IV. W
POITOU
di!s huiles de nnh cl des vins blancs. Loudun a donné naissance un grand nombre d'hommes illustres : nommons saint Ataune , abbé de la Chaize-Dieu, mort en 1100 à Burgos , où Constance, femme d’Alphonse, roi de Castille, l’avait mandé pour établir un hospice ; JeanSalmon ilqcrin , pocte latin ; Gauvher de Suinte- Marthe et ses fils jumeaux, Scérole et Louis, connus par leurs travaux historiques; J.-C. liouUenger, antiquaire; Urbain 6.'ù/!iTca« ,- dont on recherche encore le Uhevreana; Ismaët Houillian, auteur d’ousrages de morale et d'histoire en grec et en latin ; Claude Mangot, garde des sceaux sous le ministère du maréchal d’Ancre; Théophraste Renaudot, qui créa la Gazette de France, en 1631 ; Fetet de ta Mesnadière, reçu membre de l’Académie française, en 1655; et Aubin, protestant, auteur de {'Histoire des diables de Loudun. Les armoiries de Loudun étaient de gueules à une tour carrée et crénelée d argent , au chef dazur, chargé de trois fleurs de lys dor. ' ,
Moncontour, chef-lieu de c.anton de l’arrondissement de Loudun , sur la rive droite de la Dive , n’a guère plus de 650 habitants ; il était compris anciennement dans le gouvernement militaire du Saumurois, quoiqu'il eût été rattaché, sous Louis XIII , à l’élection de Kichelieu. Le nom de cette petite ville [ liions Contorius ou liions Consularis], semble indiquer une origine romaine. Sa châtellenie dépendait du Mirebalais, qui appartint successivement aux comtes de Poitou et d'Anjou. Kn ir»3, un seigneur de Mon;;ontour voulut s’emparer du monastère et du bourg de Saint-Jouin ; mais l'abbé Raoul repoussa l’agresseur, avec l’appui de Foulques V le Jeune, comte d’Anjou.
A la fin du xiv siècle, vers 1370, une garnison française, retranchée dans le chilteau de Moncontour, se signalait par des sorties continuelles. Trois mille Anglais, commandés par des capitaines poitevins de leur parti, vinrent mettre le siège devant cette forteresse. Le sixième jour, après un assaut meurtrier, ils s'en rendirent maîtres et passèrent la garnison au fil de l’épée. Les assiégeants .ne firent grâce de la vie qu’aux deux commandants Pierre de Guerfille et Jourdain de Cologne , et à quelques hommes d’armes. En 1372, le connétable Du Guesclin reprit le château, bien que les .\nglais en eussent confié la garde à un corps de cinq cents soldats. Le dernier événement qui se rattache â l'histoire de Moncontour est la célèbre bataille de ce nom, livrée le 3 octobre 1569, entre les catholiques et les protestants ; nous n’y reviendrons pas ici, tous les détails en ayant été donnés amplement dans l’introduction du Poitou. '
t. Dumoulier de La Fond, tlittoirt dt Loudun; Poillert;, <778. — DeTliou, Bittoin iinivertelle,\ir. xwtu. — H’Artagnan, muusf|uetaire du roi. jT/emoir««; CoUvgne, 1700,in-18, t. I. — MMtc-Bruii, Géographie univerieUe; in-8", 1837, 1. tlI.-^Arnotill Poirier, articles dans le Journal de Loudun ; 18i0. — Le Provosl, Bittoire de Loudun; Saumur, in*<®, 181t. — A. Thcvcl, Co*moÿra/»/ii> ; Paris, 1578, 1. 1. — Philippe Lol)l>c, Nouvelle bibliothèque des manuscrits ; Parts, 16.57, l. II. — interrogatoire d'Urbain Crandier avec la confrontation des religieuses possédées ; Paris, 1634, iiwlt.
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NIORT
La ville de Niort se présente dès avant 1789 comme la principale cité du Poitou, sinon par Timportance de sa population, inférieure à celle de Poitiers, du moins par l’intelligente activité de ses habitants et la prospérité chaque jour croissante de son commerce. Cette prospérité, Niort la devait déjà sans doute, sous l'ancien régime, à son heureuse situation sur le penchant de deux collines séparées par une vallée fertile qu'arrose la Seure ou Sèvre-N’iortaise, rivière navigable dans presque toute l'étendue de son parcours : sans craindre cependant d’étre démenti , l’on peut affirmer que sa fortune n'a pris tout son essor que depuis les guerres civiles de la Vendée, épe^ue à laquelle la présence dans ses murs du quartier général de l'armée républicaine y lit afDuer des capitaux considérables.
