‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 111 sur 120 · I.OKKAI.NK · texte numérisé non relu

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Barruis jirgcoil A Suiiit-Miliiel sous le nom de (irauds-Juurs : r'élait une espèce de jury. Il avait aussi des assises dans celte ville, mais elles furent quelquefois tenues A Bar (UG'i et 1VG9). I,a cliamiire des comptes se composait d'un président, de onze conseillers, d'un procureur pénéral et d'un avocat général ; elle fut laissée au Barrois jusqu'à sa réunion à la France. 0>mmc princes souverains, les comtes de Bar battaient monnaie ; on parle.de quelques pièces frappées à Bar sous Cliaribert et Cbildcbcrt II; c'est un fait très douteux' et imposible à vérifier; quant aux monnaies comtales et ducales, elles ne sont pas rares. Toutefois les plus communes sont celles du comte Edouard F' et du dur Roberl. Henri IV avait fait un traité avec Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, pour la fabrication d'une monnaie à l'empreinte de leurs armes, et qui aurait eu cours dans le Barrois et le l.uxendiourg ; elle devait être frappée pour le roi de Bohème à Luxembourg et à Damvillcrs, pour le comte de Bar à Sainl-Mildel et à Etain , ou ailleurs s'il lui convenait. En Idll, licniïrny de Gondrecourt était maître de la monnaie d'Édouard II. En I3ôi, le duc Itoberl concède la ferme de ses monnaies à Humblot de Gondrecourt, avec pouvoir de faire à Saint-.Mibiel ou ailleurs, une monnaie blanche (nommée phnquft nu hlunqiieUr), « qui sera à trois deniers d'aloy « et en général de faire toutes manières de monnojes blanches et noires de tel « poids cl aloy comme sont les inonnoyes du roi de France et seront au nom dun dit comte. » Les ateliers de fabrication étaient : Bar-lc-Duc, Saint Mihiel, Clermont et Étain ; ils furent feriné'S à l'avénemcnt du dur René au Irène de Lorraine. La juridiction ecdésiastique était tenue par révéqiic de Tool qui avait un official et un promoteur résidant à Bar pour connaître dans la mouvance du Barrois des affaires qui étaient de sa compétence. Le commerce du duché était concentré dans sa capitale, et il avait une certaine importance pour les lainages cl les tanneries. Les métaux étaient travaillés à Bar avec assez de succès, et c’est sous le règne des comtçs que fut élidili le canal de dérivation qui fait passer l'Ornain an pied de la montagne on est bâtie la ville haute. Il n'y eut de fontaines à la ville basse que vers I75.>, <|unid au chèteau il était alircuvé par deux puits d'une remarquable profomleur et une vaste citerne. - Le 1 2 février l'rtiO, les flammes consumèrent en grande partie le château. C'était un sinistre présage qui ne tarda point à se réaliser. Louis XI , prétextant la crainte que r.harles-le-'l'éméraire- ne fil passer son armée par le llarrrds pour pénétrer (>n Champagne , s'empara de Bar eu l 'l'V ; il s'empressa de faire réparer les murs de la ville haute et fortitin les portes sur lesquelles furent mises les armes de France. Ci'tte occupation ne dura que onze années, ce qui fut presque suffisant pour rendre le Barrois français; en effet, le peuple, qui s’était occoutiinvé à appeler des sentences de Bar aux présidiaux de V'ilry, de Sens, de Châlons cl de t:haumoid, parfois même au châtelet de Paris, continua d'y porter ces ap|>cls , après même la restitution du Barrois, délaissant le tribunal souverain des Grand.s- Jours de Saint-Mihiel. La juridiction du ressort était en quelque sorte à leur choix ; elle ne fut fixée nu parlement de Paris que dans le mncordal .solennel fait par Charles IX avec le dOc de Lorraine, Cliailes lit i l.’>7f ). L’administration du temporel des églises appartenait aux comtes et ducs de Lorraine, avant l’inrorparation du duché de Bar à leurs états. Lorsque , à la mort de Louis XI , la ré-

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)$enle, Anne de Beaujeu, eut rendu le Rarrois au duc René (UR3), celui-ci, voulant couper court aux empiéteinenU que n'avait cessé de faire le dergé, protégé par la France , écrivit au bailli de Sainl-Mihiel de publier la défense d’exécuter et fulminer aucunes gréces et expéditions apostoliques , sans placet dans le Barrois ( ). Toutefois , aQn de tempérer cette juste rigueur, il établit à Bar, en

1^7, un couvent de religieuses clairistes, lesquelles ne devaient avoir d'autre revenu que la charitéjdes fidèles. Bar vit dans ses murs, en 1517, le roi de France, François I*'', venu pour servir de parrain au fils du duc Antoine; les joyeuses fêtes du baptême scellèrent l'union des deux souverains.

