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éleva sur les ruines d’un temple païen eette église du Hocher. A la prière de sainte Marthe, saint Mavimin, saint Eutrope et saint Trophiine vinrent consacrer la nouvelle église, qui eut pour premiers évoques saint Hufet saint Just Rebâtie par Charlemagne, s'il faut en croire une autre tradition , après avoir été détruite par les Maures, vers le milieu du viir siècle, Notre-Dame-des-Doms rappelle assez, iMir différentes parties de son style, l’architecture de l’époque carlovingienne. En 1485, Sixte IV sécularisa et érigea la cathédrale d'Avignon en métropole, car jusque lè elle avait relevé de l'archeveché de Vienne, ensuite de celui d’Arles. Cette église fut gouvernée par soixante-s<-ize évêques jusqu'à l’avénement du cardinal de U Kovère, qui en fut le premier archevêque, en 1474, et devint pape sous le nom de Jules II. Parmi les archevêques qui l'administrèrent ensuite, on distingue les cardinaux Ilippolyte de .Atédicis, Alexandre Karm'-se, les d'Armagnac et les Grimaldi. Plusieurs conciles turent tenus dans la «ithédralc d'Avignon, ainsi que dans le monassère de Saitd-Kiif, voisin de cette ville. Le premier fut assemblé en t080, et dans le second , tenu en 1202, le comte de Toulouse et ses adhérents furent excommuniés. D’autri's conciles eurent encore lieu dans les années 1279, 1282, 1326, et dans celui de 1337 il fut statué qne les juifs porteraient une marque qui les distinguerait des chrétiens. Ceux de 1457 et de 1727 prononcèrent sur plusieurs qw^tions relatives à la foi et à la discipline ecclésiastique.

Cn nombre considérable d'églises paroissiales et conventuelles existait autrefois à Avignon : la plupart ont été détruites nu sont devenues des propriétés particulières. Un doit surtout déplorer la perte de l'église des Dominicains et de celle des Cordeliers, où reposaient cinquante-quatre cardinaux ou évêques, et qui renfermait le tombeau de la belle I.aure , dont on ne connaîtrait même pas l'emplacement aujourd’hui, si un étranger ne l'avait rappelé par un monument élevé en 1823. Ia;s principales églises qu'on peut remarquer maintenant sont : Saint- Agricol, dont la reconstruction fut commencée en 1320, et ne fut achevée que deux siècles plus tard ; Saint-Pierre, rebâtie par le cardinal de Prato, en 1358; Saint-Didier, et l’église des Célestins , dont la première pierre fut posée è la Un du XIV’ siècle, par le duc d'Orléans, frère de Charles VT. L’ancien couvent des Célestins est devenu In succursale de riiOtel des Invalides de Paris. D’autres monuments sont encore consacrés à la charité par la bienfaisance publique, tels que \' Aumànf-Gcnérale, fondée en 1541 par les consuls de la ville; Yhàpital Saint- Bern ard, que Bernard de Hascas, gentilhomme et poêle provençal , établit an 1553; l'hospice des Aliénés et des Pénitents de la Misc-ricorde, où l'on admire le christ d’ivoire dû au ciseau de Guilicrmin. Outre la chapelle des Pénitents de la âliséricorde , toute brillante de dorures, il y avait autrefois la riche église des Pénitents Blancs , nombreuse confrérie qui communiquait beaucoup d'éclat aux solennités religieuses, ainsi que l'association des Pénitents Gris, fondée en 1226 par Pierre de Corby , évêque d'Avignon.

Visitons encore l'hôtel de Ville, surmonté de la tour de l'Horloge ; cet édifice , après avoir été le palais du cardinal Colonne, fut acheté par les consuls d'Avignon, en 1447; il a subi depuis plus d’une mutilation. L'ancien palais archiépiscopal, dont la façade est de 1 477 ; celui de la Vice-Gérenre , siège du gouvernement pri-

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mitif de la ville ; PhAtel des Monnaies, rcronstruit en IGIO , et situé vis-à-vis le Château des Papes; l'hdtel Grillon, qui rappelle le brave compagnon d'armes du Béarnais; tous ers monuments, pleins de souvenirs historiques, méritent également de fixer l'attention. Achevons cette revue par une visite au Mutée Cah el, appelé ainsi du nom de son digne fondateur qui , en 1810, laissa toutes ses collections à la ville, avec une somme nécessaire à l’entretien de ce monument si utile, l'ne belle bibliothèque , un riche médaillée, une galerie de tableaux , de nombreux débris , provenant en partie des monuments antiques de Vaison ou de ceux du moyen âge , composent ce musée , dont la direction est confiée à M. Requien , connu par son xéle pour la science et ses travaux en botanique.

Dans une des salles de peinture de ce musée , on a placé les portraits de plusieurs (lersonnagés dont le nom se rattache à l'histoire du pays , soit par. leur naissance, soit par le séjour qu'ils y ont fait. La noblesse et les armes auront pour représentants , dans cette galerie historique, le brave Crillon, qui, né à Murs en 15VI , mourut à .Avignon en 1615; Loys de Peruuit, l'historien guerrier de nos guerres religieuses; le connétable de Luynet, et le maréchal de Braneat; l'Église et l’éloquence religieuse y seront honorées par les noms du cardinal de Cabatsole, de Fléchier, de l'abbé Poulie , du cardinal Muury, et du bon abbe de Suint- iéraii. Parmi les poètes et les savants figureront Pétrarque, qu' Avignon réclame, parce que la patrie du poëte est le lieu où il aime et où il chante; Butze, auteur d’une tragédie sur Coriolan; Hyacinthe Morel, qui composa des vers en langue du pays ; t'ollnrd, le commentateur de Polybe ; X'abbé de Boulogne et l'érudit de Sainte-Croix. Les arts revendiqueront Nicolas Mignard, dit l’Avignonnais, Pierre Mignard, filleul du célèbre peintre de ce nom, et dont le tombeau est à Saint-Agricol ; Joseph Vernet , dont le fils et le petit-fils. Carie et Horace, ont fait hommage de deux beaux tableaux à la ville, berceau de leur illusti'e famille ; Parrosel, qui a orné de ses ceuvres plusieurs églises d'.Avignon. Les bons citoyens et les hommes utiles n’y seront pas non plus oubliés ; aussi Jean Althen, à qui l’on doit l'importation de la garance; Nicot, qui le premier apporta en France lé tabac appelé d'abord nicotiane , et Artaud, le fondateur du musée de Lyon , y trouveront également leur place.

