‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 33 sur 120 · LA PALISSE · texte numérisé non relu

LA PALISSE

était ceinte de hantes murailles de doute pieds de roi d'épaisseur, toutes garnies de canonnières et casemates souterraines, et de. fossés profonds et pleins d'eau. Elle était fermée de quatre bonnes portes, flanquées chacune d'une énomte tour . de trente toises de diamètre, et dont les murs avaient jusqu'à vingt pieds d'épaisseur. Une de ces tours , à moitié détruite et changée en prison , subsiste encore, formidable échantillon des constructions d'un autre âge. Cusset n'a, du reste, rien de remarquable, que sa position pittoresque dans une vallée fertile ; au-dessus d'elle se dressent en amphithéâtre les premières cimes de la chaîne du Forez; au dernier plan s'élève, à une hauteur de dix-sept cents mètres, le Puy de Montoncelle , gigantesque limite de trois départements , d'où la vue embrasse à la fois les deux bassins de la Loire et de l' Allier. Vieille ville rajeunie p^vr une ceinture de maisons neuves et par de magniliques cours plantées de platanes d'une hauteur prodigieuse , ses riants environs sont chaque jour visités par les baigneurs de Vichy. Une belle route, tracée récemment le long du Sichon jusqu'à Ferrières, au pied du àlontoncelle, permettra bientét de plus longues excursions jusqu'au .Roc-Saint-Vincent, à Pierre -en-Cise, et à la Grotte-des-Fées, trois des trpt merveilles de Ferrières. •

Vichy, célèbre dès le lemps des Romains par ses eaux thermales, porte dans les Tables théedosiennes le nom A’Aqiiæ Calidœ, et cependant on n'y trouve aucune trace de constructions qui remontent au delà du moyen âge Petite ville ceinte de mui's d'une étendue fort restréinte , l'existence de Vichy n'a été qu'une longue lutte avec Cusset , sa voisine. Le seul événement historique que nous puissions citer, c'est le double désastre qu'elle essuya pendant les guerres de religion : les protestants la pillèrent et la détruisirent presque en 15(>8 et 1590. Vichy était le siège d'une des châtellenies du Bourbonnais; sa population, de tout temps fort restreinte, ne s'élève pas aujourd'hui à plus de 1,150 habitants. Le eouvent des Célestins, fondé par le duc Louis II, et où il avait l'intention de se retirer, a été détruit dans la révolution et remplacé par un établissement thermal qui porte son nom.

A côté de la vieille cité, dont on a conservée l'enceinte, s'e^ élevée, comme par enchantement, une cité nouvelle, le Vichy des baigneurs, avec ses somptueux hôtels, son parc aux quinconces réguliers, et son établissement thermal, un des plus fréquentés de la France. Iji mode, qui règne en souveraine sur les destinées des eaux minérales, a décidément adopté Vichy, ce Boden des bords de l'Ailier. I.a réputation européenne de ses eaux , souveraines contre les maladies du foie et de l'estomac, nous dispense d'en parler. Des sources nouvelles, obtenues par des forages artésiens , jaillissent chaque jour de ce sol éminemment thermal, sources plus fécondes jusqu'ici en procès qu'en résultats médicaux. Un pont suspendu, jeté sur l'Ailier, unit Vichy à la rive gauche du fleuve, et sa population , sédentaire et peu considérable , a le privilège de se décupler chaque année, dans la saison des eaux.

Billy, Tune des anciennes châtellenies du Bourbonnais et l'une de celles qui possédaient le ressort le plus étendu , n'est qu'un bourg ceint de murs et peuplé

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de 5 i 600 habitanU; il n'oITre de remarquable que son vieux château, pitto^ resquement assis au sommet d'une éminence , d'où l'on domine tout le cours de ^ l'Ailier. Ce château, muni de dix tours et surmonté d'une seconde enceinte intérieure, aussi Ranquée de tours, qu'on appelle te Donjon, appartenait, dans le siècle deniier, aux ducs de Montmorency. Non loin de là s'élève la masse blanchâtre du château de Caiète. converti en hôpital par la charité de sa dernière propriétaire, qui le consacra à servir d'asile aux vieillards et aux pauvres infirmes.

Varennes, chef-lieu de canton, compte environ 2,000 habitants. Ville autre- Ibis ceinte de murt^ elle possédait, dès le su* siècle, ses seigneurs particuliers. Bien que ressortant de la châtellenie de Billy, elle avait sa justice à part, et était exempte de la taille et de toutes corvées. Charles Vil, pendant la guerre de la Pragnerie, en IVU), mit le siège devant Varennes, qui se hâta de loi ouvrir ses portes. Assiégée encore une fois durant les guerres de religion , la ville fut prise et pillée par les troupes du duc de Nemours. Plus pacifique aujourd'hui , Varennes a vu tomber son enceinte de murs; et son heureuse situation dans un pays fertile, que vivifie la route de Clennont à Moulins, est la source d'une prospérité qui s'accroît tous les jours.

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