‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 34 sur 120 · GAN N AT · texte numérisé non relu

GAN N AT

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Gannat, située sur l'extrême frontière sud du département de l'Ailier, appartient, par la nature de son sol et son aspect tout méridional , â la Limagne beaucoup plus qu'au Bourbonnais. Lors de la révolte de Guy II , comte d'Auvergne, en 1210, Guy de Dampierre, comte de Bourbon, fut chargé par Philippe-Auguste de châtier les rebelles, et c'est alors que la ville de Gannat fut détachée du domaine de la maison d'Auvergne, pour être à jamais réunie à celui des comtes de Bourbon. Dès cette époque , Gannat jouit d'une certaine importance , et est le siège d'une des châtellenies du Bourbonnais. Son nom, cependant, parait rarement dans l'histoire ; mais la bataille de Cognât, livrée à une lieue de ses murs, le 6 janvier 1568, est la plus grande date mil'itaire des annales du Bourbonnais. Elle fut gagnée, après une lutte acharnée , par Poncenat et Verbelay, chefs des protestants , sur Montaret , lieutenant du duc de Nemours , et les huguenots , malgré des pertes graves, restèrent maîtres du champ de bataille.

Gannat, petite ville de 5,000 habitants, et chef-lieu d'arrondissement, est le centre d'un actif commerce de grains; le maigre terroir, qui fait le fond du Bourbonnais , se change ici en terre à blé de première qualité. Cette ville, autrefois fortifiée, est située dans une riche plaine sur la route de Clermont, â l’est des premiers gradins de la chaîne du Puy-de-Déme. On voit encore les restes délabrés de son ancien château, servant aujourd'hui de prison. Le petit ruisseau

CANNAT.

de l’Andelot conle autour des vieux murs de la cité. A un quart de lieue, dans une gorge entre deux coteaux arides, se trouve la chapelle de Sainte-Procule , qui, lors de la fête de cette sainte ', est encore un centre de dévotion et de plaisir.

Ëbreuil , l'ancien Ebrofaenm ou EbrogUum , a longtemps fait partie de l’Auvergne. La tradition parie encore d'un camp de César assis dans les environs. La possession de cette jolie vallée , arrosée par la Sioule et dominée par des coteaux , naguère tapissés de forêts, dut être souvent disputée ; car on y trouve fréquemment des débris d'armes , des éperons , des fers de (lèches , et les noms des champs voisins rappellent encore des souveniia de bataille. Sidoine Apolliiuiire, poète et évêque de Clermont, qui avait une maison de campagne près d'Ëbrenil , nous apprend que tout le pays fut dévasté par les Goths. C’est là qu'était situé l'un des quatre palais que Charlemagne assigna pour résidence à son Ois Louis, élevé par lui au (nhic d'Aquitaine. Celui d'Ëbreuil (ht donné, en 971 , par I»thaire au monastère de Bénédictins, qu’y avait fondé, en SOO, I.ouis-lc-Débonnaire , alors roi d'Aquitaine. L'histoire se lait sur Ëbreuil jusqu’en liU); i cette époque, le seigneur de Chabannes s’en empara |>endant la guerre de la Praguerie. Mais les habitants ne tardèrent pas ù se soumettre, quand ils en furent sommés par Charles Vil en personne.

La ville, très-ramassée et peuplée de 2,000 habitants, offre quelques monuments remarquables : son église, fort bien conservée est un bel édiOce roman, dans le style du xii* siècle. Citons encore l'hépital, placé au bord de la Sioule, dans les bétiments d'un monastère , et le pont n-cemment bdti en pierres blanches , et qui , malgré quelques vires de construction , présente un aspect monumental ; c’est le second qu’on ait élevé dans un très-court espace de temps , le premier ayant été emporté par une crue de la Sioule. A deux lieues d'Ëbreuil , on rencontre le rhéteau de Veauce, massif édifice presque ruiné que le propriétaire actuel, M. le baron de Veauce, vient de faire restaurer avec goût dans le style de la renaissance. Sa position sur un roc escarpé, à l'entrée d’un ravin, où s'étend une vaste forêt de chênes, est des plus pittorc.sques. Il est peu de sites dans le Bourbonnais qui méritent autant d'être visités par les voyageurs.

Saint-Pourçain , l'antique Proerinium , faisait autrefois partie des treize bonnes villes de la basse Auvergne, et n'appartenait pas au Bourbonnais, bien qu'il y fût enclavé. Saint Portianus, qui sauva par ses prières l'Auvergne des ravages de Thévulorik I”, roi d’Austrasic, a donné son nom h cette ville. Au début du VI* siècle, il y fonda un couvent de Bénédictins, connu depuis sous le nom de prieuré de Seint-Ijizare. On voyait naguère dans l'église de ce couvent, qui est devenue celle de la ville, une statue de femme aux pieds d'oie, appelé la reine

t. Sainte Proculc, issue d'une famille noble, ajiaul été demandée en mariase |nr le comte Gérard d'Aurillac , le refusa , pour se vouer S la vieasretlqiie dans une iiruUe, aux environs de Cannai. I.e eomlerir voiirsuivil . et, a'aynni pu vaincre ses refus obstinés, lui coupa la télé, dit la légenite. La sainte la ranuissa, et la |iorta jusqu'à l'éKlise de Gaiinal, en faisant cini| stations, dont les (sens du [lavs monlrent encore la place. iJ* comte, fra|i|H' de cécité , manifesta son repentir en tetissant une abltaye.

1«0 BOUKBOMiAIS—B£RJtV.— NIVERNAIS.

Pédfinqut; c cUit UD ex~roto du roi Robert qui , ayant épousé sa cousine Rertbe,' vit naître, suivant la tradition populaire , de ce mariage réprouvé par l'Église, un enfant monstrueus, dont le corps se terminait par des pieds d'oie. Agnès de Bourbon, flile du dernier Arehambauld, fonda près de Saint-Pourcain un couvent de Cordeliers, vers 1260. Les Templiei-s y possédaient aussi quelques domaines. Au xiii' siècle, tout ce pays ayant été enlevé au comte d'Auvergne, Guy II, eu punition de sa révolte , le monastère et la ville obtinrent de Pliilippe-Auguste de ^ se maintenir, comme vassaux directs de la couronne , indépendants des sires de Bourbon ; un bétel des Monnaies y fut établi , et cette position privilégiée, comme celle de Cusset, excita l'envie de tous leurs voisins. En 1359, les Anglais, après une attaque manquée contre Saint-Pourçain , incendièrent ses faubourgs. Dans les guerres de la Praguerie, le Dauphin et le duc du Bourbon s'en empncècent et en tirent le siège de leurs négociations avec Charles Vil. Au roinmein ment de la Ligue, Saint-Pourçain avait embrassé la cause du roi ; mais se laissint aller à la contagion de l'exemple, elle se souleva en 13B7, fut reprise en 1501 par le duc de Nemoure, et resta depuis lors sous l'obéissance du roi. Cette petite ville,, située près du confluent de la Sioule et de l'Allicr, offre un coup d'u'il asser pittoresque. Les coteaux qui l'environnent produisent le meilleur vin du Bourbonnais. Elle compte aujourd'hui 4,731 habitants, et sa population s'accroît tous les jours.

Parmi les hommes célèbres qu'a vus naître cette partie du Bourbonnais, nous citerons Antoine Ihipral, né à Ganuat en 1488, chancelier de Fiance en 1515, puis cardinal et légat à latcre.

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