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Moiitluçon, Monslucinus ou Uonslucio dans les chroniques, sans avoir été fondée comme on l’a dit par Lucius, fils de Constance Chlore, est une des villes les plus anciennes du Bourbonnais. Sous les rois de la seconde race , on la voit déjà le siège d'une seigneurie qui, vers le x' siècle, appartenait au sire de Bourbon, Archambault 1", auquel elle fut opportée en dot par sa femme Rothildc de Limoges. Mais à compter de 1098, elle fut détachée en apanage, et constitua une seigneurie distincte sous Guillaume I”, sire de Montluçon, et fils d'.Archambault IV de Bourbon. Cette branche cadette, soumise toutefois à la suxeraineté de la branche aînée, s’éteignit en 1202; Montluçon fut réuni h sa souche, et depuis lors a toujours fait partie du Bourbonnais. Les Anglais s'en étant emparés, en 1171 , y firent sentir toute la dureté de leur domination jusqu'en 1188, époque à laquelle Philippe-Auguste le reconquit sur eux. En 1260, Jean de Sully, archevêque de Bourges, y tint un concile pTOvincial; un autiv concile y fut encore assemblée, en 1288, Au xiv’ siècle, les Anglais, maîtres du BoiirlHmnais, rava-
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gèrent de nouveau toute la fertile vallée du Cher, mais sans parvenir à s'eraperer de ^fontluçon ; iis essuyèrent même sous ses murs une défaite dont la tradition '' y fut longtemps conservée dans une cérémonie bizan'e, dite des cheraux-fagi , dont la trace subsistait encore au xviii* siècle. Elle consistait dans une procession qui se célébrait à la Pentecôte, et où de jeunes garçons, revêtus de vieilles armures , stimulaient les manœuvres du combat. I.es règlements de la confrérie qui présidait à cette fête datent de 1430. Le nom d'un des faubourgs de Montluçon, la Preste [Pnelium], est aussi une allusion à cette défaite; un autre, longtemps occupé par les Anglais, porte le nom de Brelony; en6n, on appelle Lombardie celui où logèrent les Italiens envoyés par le duc de Milan au service du Daupliiii, depuis Charles Vil. Dans la guerre de la Praguerie, Montluçon fut durement rançonné par les troupes de Louis XI , et celles du prince de Condé, en 1576 , n'y firent pas moins sentir leur passage. Cette ville , qui a , comme on le voit, ses fastes militaires et son histoire locale, dut être fortifiée de bonne heure. Henri IV fit réparer son enceinte, aujourd'hui ruinée et changée en promenade. Montluçon, chef-lieu d'une chètellenie , avait dans son ressort trente-trois paroisses. Ix)rs de l'établissement de la généralité de Moulins, elle fut au.ssi le siège d'une élection ; elle est aujourd'hui le chef-lieu d'un arrondissement dans lequel on compte environ 80,000 habitants. Quant à la population de Montluçon, on l'évalue à un peu plus de 5,000 habitants. Placée dans une position heureuse aux bords du Cher, au pied de coteaux couverts de vignes, le canal latéral au Cher et l'exploibtion des houillères de Commentry ont développé dans cette ville , peu importante jusqu'ici , les germes d'un nouvel avenir. Le bassin houiller de Commentry donnait déjà, en 18V2, avant l'achèvement du chemin de fer spécial, construit pour l'exploitation, jusqu'au canal du Cher, quatre cent quarante mille hectolitres de charbon, et ses produits s'accroissent chaque année. Les belles forges de Tronçais sont aussi une des sources de la richesse de ce canton , dont l'activité contraste avec l'indolence et la pauvreté des cantons voisins. Les gisements houillers y sont en assez grand nombre; mais leurs produits, faute de mises de fonds suffisantes pour l'exploitation, sont encore restreints. Montluçon, outre les charbons et les fers, est riche en denrées agricoles; on y a établi plusieurs tuileries, et tout semble se réunir pour assurer à ce petit coin privilégié du Bourbonnais un immense développement de prospérité commerciale.
Néris , à en juger par les vastes constructions qu'on y a trouvées et par le théâtre aux gradins circulaires recouverts de gazon, qui sert aujourd'hui de promenade aux baigneurs , a dù êtie , sous les Romains , un établissement thermal d'une haute importance. Une tour, que la tradition faisait remonter à Néron, et dont les ruines mêmes ont disparu, est, dit-on, l'or'gine de son nom {Neronit, Neris]-, mais, bientôt déchue de son rang de ville, on ne la voit plus figurer, dans Grégoire de Toura, que comme un bourg {vicus Keretuis], où existait un monastère de nonnes. Une charte de Pépin parle, il est vrai, du pabiis de Néris; mais ce palais, comme tous ceux de nos rois franks jusqu'à Charlemagne , n'était sans doute qu'un manoir. L’emplacement même du bourg parait avoir été changé; car, au nord, on aperçoit une colline couverte de ruines, où semble avoir été située l'ancienne ville,