En 1550 , un grand gruyer et maître des eaux et forêts fut créé pour le duché de Bar. Depuis que la France avait mis la main sur le Barrois, on ne cessait d'entendre des réclamations à ce sujet. Le bailli de Sens osa imposer les Barisiens, en 1552; il fallut avoir recours au roi de France, Henri II, qui déclara absurdes ces prétentions. Néanmoins, elles étaient toujours appréhendées, car, lors du passage de François II à Bar avec Marie Stuart, ce jeune roi crut devoir déclarer publiquement que le Barrois ne lui devait que fui et hommage ( t.550). Malheureusement scs paroles étaient oubliées aussitôt que prononcées, et Charles IX s'étant rendu à Bar pour être parrain du fils aîné de Charles lit ( 156A), Amyot, grand aumônier du roi , lit ouvrir les prisons aux criminels , suivant l'usage observé dans les villes où le souverain fait son entrée pour la première fois. Il y eut vive protestation du duc, et la question des droits régaliens fut cnGn terminée A l’avantage de la Lorraine, en 1573. L’heureuse conclusion de cette épineuse affaire engagea le duc Charles lit à faire écrire les coutumes locales, pour empêcher que la justice ne fût rendue par la France. Dès 1506, les anciennes coutumes de Bar avaient été rédigées par ordonnance des trois États : vers 1556, on avait essayé vainement de les faire reconnaître par la France, au moment de la révision des coutumes de Sens : le duc vint lui-même h Bar le 12 septembre 1579, pour en diriger la rédaction. Présentées par René de Florainville et Martin le Marlorat, procureur général, elles furent adoptées par les représentants des trois États, en moins de quinze jours, et aussitôt promulguées. Le procureur général du parlement de Paris en appela , mais la cour ordonna ( 1587 ) que les coutumes du bailliage de Bar seraient reçues et mises en son greffe, ainsi que les coutumes qui sont arrêtées par ordonnance et sous l’antorité du roi. De cette manière on établissait une assimilation dont Louis \1V devait tirer les conséquences. Ce fnt aussi en 1579, que l’on rétablit l’unité du calendrier dans la Lorraine et le Barrois: les uns comptaient l’année à commencer du jour de l’Annonciation (25 mars), les autres du jour de Pdqucs, et même quelques-uns de Noël, ce qui causait la plus singulière complication qui puisse se voir.

En 1589, un mois après l’assassinat de Henri tll roi de France, Bar fut pris par les bandes protestantes du prince Palatin , Casimir, venant au secours de Henri IV. Ce fut sans doute pour expier les profanations et les sacrilèges commis dans cette circonstance, que fut fondé (1597) le couvent des Capucins. A dater de ce moment. Bar est envahi par les moines (1617). Les Jésuites remplacent au collège les prêtres séculiers établis par Gilles de Trêves , fondateur de cet éditice (1618); Jean de Maillet, président de la cour des comptes, pose la première IV, 76

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pierre du couvent des Minimes. L'année 1G21 est marquée par l'établissement des religieuses de la Congrégation. Les Carmes construisent une église et un monastère auprès de la collégiale de Saint-Pierre, en 1631. Dès l'ouverture de son règne , le duc Charles IV, ayant essayé de se soustraire à l’influence française, Louis XIII marcha anssitèt sur le Barrois et prit en personne la capitale du pays ( 19 juin 1632). Les ducs de Lorraine y rentrèrent rarement, depuis cette époque; l'annexation était déjà opérée de fait. Du reste, la présence des tronpes françaises dans la ville de Bar la préserva de toutes les calamités qui ravagèrent la Lorraine sous le long règne du duc Charles IV ; pourtant elle ne put échapper à la peste qui la décima en 1636; ni aux flammes qui, en 1649, dévorèrent encore le château. L'année suivante, le comte de Ligniville, général de Charles IV, se saisit de Bar ; la place fut bientèt assiégée par le maréchal de I.a Ferté Senneterre, qui s’en empara au bout de seixe jours de tranchée ouverte. Le chevalier de Guise, soutenu par le prince de Condé et le comte de Ligniville, l'emporta, en 1652, pour la laisser reprendre, le 9 décembre de la même année, par les maréchaux de Turenne et de La Ferté, en présence du cardinal Mazarin. Bar, au milieu de toutes ces guerres, avait perdu la moitié de sa population. Louis XIV, en 1670, ayant envahi la Lorraine et le Barrois, fit démolir les fortifleations da cette ville , et ne conserva que la tour de l'Horloge pour servir de beffroi.

Ce fut à Bar que le second successeur de Charles IV, auquel le traité de Ryswick avait restitué la Lorraine et le Barrois, épousa, en 1698, mademoiselle de Chartres, fille du duc d'Orléans. Le règne heureux et tranquille de Léopold répara un peu les désastres inouïs de ce pays; la ville de Bar sortit de ses ruines, et renaquit au commerce et à l'industrie. Elle devait changer bientèt de maître ; le traité de Vienne de 1735 donna ta Lorraine à Stanislas, roi de Pologne; et, le 8 février de cette année , M. de la Galaizière , chancelier de Lorraine , et M. de Mczcheck, maréchal de ta cour de Stanislas, prirent ensemble possession actuelle du Barrois dans le château de Bar. M. de ta Galaizière seul en prit ensuite possession éventuellement, pour ta France, et reçut le serment des sujets, représentés par la chambre des comptes et par les cinq baillis du Barrois. En 1745 , Stanislas leva à Bar, pour Louis XV, le régiment Roiat-Barrois , qui fit la campagne de 1746 en Italie, sous les ordres du prince de Conti : les restes du château de Bar furent convertis en caserne, en 1750, et, en 1752, le roi créa deux écoles gratuites tenues par des frères de l’institut des écoles chrétiennes.

