‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 30 sur 120 · BOURBON L’ARCHAMBAULT · texte numérisé non relu

BOURBON L’ARCHAMBAULT

BOUTIOMT. — «AIVX-HSlroUX.

Bourbon , comme tous les thermes do Bourbonnais , date du temps des Romains , qui peuplèrent les (îaules d'établissements de ce genre. On ne peut méconnaitre dans cette ville les tiqua linrmtmit ou Horvonis des tables itinéraires de Rome. On y trouve encore ebaque jour, en fouillant le sol , la trace de splendides constructions, la plupart en marbre blanc. Une chronique nous apprend qu'elle fut conquise, en 759, par Pépin-le-Bref, et c'est la première fois qu'un nom moderne apparaît dans les annales du Bourbonnais; toutefois, elle appartc-

I. Coiriier rK^simircl , Histoire du Bourbontuiis. — ArhiUo AIIIit, Histoire de l'aneien Bour^ bonnuis. Cut é<*rivaia a cnnliuui^ avec soin et laleot , mais sur une ecbelle trop étendue, les travaux de M. Dufour, siviuit modeste qui avait voué sa vie ù riiistuire de son pays. — Parmi les anciens écrivains, on |M*ut consulter Nicolaï, Drsnption du itourhonnais ; la ri0 du due lAiuis li^ |nr d’Oronville, les nombreuses liio(tn|>bles du connélubli* tle Eoiirlmn , Marillac . I.a\at , Bt^iicuîre et La Tboroassière. #

BOUKBON l/ABCHAMBALLT. 153

liait alüi's au B<ht} , compris lui-méinc dans les limites de l'Aquilaiiie. Après avoir donné son nom nui sires de Bourbon, qui y bAtireiit un rliâleau, voisin de Souvigiiy, leur première résidence, elle reçut d’cui à son tour le nom A'Archambatill, accolé au sien , et porté si souvent par les premiers chefs de cette famille. Mais à mesure que la race de ses seigneurs croit en puissance et en éclat, Bourbon, oublié par eui, semble décroître en importance; sans son chflteau et ses eaux thermales, on peut même douter qu'en dépit du grand nom qu'il porti;, il fiU jamais sorti de son obscurité. Au xvr siècle, ce n'est qu'un bourg, siège d'uue châtellenie que visitent quelquefois les ducs ses souverains , mais dont ils ne font jamais le chef-lieu de leur gouvernement. Et cependant Bourbon, avec ses thermes, son nom historique, et ses ruines imposantes, aura toujours une place dans le souvenir des voyageurs. Son château, situé au fond d'une vallée , sur une plate-forme de rochers assez élevés , et dominant la ville, située h scs pieds , est entouré par un ravin, où coule une petite rivière; les eaux, contenues par une chaussée , ont formé un vaste étang qui ajoute encore â la beauté du paysage.

I.a forte position de ce château , l'épaisseur de ses tours , leur massive construction en pierres taillées à facettes, comme de gigantesques diamants, en devaient faire une place imprenable avant rinvcntion"de l'artillerie ; car le feu des hauteurs environnantes plongerait dans l'enceinte qu'cdles dominent de toutes paris. Celte immense forteresse , on forme de parallélogramme , commencée au XIII'' siècle, sous Archambault IX, fut achevée au xv' par le duc Pierre II, et , Anne, sa femme. Parmi les tours, au nombre de vingt-quatre , deux surtout se distinguaient par leur grosseur, Y Amimie et la Qui-qu'en-grogne. Trois ou quatre de res tours à moitié ruinées subsistent encore avec l'enceinte des murailles, qui, drapée d'un épais manteau de lierre et de broussailles, offre l'aspect le plus pittoresque. La Sainte-Chapelle, construite à l'extrémité, était, si l'on en juge par les restes de l'apside, seuls demeurés debout, une des plus élégantes constructions gothiques de la France. Les anciennes descriptions du Bouchonnais vantent la richesse de ses sculptures et de ses vitraux ; le trésor, en forme de crypte, contenait un morceau de la vraie croix, enfermé dans un reliquaire en or, enrichi de pierreries. Sa destruction fut commencée, en 164S, par la foudiv;, qui consuma le toit et la flèche élégamment sculptée. La révolution l'avait épargnée , mais la spéculation ne lui a pas fait grâce, et la pioche du maçon a démoli presque en entier ce gracieux édifice. Ses débris et ceux du château ont servi , comme à Rome ceux du Colysée , à bâtir une partie de la ville.

Bourbon, peuplé seulement de 3,000 habitants , a le défaut d'être trop ramassé autour de son ruisseau, source, il est vrai, de toute sa fortune ; car le château et ses ducs ont passé, mais les eaux sont restées, et leur renommée, longtemps modeste, s'accroît de jour en jour. Boileau et madame de Sévigné, qui résidèrent à Bourbon, ont vanté les vertus de ses thermes, et les ombrages de son parc, où madame de Montespan vint étaler son faste adultère. Des constructions thermales récentes attestent L'a efforts de cette ville, trop longtemps négligée par l'administration, pour rappeler les baigneurs dans son sein, et s'associer à ce mouvement de progi-ès qu'on remarque depuis peu dans toutes Ic'S eaux thermales du Bourbonnais.

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