ORANGE
du comté du vivant de son père, Haimhaud IV. Le successeur de Bertrand III, Raymond IV, mort en 13i0, laisse la piincipaiité à Raymond V, qui, en I3G5, fonde l'université d'Orange, et dont le frère Robert, cardinal de Genève, est élu pape, en 1378, sous le nom de Clément VII. Raymond V n'eut qu'une fille, Marie des Baux ; elle épousa Jean de Chèlons et fut la tige de la troisième maison d'Oraiige.
Jean de Chdions , premier du nom , prince d'Orange du chef de sa femme , eut cinq iils, dont l'alné, Louis I", lui succéda en 1118. Attaché au parti de la reine Isabeau, et nommé i»ar elle gouverneur du Languedoc, il eut à défendre la ville d'Orange, sérieusement menacée par les troupes du Dauphin Charles. En I i30, il s'unit au comle de Savoie pour envahir le Dauphiné ; il est vaincu par Gaucourt, gouvenieur de la province, qui, à la suite de cette bataille, s'cm|>are d'Orange; mais la ville lui est bientôt reprise |wr les habitants Guillaume VIII, le fondateur du parlement d'Orange, n'est jws plus heureux que son père : après avoir été blessé 'au siège de Liège,- où il avait suivi Charles-le-Téméraire et Louis XI , il se brouille avec ce dernier prince, et, fait prisonnier en H73, il est contraint de rendre hommage au roi de France. Son Iils et successeur, Jean II (H75) se mêle aux intrigues qui troublèrent la minorité de Charles VIII, et, allié au duc d'Orléans, il partage sa défaite et sa captivité à la bataille de Saint- Aubin |M88). De sa femme, l*hilil)crte de Luxembourg, Jean II eut Philibert de Chélons, qui lui succéda, et Claude de Chillnns, mariée à Henri, comte de Nassau.
Philibert I" fut l'un des hommes remarquables de son siècle. Pour se venger d'un grand affront que lui avait fait François I", il s'allia a Charles-Ouiiit. Le roi ordonna la couriscalion de ses domaines, et, cinq mois après, le prince élant tombé eu son pouvoir, il le retint prisonnier dans la grosse tour de Rourgi-s et ne lui rendit sa liberié et sa principauté qu'après le traité de Madrid. Pbilitu'rt I" fut tué, en lû30, au siège de Florence, et l'on porta son corps à Orange, où il fut enteiré avec une pompe extraordinaire. Ce prince institua, pour son héritier universel , René de Nassau, Iils de sa sœur Claude de Chôlons : en lui commença, en 1530, la quatrième famille des princes d'Orange de la maison de Nassau, laquelle finit en 1697. Nous n’avons |M>int h parler ici de cette famille : elle appartient A l'histoire générale de l'Europe. (Ju’il nous sulTise de dire qu'elle produisit deux grands princes, Guillaume IX, fondateur de la république des Provinces l'nies, et Guillaume-Henri, gendre du roi Jacques I", auquel il enleva la couronne d'Angleterre (168S). Guillaume d’Orange étant mort sans enfants, Louis XIV se saisit di; la principauté d'Orange, dont la réunion à lu t'oiironue fut confirmée, en 1713, par le traité d’I'trecht, mais à la condition que les héritiers de Nassau conserveraient le droit d’imposer à une partie de la lïueldre le nom de principauté d’Orange. En outre, le titre de prince d’Orange devait être porté par l'héritier présomptif du royaume de Hollande, et l'usage, comme on le sait, .s'en est perpétué jusqu'à notre temps, lu an après la paix d’L'trccht, Louis XIV donna la principauté d'Orange au prince Armand de Boiirhon-Conti , qui en jouit jusqu'à sa mort, arrivée en 17J7. Enfin, par suite d'un acte |iassé entre Louis XV et la princesse douairière de Coiiti, cette principauté fut définitivement réunie à la province du Dauphiné, le 23 avril 1731.
loi
COMTAT D’AVIGNON, ETC
l’riidmit la dnmination dos Nassau, la prinripauto d’Oraiif<o avait ru l>rauroup il souffrir des ('iirrrrs de religion, et la réforme, introduite dans la ville dés 1547. avait excité, de la part des consuls et des liourgeois, des révoltes continuelles contre l'autorité du prince et sou parlement. I.'alliauce des protestants d’Orange avec le président l’arpaille attira sur eux la vengeance de Patrice Serbelloni, clief des troupes poutincaU'S, qui, en 15l>2, livra In ville nu massacre et nu pillage. I.'nnnée suivante, le calviniste Montlirun use de représailles en sc jetant à l'improviste sur Orange ; mais une nouvelle, réadion en cliasse. en 1568, tous les partisms de In réforme. L'ne insurrection contraignit aussi, en 160.1, le prinœ Pliilippe-tiuillaume de sortir d'Orange, et, en 1630, le célèbre Frédéric Henri de Nassau fut forcé <le reprendre le cliAteaii de la ville sur l'alcklembourg, qui s'en était emivaré. Ce cliilteau, la citadelle à onie bastions, et toutes les fortirications mtalernes, élevées eu 1621, par le prince Maurice, furent rasés successivement par les ordres de l,ouis XIV (t660 et 1673). Depuis la réunion d'Orange à la France jusqu’à la liu du xviii' siècle, son Jiistoiiv ne pr('*sentc aucun fait digne de l'cmarqiie. Kn 1789, elle députe aux états-généraux l’évèque Dutillet, qui s*‘ réunit ensuite à l’Assemblée nationale. Sous le règne de In terreur, le représentant Maignet établit à Orange, en 1794, un tribunal révolutionnaire dont le ressort s'étendait sur tout le Midi et qui a laissé les plus tristes souvenirs. Ce tribunal était composé, non de jurés, comme celui de Paris, mais de cinq juges, qui envoyèrent un grand nombre de victimes à l'échafaud.