Niort, compris autrefois dans le diocèse de La Rochelle, était un geuvememenl de place , le siège d’un bailliage et sénéchaussée, d'une justice royale et d’une justice consulaire , et le chef-lieu d'une élection et d'une maîtrise particulière des eaux et forêts , sans oublier un bureau des cinq grosses fermes. I,a ville , divisée en deux paroisses, avait un hépital général et renfermait plusieurs congrégations religieuses : entre autres des prêtres de l'Oratoire, directeurs du collège ; des Cordeliers, des Capucins, des frères de. la Charité, des Carmélites, des Bénédictines,.des Cordelières, des Ursulines et des sœurs hospitalières. Ses habitants , au nombre de neuf à dix mille , faisaient un commerce assez étendu qu'alimentaient des fabriques d'étoffes de laine , et surtout des chamoiseries extrêmement productives dans l'origine. La population du département des Deux-Sévres, dont Niort est aujourd'hui le chef-lieu, dépasse 310,000 âmes; l'arrondissement en compte près de 103,500, et la ville un peu plus de 17,000. C'est dans ce département que se concentre à peu près tout le commerce de l’ancien Poitou. Celui de Niort, notamment, consista en blés, vins, eaux-de-vie, sel, épiceries, confiture d’angélique, bois de merrain, chapeaux communs, peignes de corne, cuirs, chevaux et mulets très-renommés. Les principaux établissements industriels de la ville sont des chamoiseries, des moulins à huile, des manufactures de draps appelés pinchinalt, une filature de laine, des papeteries , des brasseries et des tanneries. Les Niortais sollicitent, en ce moment, auprès des ministres-et des chambres, l'amélioration de leur rivière : il s'agirait de la replacer dans la même position qu’au moyen Age, alors que des navires de quatre-vingts à cent tonneaux , tenant la mer et faisant le grand cabotage, remontaient jusqu’à Niort. Nul doute, en efi'et,-que l'exécution des travaux projetés, dont on évalnc la dépense à cinq ou six millions au plus , ne communiquât une impulsion extraordinaire à l'industrie et au commerce de celte ville où abondent les capitaux, et que sa population n’atteignit rapidement le chilTrc de 30,000 Ames.
Didilizodtjv
POlïOl!.
Les préoccupations commerciales n’ont point , du reste, étoufTé i Mort le goût des lettres et des arts : c’est peut-être une des villes de France où l’on entend le mieux tout ce qui éléve l’esprit et contribue aux plaisirs de la société. On y trouve une bibliothèque publique , où l’on peut consulter plus de vingt mille volumes , un athénée royal des sciences et arts , un collège possédant une collection d’histoire naturelle et d’instruments de physique , un commencement de musée dû aux soins de M. Baigier et qui vient de s’enrichir d'une centaine de tableaux; un jardin des plantes, une école de peinture, un cours de notariat, un cours de commerce, eiiHn un cours de botanique et de chimie spécialement appliqué à l'agriculture. Les revenus considérables de l’octroi permettent, en outre, chaque année, de songer aux embellissements de la ville, ainsi qu’à l’assainissement des vieux quartiers. I.a plupart des places et des rues, bien aérées et bien béties, sont pavées avec une sorte de pierre calcaire très-dure, commune dans le Poitou. L’hûtel de ville, ancien pahiis d'Ëléonore d'Aquitaine; le vieux château, composé de deux grosses tours reliées par un massif de maçonnerie , et dans la conciergerie duquel naquit, le 8 septembre 1635, Françoise d’Aubigné, depuis marquise de Uaintenon ; les deux églises paroissiales de Notre-Dame et de Saint-André, dont l’une, de fondation anglaise, offre un des types les plus curieux de l’architecture gothique, et l’autre, détruite à moitié par les protestants, puis reconstruite à diverses rep'rises, date, dit-on, du règne de l'empereur Constantin; les halles, l'hôpital, le quartier de cavalerie, la fontaine du Vivier, l’hôtel de la préfecture, la place de la Brèche et la terrasse de Saint-Gelais, méritent assurément toute l'attention du visiteur. Les Mnriais se montrent d'ailleurs très-jaloux , très-6ers de leur cité; et ce n’est pas sans raison, car, dans mainte circonstance, ils ont puissamment influé, non-seulement sur les destinées de la province, mais encore sur celles de la France.
L’origine de Niort est fort incertaine : ses annales , jusqu’au vi* siècle , se bornent à peu près à des conjectures. Il parait qu'à l’époque de la conquête romaine, plusieurs groupes de maisons, nu plutôt de misérables cabanes, couvraient déjà les deux collines occupées actuellement par l’enceinte de la ville. L’emplacement avait été bien choisi. Les habitants de la bourgade, à laquelle une tradition ridicule, dont la science historique moderne a fait justice, donne le nom de Novarogiu (récent bûcher), parce que sur ces deux éminences s’éteit élevée jadis une vaste forêt qui avait été consumée par un violent incendie ; les habitants de la bourgade, disons-nous, à l’exemple de tous leurs frères gaulois, méprisaient souverainement l’agriculture : ils communiquaient, d’une colline à l’autre, au moyen de leurs barques, et se rendaient ensemble à la pêche sur le golfe immense, parsemé d’une vingtaine d’Iles , que la mer avait formé dans cette région en se réunissant aux marais du Bas-Poitou. On conçoit assez que les satisfactions matérielles du moment devaient suffire è des peuplades aussi barbares. Aucune pensée de civilisation ni d’avenir ne se mêlait ù lenrt rapports de bon voisinage, pas plus qu’à leurs excursions le long des côtes. N’ayant que des barques chétives, ils ne tentaient aucune entreprise sérieuse. i,ear audace, cette audace commune à tous les peuples celtiques, ne connaissait poortant aucun obstacle qui les arrêtât; l’expérience ajoutait, chaque jour, à leur habileté de pêcheurs et de marins : bref, lorsque l'ompereur Julien, au iv* sièHi', augmenta l’importation des blés de la Grande-Bretagne dans
NIURT