I.a population d'Avignon a beaucoup varié , selon la fortune et les vicissitudes de cette ville. I.a peste, après l'avoir ravagée, comme nous l'avons dit, dans les années 1348 et 1360, la dévasta encore plusieurs fuis à la fin du xiv' siècle, et plus tard , en 1629 et en 1721. Sous le gouvernement des papes, Avignon avait 100,000 habitants; pendant les jours de la terreur, il n'en compta plus que 17,000; mais, aujourd'hui , la population est remontée à 32,000 âmes. Le département en renferme 251,080 et l'arrondissement 73,034. Les soieries étaient autrefois à Avignon, l’objet d'un grand commerce, qui tend aussi à renaître; on y prépare la garance , qui est la richesse du pays , et une quantité considérable de chardons , propres à la fabrication de la bonneterie, s'en exporte chaque année pour l'Allemagne. Le département de Vaucluse, qui a pour chef-lieu la ville d'Avignon, tire son nom de la fontaine célèbre dont les eaux, divisées en sept branches, l'arrosent jusqu’à leur coniluent dans le Rhône, au-dessous du village de Sorgues.

En sortant d’Avignon par la porte Saint-Michel, et après avoir dépassé l'ab-

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baye de Saint* Ruf et la chartreuse de Boiipas, un arrive à une charmante avenue bordée de platane.s, d'ormeaux, de haies, de grenadiers et d'aubépines, qui coupe des champs de v ignes tout parsemés d’oliviers. C’est d'abord une nature fraîche, riante et bien cultivée; mais, à mesure qu’on approche de Vaucluse, l'aspect des lieux change, et prend un caractère plus grand et plus triste. Un sentier sinueux et escarpé côtoie les bords de la fontaine, qui s’annonce de loin par le bruit de ses cascades que viennent grossir quatre petits ruisseaux sortant des neuves de la montagne. Plus haut, la source principale sort de terre, d'abord calme et abondante, puis elle se précipite tout d'un coup en bondissant sur les pointes des rochers qui encombrent son coui-s ; mais, peu à peu, elle s'apaise, et Huit par s'étendre en une belle nappe d'eau , transparente et bleue comme celle d'un lac de la Suisse. Au-dessus, sur l'un lies pics dominant ce cite sauvage, se dressent les derniers débris du chôleau habité par le cardinal de Cabassol, et où l'amant de I.aure vint souvent faire au prélat scs confidences amoureuses et poétiques.

Pétrarque, dont le père s’était réfugié à Avignon, était encore enfant, quand pour la première fuis il visita, en 1313, la fontaine de Vaucluse. Im beauté de ces lieux solitaires laissa dans son jeune cœur un souvenir ineffaçable, et lorsque, quinze années après, il eut vu dans l’église Sainte-Claire d’Avignon celle qui devait faire le tourment et la gloire de sa vie , il songea à venir cacher dans cette retraite profonde un amour laissé sans espoir. Il y acheta une maison et un jardin, dans une petite presqu'île, au bord delà Sorgue. C'est là qu'il décrivit, dans des sonnets et des ranzont admirables, l’étal douloureux de son âme, et qu’il commença une épopée latine , dont le sujet était la seconde guerre punique, et le héros, Scipion l'Africain. Après avoir quitté sa retraite, pour aller recevoir à Home la couronne poétique , Pétrarque voulut revoir cette montagne de Vaucluse, qu'il appelait son Parnasse, transalpin. Les regrets amers que lui inspira la perte de l.aurc l’y retinrent pendant plusieurs années qu’il employa, seul et loin (lu monde, à rêver et à chanter. Il y composa, en 1352, son KpUre à la Postérité, où il rappelait les principaux événements de sa vie, jusviu’à l’époque de son précédent voyage en Italie. Enfin, en 1353, il dit un dernier adieu au vallon de Vaucluse, qui depuis a gardé et gardera toujours, de ce poète, d’immortels souvenirs, que nous avons cru devoir rattacher à la fin de l'histoire d'Avignon. '

I. Su^lion. — Ploléini'i:. — Püihî. — Cassiodoie. — ËUenne de Byzance. — Baluze, Vies des papes d'.irignon. — Teissier, Histoire des eouverains pontifes d’.4viÿnon. — Nouguier, Histoire de V Église d'A oignon. — Gallia christiana. — Expilly , Dictionnaire géographique. — De Blcgicr, Recherches historiques sur tes vicomtes d'Avignon. — Fanlniii , Istoria delta cità d'Avign one. — L'abl)é Fleury, Histoire eeclésiastique. — Le père Juvtin, Histoire des guerres ejccitées dans le comté Venaissin par les calvinistes — D(ïCUineuU iuedita; pièces rtdalives à l'Iiisloirt^ d'.Vvigiiou pendant l'époque rèvolulioniiaire, et dont nous avons da la communication au zèle obligeant et éclairé de M. Achard, secrétaire. archiviste de la préfecture.

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