Enfin, à la mort du roi de Pologne, Bar devint ville française (1766). Les commencements de la révolution furent souillés dans l’ancienne capitale du Barrois par quelques violences : un marchand de grains, nommé Pélissier, soupçonné d'accaparement, périt sous les coups de ta populace qui se livra au pillage pendant quelques heures. En 1792, l'église de Saint- Maxe fut enveloppée dans ta d^tniction des couvents, perte très- regrettable pour les arts. Les halles avaient été incendiées , en 1788. Quelques mouvements réactionnaires éclatèrent dans cette ville, à ta fin de l’Empire ; mais ils n'eurent aucun caractère sanglant.

Le bailliage de Bar renfermait cent quatre-vingts villes, bourgs, villages ou hameaux. Le palais et ta chambre du conseil et des comptes siégeaient au château : au milieu de ta ville haute était l’auditoire commun au bailliage , à la pré-

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vdté, è la police et è la maîtrise des eaux et for6ts. L'hAtel de ville se composait d'un président, d'un maire, d'un syndic, d'un secrétaire, de deux procureurs, d'on receveur des deniers patrimoniaux et de huit conseillers, dont quatre du tiers-état, trois choisis par le souverain dans la chambre des comptes, le bailliage et la noblesse. Le prévét était conseiller perpétuel de l'hélel de ville, que l'on renouvelait tous les ans et que l'on transporta, en 1752, & l’hétel de Fouraire, où fut reçue, le 10 mai 1770, l'archiduchesse Marie-Antoinette, qui allait épouser le dauphin, depuis Louis XVI.

Bar, aujourd'hui chef^lieu du département de la Meuse, a un tribunal de première instance et un tribunal de commerce; un collège communal , une chambre consultative des manufactures, une bibliothèque, un musée, et une société d'agriculture. Le canal qui joint la Marne au Rhin, et une station sur le chemin de fer de Paris à Strasbourg contribueront sons peu au développement de son industrie et de son commerce. On y trouve des fabriques de cotonnades dites de Bar, de bonneterie, de tricots de prunelle et de mouchoirs de couleur; des filatures de coton, faisant marcher plus de cinquante mille broches; des tanneries , des brasseries, et des teintureries en rouge d'Andrinople. Des forges et des carrières de pierre de taille sont exploitées dans les environs. Le commerce roule sur les toiles , les tissus de coton , les cotons filés , les fers , les cuirs , Içs bois , et enfin sur les vins renommés du Barrois , ainsi que sur les délicieuses confitures de groseille , connues sous le nom de confitures de Bar. La population de la ville s'élève à 12,530 habitants ; l'arrondissement en renferme 82,109 et le département 326,372. Bar portait autrefois celte devise orgueilleuse : Plus penser que dire f Ses armes étaient, parti du Barrois : d’azur, semé de croix recroisettées au pié Jlchc d’or, à deux bars adossés de même , brochant sur le tout , et parti : d’argent à trois pensées feuillées , tigées au naturel.

Bar-le-Duc a donné te jour è un grand nombre de personnages remarquables, parmi lesquels il faut distinguer ; N. Volquter, qui, l'un des premiers en Europe, traduisit les écrivains militaires de Rome , et raconta les guerres épiques de la Lorraine contre les luthériens ; /. Errard , auteur d'un traité de fortifications, que Sully appelait , dans ses Mémoires , « un ouvrage inout u; M. Le Martorat , rédacteur des Coutumes du Barrois , procureur général à la cour des comptes de Barle-Duc; P. Gaget, sculpteur. Prudhomme, président des Grands-Jours à Saint- Mihiel, a laissé : Conimentarius lothariensis. Claude Woeiriot, graveur sur bois, ornait de ses œuvres, è Paris, les nombreux romans de chevalerie du xvr siècle, tandis que son frère, Pierre Woeiriot, inventeur de la taille-douce, se créait à Lyon et Cologne un nom fameux à cété de celui d'Albert Durer. Le 17 février 1519, François de Lorraine, duc de Guise, qui trois fois devait sauver la France avant de mourir du coup de pistolet de Poltrot, naquit au château de Bar. L'archidiacre F. de Rosières essaya de renverser les Valois au profit des Guises par son paradoxal ouvrage intitulé : Stemmala Lotharingiœ et Barri ducum. Plus tard on trouve le sculpteur Boutzeau , dont les statues décorent toujours le parc de Versailles; F. Lemoleur, premier ministre de l'aventureux Charles IV; N. de Bar, peintre consciencieux; S. Broulier, historien; J. ViUotte, intrépide missionnaire, auquel on doit un Dictionnaire arménien ét des Voyages ; B. de Maillet, philo-

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