Orange, qui renferme des monuments antiques si remarquables, ne possède qu'une église jm-u digne d'attention : c'est son ancienne cathédrale, dédiée A Notre-Dame. Ce siège épiscopal d'Orange, fondé, dit-on, par saint Eutrope, l’un des disciples de Jésus-t'.hrist, fut pourtant célèbre dès les premiera sièch^s, et illustré par les évéquv'S Conslantius et saint Florent. Quatre conciles s’as.semblèrent dans celte ville (441 -501 - .529 - |g29j. I.c plus important fut le troisième , dans Icifuel , sous In présidence de suint Césaire , on décida de grandes questions sur la gnlce et le libre arbitre.
La population de la ville d'Orange est d'environ 9,0tM) habitants. Chef-lieu d'un arrondissement qui en contient près de 69,0tH), elle a des fabriques de draps, de toiles peintes, (les lilatures de soie, des moulins à garance et des papeteries; les principaux objets de son commerce sont les vins, les huiles, les drogueries, le miel et le safran. Orange a donné le jour, vers la lit) du xv' siècle, à Jime/ih de ht l'ise , auteur de VHnloire de la ville el prmcipuute d'Orantje ; et, dans .ses enviroits, nai|uit plus lard, en 1659, Juseph Saurin, prédicateur protestant que Bossuet convertit. '
1. riliH*. — Pompoiilus Mol». — Grônoin* île Tours. — lU* Comiiniips. — fliitotre df /o
prinrifiaufé d'Orangr, pni’ La Pisi*. — (’fironiifut dn phnret d'Orange, (lar î). Clfinoiil.
CARPENTRAS
Cnrpenirati , près dul'Auzon, l'un des trois évédiés centres principaiiv du cointat Venaissin, s’élève à deux lieues du mont Vcntouv, liante montagne qui, malgré son éloignement de la mer (vingt lieues environ de distance), sert, an large, à orienter le navigateur. Au temps où les Romains envahirent les Gaules, IcsMéminiens habitaient le versant méridional du mont Ventouv, non loin duquel existait déjà une ville assez importante, nommée Alpentoracte. S’il faut en croire quelques savants, dont l’opinion récemment émise ne manque point de iraisemhlance , c'était, à cette éiioque , une cité sainte, une des métro|M)les de la religion druidique, où se conservait lidélement le dépôt des rits et des usages nationaux, et où les prêtres initiaient quelques élus à leurs mystères. Après la guerre d'Afrique, Tiberius Nero, l’un des lieutenants de César, vint et s’arrêta à Alpentoracte ; il y fonda une colonie qui, de lui, prit le nom de h'orum Bientôt
la hache du vainqueur abattit ou éclaircit les vastes forêts, nu milieu desquelles la ville gauloise était comme ensevelie. Des mutes furent peirées à travers cet immense labyrinthe; tout une population d’affrancliis reflua vei-s la colonie nouvelle et y attira le commerce. I,es arts prirent leur essor sur celle terre sauvage; des monuments remarquables, soit par leur grandeur, soit par leur élégance, emliellirent le l'orum /Vc/oni'.«. I.e vieux nom celtique prévalut, toutefois, en subissant une légère altération ; car, IMine, dans son énumération des villes les plus remarquables de la Narlionnaisc, l’appelle t'.arpi’ntnrncte Meminiorum.
Sous l’empereur llonoriiis, Carpenloracle fut enclavée dans la Viennoise; elle |K)uvait passer alors pour l'une des plus belles et des plus riches cités de la province : toute cette splendeur s'éclipsa, dès les premières invasions des Barbares. En ‘260, Chroens s’en empara, et dans le sac de la ville pwit Valentin, son .^premier évêque. Prise tour à tour et saccagis! par les (îotlis , par les Vandales, elle sortit peu à peu de scs ruines. En .519, son évêipie Julien assista au concile d’Epone. Huit ans après, seize évêques s’assemblèrent a Carpentras, sous la présidence de saint Césaire d'Arles. Les Franks y entrèrent en vainqueurs, sous l'épiscopat de saint Siffrin; et, selon toute probabilité, révêché de Vénasque fut alors réuni au sien (536). Aux Franks succédèrent les Lombards (57t), que chassa le patricc Mummol; puis arrivèrent les Sarrazins, dont Charles-Martel délit les troupes victorieuses (757). Mais l'oeuvre de destruction était déjà consommée : de tous les monuments de la civilisation romaine, il ne resta plus qu'un arc-de-triomphe , dont l'attique avait disparu, une mosaïque a demi enterri-e, et quelques pierres triangulaires enchâssées dans le rempart.
Après le démembrement de l'empire de Charlemagne, Carpentras Ht partie du royaume d'Arles, fondé par Bozon (879). Le A'enaissin éi but ensuite aux comtes de Provence, puis fut rangé parmi b s possessions du comte de Toulouse. Hay-