‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 37 sur 120 · BOL’ KG ES · texte numérisé non relu

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destitua, le 27 septembre 1793, le tribunal du chef-lieu , dont l'action Jui semblait trop lente et trop modérée. Maître du club des jacobins, lequel siégeait dans la salle du collège qui sert aujourd'hui de chapelle , il ne tarda point à dominer tous les partis ; il s'empara de tous les pouvoirs et lit reconnaître sa dictature , non-seulement dans ce département, mais encore dans celui du Loiret. t)n mit le séquestre sur les propriétés ecclésiastiques ; l'église ëahit-Ëtiennc fut dépouillée de ses ornements et convertie en temple de la Kaison. a J'ai mis partout la Terreur à l'ordre du jour, » disait-il à la Convention, dans sa séance du 16 novembre ; «j'ai taxé les riches et les aristocrates, non pas arbitrairement, mais de l'avis du peuple que j'ai toujours consulté ; j'ai porté de grands coups au fanatisme ; j'ai supprimé toutes les cloches; j’apporte cinquante- trois mille livres en argent; avont huit jours, arrivera une guimbarde chargée de vases d'or et d'argent. • Cette même année (1793), Bourges émit des assignats municipaux, et plusieurs autres communes du département suivirent son exemple. L'impression du papier monnaie de cette ville, devenu pour ainsi dire introuvable, fut conflée au sieur Cristo. Ces assignats . dont le plus faible étaK de cinq sous et le plus fort de cinquante, furent contre-signes par Baudin et Cambon, vice-président du club des jacobins, et par le citoyen Cristo-l’lanche , sans doute comme monétaire de la commune,

l.or8que les électeurs, conformément à la constitution nouvelle, avaient été invités à nommer, par voie d'élection , Veréque mil ropolitain du Geiifre, leur choix s'était porté sur l'abbé Pierre-Anastase Torné. C'était un homme dont les opinions politiques avaient une grande eialbitioii : «Je serai assez riche et ma vieillesse sera assez heureuse , » disait-il à la tribune du club des jacobins , dans la séance du 17 novembre 1793, « si elle me laisse la force et la santé nécessaires pour être dans mon pays un des instituteurs des écoles primaires. Je dirai à mos élèves : votre paradis c'est la république : l’état de senitude est l'etlfer de l’homme pénétré de sa dignité : les vrais démons sont les tyrans de toute espèce : vos saints sont les martyrs de la révolution ; voire catéchisme est la constitution française. Je leur dirai^ ; ce fut sur la muntugne de la Convention nationale que s’opéra le grand œuvre de votre rédemption politique ; vos bonnes œuvrer seront vos vertus républicaines et domestiques : votre récompense sera dans votre conscience et dans l’estime de vos frères: i'o|)iniun publique sera le tribunal suprême où vous serez jugés. Je leur dirai : votre premier code est celui de la nature , le second est celui de la loi. >

L’Empire ne trouva point les habitants du Berry insensibles à sa gloire, non plus qu’à ses revers. Le maréchal duc de Tarente et le brave' général Devaux étaient, sous ce rapport, l’expression vivante des opinions de leurs compatriotes. Napoléon le savait et rendait pleinement justice aux Berrichons. Sa chute, l'occupation étrangère, le traité de Paris, blessèrent profondément leur fierté nationale. Les habitants de Bourges accueillirent en frères les héroïques soldats de l’armée de la l,oire , qui fut licenciée en grande partie dans le département du Cher. En 1816, la magistrature de cette ville fut en butte aux persécutions du ministère, et la cour royale confirma un très grand nombre d'arrêts rendus par les tribunaux du ressort contre des citoyens comainrus d’ainir tenu des propres

Hé(iitieu«. Ce régime d'arbitraire ac prolougca ju<u|u'en 1819 : on lit, en effet, dan» le Journal du Cher du 13 octobre de eetle année, que plusieurs habitants de Bourges ont été arrachés à leurs affaires et exilés à deux cents lieues, d'autres impérieus(!mcnt exclus 'de la gante nationale: Malgré les dissentiments |iohtiques, l'industrie, encouragée par la paix, a>ait pris, ce|H-ndant, quelque extension dans la capitale du Berry. M. Félix Tnurangin y établit, en 1817, quatorze métiers il Hier, et quatorze à tisser, lesquels mirent en œuvre les laines indigènes, et rabriquèrent annuellement trente mille mètres de drap, que le gouvernement achetait pour ta garde royale, au prix de seize fraiKS le mètre. Nous conduirons cette notice jusqu'à 1830, |tour dire que la révolution des trois jonrs fut bien accueillie à Bourges. Ia- général ('.anuel, <]ui , par un dévouement aveugle, s'était exposé à l'irritation du peuple, trouva un asile et des secours chez les proscrits eux-mémes de la Restauration.

Nous avons déjà parlé de la position topographique de Bourges, de ses princi- |Niux momimenis, de son industrie et de son commerce. Nous ajouterons, a H ii de ne négliger aucun détail, qu'il y a dans cette ville des fahriqin-s de draps et de couvertures de laine, des coutelleries, des brasseries, des tanneries; les habitants spéculent, en outre, sur les grains, le chanvre, les peaux, le sal|)étre, les bois et les fruits. I.e département du Cher, dont Bourges est le clusf-lieu , renferme 279,(1^3 habitants ; la population de l'arrondissement est de 106,3'k> ; celle de la ville ne s'élève pas à moins de -20,à.V0.

Parmi les persomiagi-s remarquables auxquels Bourges a donné le jour, et que nous n'avons point encore mentionnés, nous nommeruiis ici le professeur à l'<'«tfc de drcpit, Jtan ilenier, qui a lais.<é des EmMrmatn dignes de ceux d'.AIciat ; François l’inson et Jean Chenu, tous deux jurisconsultes; le P. Labbe, \'ui\ des plus laborieux écrivains du xvii' siècle; CabriH de Hontviéron, à qui l'on ihnl un travail estimé sur la coutume de Berry ; Jean Chnumeau , auteur de l'histoire du Berry; Jean de îai Chapelle, l'un des quarante de l'Académie française; Jac- (jHes-Aignan Sigaud de Lafon, savant physicien ; l’ieire- Joseph d Orléans, jésuite, historien fécond ; et le célèbre prédicateiu- Louis Bourdaloue. '

I. Ghaumeau. — La Thauniassièrc. — Pallul. — Pterquiii de Gi'inlduux ,. Histoire monétaire es ptatoiogique du Berry ; in-p>, Boursiv:. ISiO — la* inèiiu> . Histoire de iniole Jeanne de Kalois ; in-e, Bourges, IStO. — Motiees historiques, archéologiques et philologiques sur Bourges et le département du Cher ; h|.a*, Boiirges, isie. — Ces Croiseriee dans l« Bérrg : in-S», Paris. ISO. — Lettre sur la prétendue maison de Louis XI à Bourges ; inAe, Bourges, IHV3. — Lettre sur l'Avaline (Ostelel).; iu^a», Bourges, ISia. — Histoire nainrelle du Berry; lies», CItXleauroux, IHiS. — Les Trouvttirrs du Berry, elc.. i,Hr.

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