SAINT-MIHIEL
La ville de Saiiit-Mihiel est située au bord de la Meuse, dans un valbui où coule le ruisseau de Marsoupe, et dominée par des montagnes sur l’une desquelles on 'voyait enrorc, au xviii’ siècle, les restes d'un ancien château. Elle avait pour armoiries d'azur à Irait rnchrrs <f argent, 2 c/l , et son orgneilleusc devise : Donec ' tnoveanlur, était une allusion facile à saisir. L'origine de cette ville nous reporte au\ temps des légendes. Le comte de Moscllane, Vulfoaidc avait une foi très-grande en certaines reliques de saint Michel, du mont (îargan, qu’il faisait toujours porter avec lui dans une [ourse gardée pur son chapelain, l'n jour, dans une halte de chasse, le comte s’arrêta en un lieu nommé Castellio, au milieu des montagnes que baigne le ruisseau de Marsoupe, et le chapelain suspendit la bourse à une branche d’arbre. La chasse continue : à quelque distance, le chapelain s’aperçoit qu’il a oublié de reprendre le précieuv dépôt ; on revient sur ses pas , et on le retrouve â la même place. Mais, à prodige! chaque fois qu’un des assistants étend la main pour ressaisir la bourse, la branche s’élève d’elle-ménie hors de sa portée. Vulfoade, effrayé, fait alors le vœu de fonder un monastère en riionneur de saint Michel : aussitôt la branche s’ahaisse et dépose la bourse au\ pieds du comte.
Fidèle à son vœu, Vulfoaidc, de concert avec sa femme Aldasinde, bâtit, en 709, dans le lieu même où s’était accompli le miracle, un monastère avec trois églises ; l’une, celle du couvent, fut dédiée à saint .Michel (par une contraction toute lorraine. Sain I- il Met ] ; l'autre, réservée à la comtesse, eut la Vierge pour divine patrone ; enfin , la troisième, celle du comte, fut à la fois placée sous l’invocation de saint Martin, de saint Pierre et de saint Paul. En 7ôG, Pépin-lc-Bref donna l’abbaye de Vulfoaidc aux moines de Saint-Denis , pour punir le comte d'avoir pris les armes contre lui. Dans le ix’’ siècle , sous l’abbé Smaragde [813-82’»], le monastère fut transféré sur les bords de la Meuse, et autour de ses murs s’éleva la ville, à laquelle il donna son nom. En 881, â la prière de l’abbé Heinard, qui était son chancelier', Charles-le-Ehauve révoqua la donation faite par Pépin aux moines de Saint-Denis. L’évêque de Verdun, Tliierri, brûla l’abbayc en 1086. l'n château avait été construit, l’année précédente, par Sophie, comtesse de Bar; l'abbé l'Iric l’acheta, dans le xir siècle, du comte
1. Dom CalmN, Uistoire de Lorraine. — Durivaï, Deteription de ta lorroine. — C.-P. I>tiinonl, fjittoire de la ville et dee teitfneurs de Commerry, — PignnhH , DeerripUon de la France. — KxpiMy » Vécitonnaire des Gaules. — Hossulu , Dictionnaire universel.