PONT-A-MOUSSON
Ci'oU-sui’-le-Ponl ; mais il n’en fit construire que le choeur, et l’église ne put élrc achevée qu'en M50, par les soins d'Volande d'Anjou.
La vHIe de Pont-à-Mousson contenait trois hospices différents, t'n titre du comte de Bar, Renaud I", écrit en 11*7, en mentbnne un placé dans l'ancienne ville dudùtn jiixia pontem Sub monte. Thiebaut 11, fonda en 1257 un second hépilal dans la ville neuve, vis-à-vis de l'église de Sainte-Croix. Enfin , dés 1257, existait à Pont-à-Mousson la maison de saint Antoine qui tenait également lieu d’hospice. La multiplicité de ces établissements de charité tenait à ce que, chaque année, de nombreux pèlerins se rendaient dans cette ville , afin de se prémunir contre l'affreuse maladie, connue sous le nom de feu saint Antoine, qui fit tant de victimes pendant les xi* et xii* siècles.
Vers le commencement du xiii*, fut fondée la ville neuve de Pont-à -Mousson, sur l’autre rive de la .Moselle. En mars 1261, Thiebaut 11, afin d’y attirer des habitants, offrit à ceux des villages voisins des terrains pour bâtir, avec l'assurance qu’il leur serait permis de vivre sous le régime de la l.x)i de Beaumont. Cette mesure lui réussit à merveille , et la nouvelle ville ne tarda pas à se peupler. la;s titres de cette époque parlent souvent de la centaine [centena) de la ville ; il y a lieu de croire que c'est au corps de la bourgeoisie que s’applique cette désignation. Régis d'abord par la Loi de Beaumont , les bourgeois furent ensuite soumis à la loi de Stenay. Ils avaient un mayeur et sept échevins qu’ils choisissaieirt chaque année. Un sénat à vie de quarante jurés complétait la constitution municipale de Pont-à-Mousson. Ce régime se maintint jusqu'à l’érection de la ville en marquisat par l’empereur Charles IV (I35i). Plus tard, Pont-à-Mousson obtint tous les privilèges des villes impériales, et la commune fut administrée par un échevin , assisté de sept jurés et de dix-huit con.seillers. Cette nouvelle forme de gouvernement se maintint jnsqu'à la réunion à la France. Le 30 octobre 1369, les Messins s'emparèrent de la ville et la brillèrent. En 1143, ils enlevèrent, comme nous l'avons déjà raconté dans notre notice sur àlclz, tous les bagages de la reine Isabelle, femme de René d’Anjou, venue en pèlerin.ige à Saint-Antoine du Pont. Charles- le-Témérairc s’empara de la ville, en 1175, après huit jours de siège. Le duc René II y rentra, dans le mois d’octobre 1476; mais il n’y demeura qu’une nuit. Ses troupes s’étant révoltées, il fut obligé de se retirer et les Bourguignons y revinrent, dès le lendemain, sans éprouver la moindre résistance.
Le 8 avril 1552, le roi de France Henri II se saisit de Pont-à-Mousson, et ordonna sur-le-champ de fortifier la ville et le château. .M. de Vieilleville, h l’abri derrière ses murs, ne cessa de tourmenter l’armée impériale, pendant toute la durée du fameux siège de Metx , en lui enievant coup sur coup ies convois de toute nature qui lui étaient expédiés de l’Allemagne et des Pays-Bas. Le comte d’Egmont, en 1553, étant panenu à rentrer dans la place, au nom de Charles- Quint, les travaux de fortification furent interrompus encore une fois ; on les reprit plus tard, et la ville resta dans un état respectable jusqu’en 1670. M. de Créqui la fit alors démanteler complétenicnt. C’est au château de Mousson que s’opéra, en 1,567, la jonction des protestants allemands amenés par Casimir, fds de Frédéric II , comte palatin du Rhin, avec, les protestants français, commandés par le prince de Condé et l’amiral de Coligny. Le duc d’.Aumale, pour ralentir
Digilizcd
LUaKAlNE.
ce mouvement, flt ruiner deui des arches du pont , lesquelles ne furent réta* Uies.qu'en 1580, par le duc Charles III. Déjà, en I52ï, un elTroyable débordement de la Moselle en avait détruit quatre arches , ainsi que plusieurs maisons et un très-grand pan de la muraille d'enceinte. Vers 16i0, il fut de nouveau emporté par les eaux : on le reconstruisit en bois, et c’est au duc Léopold qu'est dû le beau pont de pierre qui subsiste encore aujourd'hui.
En 157-2, Charles III fonda à Pont-4-Mousson une université, devenue justement célèbre, et dont tout l'enseignement fut conQé aux PP. Jésuites. En 1579, il accorda aux habitants quatre foires de quinze jours chacune. Le dernier événement militaire relatif à Pont-à-Mousson est sa reddition aux troupes françaises, le 7 août 1651. Tant que la ville dépendit du duché de Lorraine , elle fut le cheflieu d’un bailliage ressortissant à lu cour souveraine de Nancy. On y compte aujourd’hui 7,260 habitants qui exploitent des fabriques de gros draps et de pipes de terre, et qui font le commerce des grains, des vins, des vinaigres, des eauxde-vie , des légumes et des planches de sapin. Pont-à-Mousson a donné le jour au lieutenant-général Jaequinot et au maréchal Duroc, tué par un boulet, en 1813.
Au sommet dé la montagne de Mousson , couronnée de nos jours par les ruines imposantes de la forteresse du moyen âge , se ti-ouvaient jadis un château-fort, un village , une église paroissiale et une chapelle castrale. Le château date sans aucun doute d'une très-haute antiquité ; les débris romains qu'on y a retrouvés, à diverses époques, ont fait penser qu'une station fortiflée avait existé sur ce point, et, de conjectures en conjectures, on est venu à prétendre que le nom latin Monsio n'était qu’une abréviation du nom primitif Mom Jovit.
Dès le xr siècle , le château de Mousson joue un rôle important dans l’histoire du pays. A Louis de Montbéliard succède Thierry II, qui reporte le litre de comte de Mousson dans la maison de Bar, d'où il était sorti par le mariage de Louis avec Sophie , fille de Frédéric II. En 1113, l’empereur Henri V, ayant fait prisonnier le comte Renaud 1‘', successeur de Thierry, vint assiéger le château de Mousson. La comtesse Gillette, fille du comte Sigfrid de Briey, y était enfermée ; elle résista bravement aux efforts des troupes impériales. Henri V fit alors planter une potence devant le château et menaça la comtesse de faire pendre son mari si elle ne rendait la place. Dans la nuit même, Gillette accoucha d'un fils, depuis le comte Hugues, et le lendemain elle fit dire à l’empereur qu'il y avait un nouveau comte de Bar, et qu'il fit de l’ancien ce qu’il voudrait. Le monarque, furieux, allait faire pendre le comte Renaud ; mais tous les seigneurs qui l'accompagnaient intercédèrent si bien pour le prisonnier, qu'il eut la vie sauve.
En 1592, un accident mit le feu au magasin à poudre du château de Mousson, qui fut presque entièrement brûlé. On le rétablit , et en 1567 il donna asile au prince de Condé et à l'amiral de Coligni. Il subit enfin le sort de toutes les places fortes de la Lorraine et fut démoli par les Français , en 1670. '
]. Dom Calroef , Bittoirt dt Lorrainê et Notice de Lorraine. — Philippe de Viftneulles, Chronique de Mett.