtié de Bar. . » L'autre contient ceux-ci : « Faisons connoissant à tous , que nous l'an de grâce 135V lou 30 janvier, par la vision desquelles lettres, noussu.sdits avons scellés les présentes lettres dou scel doudit douebiés de Bar... u Le sceau du mois d’octobre a pour légende ; Siÿilliim comihilûs llurri, et on lit sur l'autre : Siyillutn Jucalûs Hurri. Robert ne faisait (lu'u.ser de son droit , il reprenait simplement son véritable titre; quant au\ aflirmalions des écrivains français qui prétendent que ce fut pour faire honneur à la lille du roi Jean son épouse , elles tombent devant 1a date de ce mariage, qui n'eut lieu à Bar que le 5 octobre l.'ICV. En 1300, les grandes compagnies se jetèrent sur le Barrois, appelées par le comte de Vaudemont qui disputait la Lorraine au duc Jean. Robert secourut le duc et fut battu avec lui à Saint-Bénigne. Cette victoire livra le |iays aux grandes coiu|)agnies, qui le ravagèrent si cruellement i|ue la famine et la peste les obligèrent à le quitter. Malgré ces malheurs, Robert fonda à Bar, en 1306, une maisoiv de religieux de Saint- Antoine; c'était le premier couvent placé dans la cité, il était situé dans la ville busse. Quelques années après , le duc de Bar fut pris par lus Messins |13U8) auprès de Ligny; sa captivité dura un an, et codtn encore un nouveau ilémcmbrement nu Barrois. Cela n'cmpècha pas Robert de fondera Bar, avec .Marie de France, son épouse, un nouveau couvent pour l’ordre des frères ermites de Saint-Augustin ( 1372). I.es fondations religieuses achevaient de ruiner le duché. Cependant ce fut .sous ce règne que l'on commença à fortirier la ville has.se de Bar : commencé en 1307, ce travail languit jusqu'en 1372 et ne fut terminé que sous les ducs suivants. Les murailles avaient vingt pieds de hauteur et quatre

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BAR-I.K-Dl'C

pieds de largeur jusqu'aux entablements : elles l\irent construites au moyen de corvées exécutées par les Barisiens et les habitants des villages voisins. La ville haute était FortiQée depuis sa fondalion.

Édouard ill fut tué à Azineourt ( 1il5). Sa mort fut le signal de la perte du Barrois : un de ses frères, Louis de Bar, évéque de Verdun et cardinal, s’empresse de saisir re magnifique héritage qui ne larda pas à lui être disputé par .sa soeur aînée, Marie, épouse du duc de Mont. Im loi salique n’était pas reconnue dans le Barrois, le cardinal était un usurpateur, mais il disposait des forces du Verdunois et il avait eu .soin de s'emparer de Bar ; il était d’ailjeurs soutenu par le duc de lorraine. Aussi, malgré le soulèvement du Barrois, il n'avait rien à craindre de son compétiteur. Cependant quand il apprit que le duc de Mont était à la tète d'une arniiV , il commença à témoigner des craintes cl il se démit du duché h Saint-Mihiel, le 13 août 1419, en faveur de René d'Anjou , comte de Guise, son petk-neveu. Pour mieux as.siirer l’aicnir de son favori, le cardinal lui lit épouser la lillc du duc Charles II, Isabelle de l.orraiue, unique héritière de ce duché. C'était réunir le Barrois à la Loiraine, joindre deux peuples ennemis ; aussi y eut-il des tumultes à Bar, et datis toutes les villes on attendit avec impatience l'is.sue de la guerre querenait d'entreprendre le duc de Mont. Ce dernier débuta par des succès; il emporta Briey, Étain, et ne s'arrêta que devant l’armée lorraine commandée par le duc Charles. .Alors « a<lvint qu’il retournait de voir sa mie à Soleure (Soleuvre) laquelle dame étùit religieuse de l'abbaye de Tiffertange. f.c duc Charles le lit pourchasser, lequél fut prins et dit : — .Messieurs que me demandez-vous? Je suis un pauvre gentilhomme qui vient de voir sa mie, de par qui me faites-vous prisonnier? — De monsieur notre ihaltre le duc t^harles. — Je crois quand je serai vers lui il me fera la bonne chère. Lesdits l’emmenèrent à Nancy. (Juand le dur Charles le vit, le fait emprisonner en sa maison, où demeure à présent Chasteau-Neuf, et n’en partit jusqu’è ee qu’il quitta son droit qu'il disait avoir au duché de Bar, et eut bon appointement au dit duc Charles ». Cet échec consomma la perte du Barrois : considéré par la Lorraine comme pays annexé,' il eut à subir [dus de malheurs qu'il n'en avait supporté jusqu’alors ; c'est pourquoi , a dater de ce moment , la population et le commerce de Bar allèrent toujours décroissant.

• Sous les anciens .seigneurs Bar était gouverné, après le comte , par la chambre do conseil et des comptes. On n'a pas les litres de son établissement, mais il existe de.- chartes de Thibaut 11, qui prouvent que de son temps cette institution était en plein exercice. "Tous tes olliciers qui en faisaient partie étaient conseillers du comte, et réparlissaieut In subvention et les autres impositions générales sur toute l'étendue du Barrois. Ils vérifiaient en outre les dépenses, faisaient re qu’on appelle aujourd'hui le builget, et rendaient la justiie basée sur des coutumes locales et traditionnelles. Ces routuincs, comme l'Ëtablis-ement de saint Louis, consacraient la responsabilité morale des animaux et lus assujctti.ssaient aux châtiments de la lui pénale : ain.si, on voit i Uqr, en 1467, le dernier jour de mars, maître Didier, sergent et exécuteur de la haute justice , pendre è la potence des Preys un chat qui avait étranglé un enfant de quatorze mois, au lieu ilc Longeville, en la maison de Clément le bachelier dudit lieu. La cour supérieure de justice du

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